‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 80 sur 146 · UTÉRUS · texte numérisé non relu

UTÉRUS

lorsqu'on coupe par tranches le tissu des ligaments larges le long de l'utérus, on tombe toujours sur un ou plusieurs petits foyers purulents situés dans le tissu conjonctif ou dans les veines.

Les vaisseaux lymphatiques superficiels de l'utérus sont quelquefois remplis de pus et, dans tous les cas, le péritoine qui entoure l'utérus est le siège d'une inflammation intense avec rougeur, vascularisation, formation de fausses membranes fibrino-purifornics à sa surface, avec infiltration purulente de son tissu conjonctif.

La trompe, l'ovaire sont atteints de la même façon (voy. p. 1121 et p. 1136), et enfin la péritonite se généralise avec une eflrayante rapidité, et des abcès métaslatiques se forment dans les poumons, le foie, les reins, etc.

Dans la métrite qui survient un certain temps après l'accouchement, les phénomènes sont loin d'aAoir la même intensité; l'utérus est déjà revenu sur lui-même à moins qu'il ne contienne des caillots volumineux ou des fragments non expulsés du placenta; les plexus veineux ont eu le temps de se reserrer et la caduque est éliminée déjà en majeure partie. Toutes les parties de l'utérus et des annexes sont moins vulnérables. Néanmoins la métrite, dans ces circonstances, est toujours plus intense qu'à l'état de vacuité de l'organe, et elle s'accompagne souvent de périmétrite, c'est-à-dire d'une inflammation limitée au péritoine qui revêt l'utérus et le petit bassin, ainsi que les annexes de l'utérus. Il en résulte une péritonite limitée circonscrite par de fausses membranes contenant une collection purulente plus ou moins considérable qui se résorbe souvent spontanément lorsqu'elle est minime. D'autres fois, on aura aflaire à un phlegmon du ligament large ou à un plilegnion du tissu cellulaire de la fosse iliaque.

L'ulcère rongeant ou phagédénique (nlcm roclens de Clarke) caractérisé par une destruction progressive, d'aspect gangreneux du col, qui donne lieu par ses progrès à une perte de substance telle que la partie inférieure du col et même du corps de l'utérus est détruite ainsi que la partie voisine de la muqueuse vaginale, de telle sorte qu'on ait affaire à un cloaