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INFLAMMATION DE LA TROMPE

sentant leur disposition normale étaient remplies de cellules rondes dans la partie la plus interne de leur trajet.

Les fibres musculaires reviennent rapidement à leur volume ordinaire après avoir présenté une grande quantité de granulations graisseuses. Il est probable qu'une partie d'entre elles est détruite par dégénérescence graisseuse.

§ 2. — Histologie et anatomie patliologique des trompes et de l'utérus.

Congestion, hémorrhagie de la trompe. — L'hypérémie des trompes, portant à la fois sur les divers tissus qui les composent, s'observe dans la menstruation, après les excès de coït et dans les affections aiguës de l'utérus.

Les hémorrhagies de la muqueuse des trompes et les épanchements sanguins dans leur cavité s'observent quelquefois dans les mêmes conditions et dans une série d'autres conditions morbides. Ainsi Rokitansky cite deux cas d'hémoirhagie de la trompe dans le typhus abdominal, un autre chez une nouvelle accouchée morte de pleurésie et d'hépatite, un quatrième dans une rétroversion utérine. Barlow l'a observée dans un purpura hémorrhagique, Scanzonidans la congestion menstruelle, Puech chez une jeune fille atteinte de rougeole qui mourut d'une hémorrhagie de la trompe s'étant frayé une ouverture dans le péritoine et ayant occasionné une péritonite généralisée. A ces observations citées par Fœrster, nous pouvons joindre celles de Royer et de Godelle analysées par M. Bernutz, et qui lui paraissent être des exemples de rupture de la trompe dans des grossesses extra-utérines tubaires. (Voyez plus bas VHématocéle péri-utériiic.)

Inflammation de la trompe. Salpingite catarrhale. — L'infiammalion catarrhale de la trompe est très-commune à la suite des afiections inflammatoires et catarrhales des voies génitales, pendant l'état de vacuité ou après l'accouchement. Les trompes sont remplies et distendues par un mucus louche ou par du pus; elles sont sinueuses, avec des dilatations irrégulières; cette lésion est accompagnée souvent par une congestion de l'ovaire et presque constamment par une irritation du péritoine voisin, par une véritable pclvi-péritonite subaiguë ou chronique avec formation d'adhérences, quelquefois par une péritonite aiguë

et suppurée. Aussi la trompe est-elle alors lixée en général à lun des organes voisins, presque toujours elle adhère ou correspond à l'utérus, plutôt à la partie inférieure du corps ou au col de cet organe qu'à son fond. Les tumeurs formées par l'hypertrophie et l'adhérence delà trompe sont habituellement accessibles au toucher vaginal.

Dans l'inthanmation aiguë de la trompe, ce conduit atteint la grosseur du petit doigt ou davantage, sa muqueuse est trèsrouge, très-conge^tionnée et épaissie; ses plis longitudinaux sont effacés ; le pavillon étant oblitéré, elle est remplie d'un litjuide muco-purulent ou tout à fait opaque; à l'examen microscopique de ce liquide ou peut ne trouver que des cellules épithélialcs cylindriques granuleuses et plus ou moins déformées, ou bien avec celles-ci des cellules lymphatiques. Le tissa conjonctif de la muqueuse est infiltré de ces derniers éléments.

L'inflammation de la trompe offre son maximum d'intensité dans la métrite puerpérale; elle so complique toujours de phlébite, de lymphangite et de péritonite généralisée ou partielle, avec fausses membranes infiltrées de pus et épanchement purulent.

Dans l'infiammalion chroni(}ue, les adhérences de la trompe aux organes voisins sont constantes, le tissu conjonctif de la nmtjueuse est épaissi et induré, le liquide contenu est tantôt plus clair, plus séreux, tantôt plus opaque et plus caséeux que dans le cas précédent.

On doit considérer comme une forme d'inil.iminalion ciuoni(|ue l'hydropisie de la trompe qui peut égaler la grosseur d'une tète d'enfani, et les poches plus ou moins nombreuses situées les unes au bout des autres qui convertissent le canal de la trompe en une série de kystes dislincls, la partie du conduit intermédiaire à ces kystes étant oblitérée.

H peut arriver, mais cela est très-rare, que le li(|ui(le d'une hydr<i|ti>ie d(! la trompe soit évacué par l'ouverture élargie de ce cnnduit dans l'utérus et si' \iilr par cet organe et par le vagin.

Tiimi.i;hs iii:s TROMPES. Ti'UKHci i.h:s. — l.a luiuuculisalion des trompes n'est |)as r.ire en nM'-me tem|)s (|iie celle des organes gi-mlanx de la femme : là les granul.itmns tuberculeuses du liéiiliiiniî (jiii ri'vél la Inunpi' s'acc()m|i;i^;ni'nl de nodules lui)erculcux dévclu|)pcs à la suiface de lii muqueuse et prove-

nant du tissu cellulaire sous-muqueux. En même temps il se produit une inflammation catarrUale intense de la muqueuse. Le conduit se dilate et se remplit d'un pus qui est d'abord muqueux ou muco-purulent, mais qui passe bientôt à l'état caséeux. La surface de la n)uqueuse présente alors aussi une dégénérescence caséeuse des granulations et du tissu embryonnaire qui les unit. La couche plus ou moins épaisse de tissu embryonnaire parsemé de granulations tuberculeuses qui occupe le tissu sous-muqueux est elle-même en dégénérescence caséeuse plus ou moins complète. Le tissu de la paroi de la trompe situé entre le péritoine tuberculeux et le tissu conjonctif sous-muqueux épaissi est lui-même infiltré de cellules lymphatiques, il on résulte un épaississement assez considérable de la paroi qui reste rigide après avoir été sectionnée. La trompe ainsi altérée est volumineuse, bosselée ; elle est le plus souvent repliée sur elle-même, adhérente cà l'utérus et aux organes voisins. Les faits recueillis par MM. Bernulz, Siredey, Brouardel, ceux en assez grand nombre insérés dans les Recueils delà Société aimtomique, établissent que la tuberculose peut débuter par la trompe; on peut apprécier très-souvent à l'aide du toucher vaginal l'époque de son début par Tappaiition de la tumeur de la trompe et par la pelvi-péritonite qui l'accompagne.

Carcinome. — Le carcinome de la trompe, qui n'est jamais primitif, succède surtout à celui de la paroi de l'utérus, lorsqu'on a alTaire à une infiltration carcinomateuse de loule la paroi interne, car dans le cas le plus commun, dans le carcinome du col utérin, la trompe est presque toujours intacte, bans un fait de carcinome secondaire de la trompe, nous avons vu cet organe très-hypertrophié présenter, du côté du péiiloine, son pavillon également infiltré par le cancer, ouvert et rempli d'un li(]uide laiteux. Il y avait en même temps une péritonite à huiuelle la malade avait succombé. 11 était évident que le carcinome de la trompe avait été dans ce cas la cause de la péritonite, et il existe quelques exemples de ce genre cités par les auteurs. Généralement le cai'cinôme de la trompe développé ainsi par la propagation par voisinage du carcinome utérin se compli(jue de celui de l'ovaire. Rokitansky a observé des végétations cancéreuses dans la cavité d'une trompe remplie déjà de liquide et hydrcpique.

1138 Maladies des organes.

Kystes de la trompe. — Les kystes développe's au pourtour de la trompe sont très-communs, mais en général petits : on ne connaît pas encore complètement leur mode de provenance. Cependant il en est un, celui qui se trouve si souvent à l'extrémité des franges du pavillon, qu'on i-egarde comme développé dans l'extrémité en cœcum du conduit dit de MuUer, organe fœtal d'où provient le conduit de la trompe. Un autre kyste qui se trouve souvent à côté du précédent et qui s'insère au ligament large, représenterait, d'après Virchow, un vestige du conduit excréteur primitif du corps de Wolfl". Ces deux kystes atteignent au plus le volume d'une cerise. Outre ces kystes, on en trouve qui sont développés dans les tubes ducoi'ps de RosenniùUer, et enfin il en est qui semblent naître simplement dans le tissu cellulaire sous-périlonéal de la trompe et du ligament large.

Hématocèle pkri-ltèri\e.-— Nous avons vu déjà que des épanchements sanguins pouvaient avoir lieu après la rupture d'un follicule de Graaf (Laugier); mais la quantilé du sang est alors très-minime; d'autres hémorrhagies très-abondantes arrivent par la rupture de gros vaisseaux veineux variqueux dos ligaments larges (Chaussier, Olivier d'Angers), ou par une hémorrhagie de la trompe, qu'il s'agisse do fluxion mensuelle, ou d'hémorrhagie à la suite de l'accouchement, ou de rupture de latrompt;dans le cas de grossesse tubaire extra-utérine. Dans les cas de grossesse tubo-ovarionne, l'hémorrhagio est causée soit par une runlui-e des veines tul)0-ovaricmies vari luouses, soit parunoiupturede l'ovaire, soit (tar une solution do fonlinuitédc la trompe, soit par la rupture mémo d'un kyste fo'tal. Lors(|uo l'hémorrhagio est très-abmidaiilo, oUo oniraîuo lapidomont la mort, soit |)ai- la quaulilé du sang é|)anché dans le péritoine, soit pai- la |)éiiloiiitt' sultaigui- (|ui on résulte. Mais lorsque l'épanciiemont sanguin intra-péritont'al s'oiïectue dans dos conditions d'intensité moindre, et (ju'il so répète à plusieurs reprises dans dos périodes monslruellos, le sang épanciié on petite quantité fuse dans la pJirlic déclive du |)ériloino pelvien, et il se fait là une inllammalion péritonéalo qui circonscrit |>ar des fausses membranes la lumoin' sanguine. Celle-ci est aiipri'-ciablo par le touciicr dans les culs-do-sac vaginaux. Ce sont là à propromcnl |)arlt'r les In-niatocèlos p(''ri -utérines, colles qui ont une si ^rand»' itnportancf au point do vue do la clinique. M. bernulz, (jui a contribué plus (juo personne, par dos publi-

HKMATOCÈLE PÉRI-UTÉRINE, 1139

cations nombreuses et importantes sur ce sujet, a édifier l'histoire de cette maladie, fait également jouer un rôle considérable à la trompe dans la production de l'hémorrhagie qui s'efFectue dans le péritoine. Le sang provenant de la trompe s'épanche en effet dans la séreuse, soit qu'il y ait eu une hémorrhagie primitive dans la trompe, soit que le sang provienne à la fois de la trompe et de l'utérus, soit qu'il y ait eu rétention, dans l'utérus, du sang cataménial pendant plusieurs mois, comme cela se rencontre dans l'imperforation chez les jeunes filles. Il faut reconnaître toutefois que le canal de la trompe, surtout au niveau de son passage dans la paroi musculeuse de l'utérus, ne se prête que bien difficilement au passage des liquides contenus dans l'utérus et qui i eflueraient de cette cavité dans la trompe ; cependant le fait a été mis hors de doute dans plusieurs observations. M. Bernutz a publié de plus des faits qui établissent la possibilité des épanchements sanguins dans le tissu cellulaire des ligamenls larges, épanchements qui sont situés sous le péritoine et qui décollent le tissu conjonctif du vagin, de manière, à ce que la tumeur proémine du côté de ce conduit.

Virchow a, de son cùlé, remarqué que des néomembranes vascularisées, dues à une inflammation primitive ou consécutive, peuvent se former à la surface du péritoine, et ces néomembranes elles-mêmes sont alors le point de départ de sulfusions sanguines à leur surface ou dans le tissu conjonctif Lâche qui les constitue, ainsi que cela se produit dans les néomembranes de la pachyméningite.

Quelle que soit l'origine derhématocèIe,elle se caractérise par une tumeur siégeant en arrière ou sur les côtés, ou tout autour de l'utérus, tumeur qu'on peut apprécier par le toucher vaginal. L'enveloppe de la tumeur consiste dans des fausses membranes flbrineuses d'abord, celkileuses ensuite, qui la séparent de la cavité péritonéale; elle est limitée en bas et sur les côtés parle péritoine, par les annexes de l'utérus. Elle contient du sang coagulé ou liquide de couleur variable, suivant l'àgc de l'épanchement et suivantles modifications chimiques qu'il a subieslA la longue, le sang se résorbe, et la poclic revient sur elle-même à la faveur de l'organisation du tissu conjonctif qui la circonscrit. En même temps que du sang épanché, on a observé quelquefois des foyers inflammatoires et même des foyers purulents, en sorte que le phlegmon péri-utérin et l'hématocèle (jui ont tant d'analogies au point de vue de leur siège, de leurs causes et de leurs symptômes peuvent aussi se compliquer l'un l'autre.

CORML ET RANVIEU. 64

Nous distinguerons les lésions pathologiques de l'utérus suivant qu'elles sont localisées sur sa muqueuse, dans son parenchyme musculaire, ouà sa surface, sous la séreuse; nous ferons remarquer toutefois que telle lésion de la muqueuse et du tissu conjonctif sous muqueux détermine une augmentation ou une diminution de volume de la paroi llbro-musculaire de l'utérus et que dans certaines intlammations ou tumeurs la totalité des tissus de l'utérus est envahie.

A. Lésions de la iirnuErsE itérine.

Congestion. Hémorrhagie. — La congestion do l'utérus due à la stase veineuse est très-commune dans les maladies du cœur et du poumon avec asphyxie. La muqueuse du corps de l'utérus est rouge violacé et contient une très-petile quantité de mucus sanguinolent. Cette lésion est très-commune h l'autopsie des personnes âgées. La même chose a lieu dans la compression des plexus veineux utérins par des tumeurs, en particulier par des tumeurs fibreuses de l'utérus et des annexes. Les hémorrhagies physiologiques de la menstruation ne rentrent pas dans notre sujet, mais nous devons dire un mot des épanchements sanguins menstruels de l'utérus (jui ne peuvent être expulsés assez vite ou (jui sont retenus coiuplétenu^nt par suite d'un rétrécissement ou d'une ohiitération complète des orifices du col, ou même par une impeiforation de l'h>nien. En pareil cas la trompe est aussi pleine de sang, et il y a parfois épanchement sanguin par la trompe dans le péritoine. (Voy. V }Ii matocflr jirri-iitt'rine, p. 1138.) Nous ne ferons (|ue rappeler les épanchements sanguins dans l'utérus (|ui suivent l'accouchement et l'avorlemenl.

iNKf-AMVATioN cATARRUAi.E (mctrilc interne). — L'inllauimation cafai'rliaic aiguë de la muqueuse vient, soit à la suite de la vaginite, et en particulier de la vaginite hlennorhagique, soit à la «uile d'une éi'uplion locale du col de l'ult'Mus, ou avec certaiiw's malailics géïK-ralcs aiguës comme le tvphus, nu, ce qui est [dus rommiin, ave(^ une st-ric d'états palli(d(igi(|ues, la scrofule, la luhcrcnlosc, la syplidis, etc. Dans hicn des cas, la sciilccausc en est la clilnrn-ani'tMii'. ou les dr'soidres de la menstruation ou les suites ('joigiu'es (h> la |iarturitinu. Le catarrhe de la mu(|ueusi> du C(d donne lieu à un li(|ui(ie participant h la nature niuqeuse de la sécrétion du col, liipiide (pii, au lieu

MÉTRITK. l\k\

d'être transparent, est plus ou moins puriformc comme un crachat muco-purulent. Le catarrhe de la muqueuse du corps de l'utérus est caractérisé par la sécrétion abondante d'un liquide plus séreux que le précédent, de couleur également opaque et puriforme. Dans ces cas, la formation et la desquamation abondante des cellules d'épithéliuni, les cellules lymphatiques épanchées en dehors des vaisseaux, constituent le liquide du catarrhe qui contient aussi quelquefois des globules rouges, La turgescence des vaisseaux de la muqueuse, l'infiltration de son tissu par de la sérosité, et même par des cellules lymphatiques, accompagnent la sécrétion.

L'inflammation chronique succède à la précédente ou elle s'établit d'emblée surtout chez les sujets anémiques, tuberculeux ou scrofuleux. La sécrétion de mucus puriforme avec ses différences dans le col et dans le corps de l'utérus, l'état d'inllliration séreuse et de congestion vasculaire du chorion muqueux sont les mêmes que dans l'inflammation aiguë; mais il s'y ajoute une série de modifications plus profondes de la muqueuse, telles que la formation d'oeufs deN'aboth en plus grande quantité qu'à l'état normal dans le col, des hypertrophies des papilles, des excroissances polypeuses du col formées par un tissu conjonctif vascularisé, quelquefois muqueux, prenant la forme allongée de la cavité du col où elles se développent, ou bien restant sessiles et petites. Les premières font assez souvent saillie dans l'orifice du museau de tanche, et peuvent acquérir plusieurs centimètres de longueur. Parmi ces petits polypes, il en est qui contiennent, parsemés dans leur tissu ou seulement à leur extrémité, des œufs de Naboth produits par l'accumulation et la rétention du liquide muqueux dans les glandes des plis de l'arbre de vie.

Les petits polypes fibro-muqueux sont beaucoup plus l'ares dans la cavité du col; cependant ils peuvent s'y développer; ils sont généralement petits et sessiles. Quehiuefois nous avons vu, sur la muqueuse du corps, de petits œufs de Naboth répandus sur toute sa surface.

Dans le catarrhe chronique intense de la muqueuse du corps, on constate une couleur rouge brun très-accentuée de la nuiqueuse et, en comprimant la muqueuse, en redi'cssant la cotirbure du canal nmsculaire qui la doui)le, on voit sorlii' un li(iuide {luriforme par les orifices glandulaires.

Consécutivement ù ces divers états pathologiques de la muqueuse utérine, la muqueuse de la portion vaginale du col

accessible à la vue est toujours plus ou moins altérée. Ainsi dans le catarrhe du col ou du corps, lorsque le liquide catarrhal passe en abondance par l'oritice utérin, il stagne et reste en contact avec les lèvres du museau de tanche, surtout avee l'inférieure, et il en résulte une érosion superficielle d'abord, puis une véritable ulcération qui détruit tout le revêtement épithélial, surtout au milieu de la lèvre postérieure. Dans les états chroniques, il y a alors en ce point un bourgeonnement des papilles du chorion muqueu.v sous forme de petites granulations composées de tissu conjonctif embryonnaire parcouru par des vaisseaux. Ces granulations ou petits bourgeons sont rosés ou rouges. Lorsqu'ils se guérissent ils se recouvrent d'épithélium, reviennent sur eux-mêmes, parce que leur tissu embryonnaire revient à l'état tlbreux, et ils sont de nouveau enfouis sous l'épilhélium. 11 est facile de s'assurer, dans les cas favorables à l'étude de leur développement, qu'ils proviennent simplement d'une inflammation productive des papilles qui existent normalement sous l'épilhélium stratifié de cette partie de la muqueuse du col.

La muqueuse du museau de tanche est le siège d'une série d'éruptions : on y a déciit des vésicules d'herpès analogues à celui de la vulve et du prépuce, des bulles de pemphigus, des éruptions en rapport avec les fièvres éruptives, le chancre simple ou induré, les plaques muqueuses, les végétations qui naissent sur la surface des plaques muqueuses, les érosions qui succèdent à ces diverses éruptions, etc. Dans la syphilis secondaire, on trouve à peu près constamment une rougeur du col et un catarrhe utérin ; celui-ci est surtout développé lorsqu'il y a une ou plusieuis plaques muqueuses à la surface (lu c<d suivies d'érosions.

Dans le catarrhe chronique (hi col, la muciueuse de la portion intra-vaginale présente suinent (k's œufs de Nabotli. Le catarrhe de l'utérus se propage assez souvent, comme nous l'avons vu, à la muqueuse de la trom|>e, et par son intermédiaire il peut y avoir de la pelvi péritonite sultaiguè.

Une consé(juence assez rare de rinlhimmation de la imiqucusc consiste dans le rétrécissement de l'orilice su|)éiieur qui fait communiquer le coi avec le coips. Le li(juide catarrhal pui'iforine ou séio-muqueux s'accumule alors (hms la cavité <hi corps (|ui est disleiidiie cl contient jus(iu'à r)0 et même 100 grammes (h; liquich*. La imi(|ueuse esl atrophiée par compression, et la tunique musculeuse esl généralement amincie.

MÉTRITE PUERPÉRALE. il/j3

Nous avons vu assez souvent cette lésion chez les vieilles femmes, et il est probable qu'elle résulte d'une atrésie sénile de l'orifice cervico-utérin.

Lorsque l'inflammation de la muqueuse est très-intense, il y a une infiltration de son chorion muqueux par des cellules lymphatiques et de la fibrine en assez grande quantité pour qu'une mortification superficielle, une ulcéiation en soit la conséquence : c'est ce qu'on observe, très-rarement, il est vrai, dans la fièvre typhoïde et dans les fièvres éruptives graves.

Les lésions inflammatoires que nous venons d'étudier ne portent que sur la muqueuse et non sur le tissu fibro-musculaire de l'utérus même. Cependant on conçoit à la rigueur qu'un catarrhe chronique du col puisse, par la congestion des parties profondes de la muqueuse, par la formation de polypes fibro-muqueuY, amener aussi une activité nutritive plus intense de la portion du parenchyme musculaire en contact avec la muqueuse. Telle paraît être une des causes du développement du col chez des femmes qui n'ont pas eu d'enfants, mais l'abus du coït entre alors le plus souvent en ligne de compte.

Inflammation puerpérale. — La métrite interne puerpérale, qu'elle débute aussitôt après ou dans les jours qui suivent l'accouchement ou plusieurs semaines après (métrite postpuerpérale), n'est jamais simple, et elle s'étend au parenchyme, aux sinus veineux, aux veines lymphatiques, au revêtement péritonéal, aux trompes, etc.

L'utérus est, en effet, ainsi que nous l'avons vu (page 1133), profondément modifié parlapaiturition dans toutes ses parties, dans sa muqueuse, dans sa paroi musculaire, dans ses vaisseaux et il est prédisposé, par ce surcroît d'activité physiologique de tous ses éléments, à l'inflammation aiguë qui n'en est qu'une exagération ; aussi toutes les parties qui le composent participent-elles à l'inflanmiation puerpérale. Les efforts, le traumatisme, les manipulations et opérations pendant l'accouchement, la plaie surtout qui résulte du décollement du placenta, sont les principales causes occasionnelles et adjuvantes de l'inflanmialion. La putridilé du contenu de l'utérus, les phlébites, lyrnpliaiigites, l'élat du sang qui transporte les germes infectieux zymoti(iues, sont les causes des phénomènes fébriles si rapidement terminés par des abcès métastaticiues multiples, par la périlonile généralisée et par la mort.

llZiZ). MALADIES DES ORGANES.

A l'autopsie des nouvelles accouchées mortes de métropéritonite, on trouve l'utérus non revenu sur lui-même, avec ses parois flasques, imbibées de sucs, montrant liabituelloment du pus ou une coagulation fibrino-puriforme qui remplit plus ou moins les sinus veineux qui les traversent.

La surface muqueuse de l'utérus présente une coloration rouge lie de vin, et un ramollissement pulpeux de la caduque utérine, ou un liquide puriforme sanieux qui imbibe la muqueuse ramollie. Au niveau de rimplantalion placentaire, on voit une surface végétante formée par les cotylédons de la nuiqueuse. A la partie saillante des cotylédons existent souvent de petits caillots fibrineux. Tout le disque placentaire est mou, pul|)eux, infiltré de sang sanieux mêlé à un liquide puriforme et d'une odeur fétide. Souvent toute cette partie de la muqueuse est gangren(;e, de couleur brun noirâtre, et, lorsqu'on y laisse tomber un filet d'eau, on détache des lambeaux de la muqueuse. D'auties fois, il existe au même point une pseudomembrane grisâtre qui se détache par lambeaux et sous laquelle le tissu de la muqueuse est rouge brun. Celte pseudomembrane diphthérilique ou gatigréneuse est quelquefois étendue sur toute la muqueuse utérine. Lorsqu'on examine au microscope le liquide obtenu par le raclage de la surface, on y trouve une grande quantité de cellules lymphatiques. Pans les couches profondes de la muqueuse et du chorion infiltrés de sérosité, on obtient parle raclage un peu de li(]uide qui contient, avec des cellules lymphatiques, de grandes cellules du tis^u cgnjondif tuméfiées et granulo-graisseuses.

Le cqI de l'utérus est lamolli, rouge violacé, pulpeux, couvert aussi souvent de la nuMue murlificaliiui pseudo-membraneuse grise sous laquelle le tissu est (oricmeni congestionné. La même, lésion gangreneuse existe si>u\en! par places sur la inuf|ueuse vaginale et sur la vulve.

La ca>ilé des sinus veineux est libre du bien elle contient, c<jnnne nous l'avons déjà dit, un liiiuidc puriforme ou bien de la fibrine coagulée ou pulpeuse cl laniollie, sen>i-liqnide, niêlt'-e à des cellules lymphali(|ues i-l à des cellules endolliéliali's turnélit'es el granuleuses. La paroi de ces sinus veineux située dans le lissu niusculairi' ulérin présente les caraolcres m;s-inanil'esles dune endo- el d'une péripliléliite.

Les grosses veines sont souvent renqdies par du pus ou de In fibrine, el le lissu conjonclif des ligaments larges (-onlient toujours une qu.iuliti'- plus ou moins grande de pus, si bien que

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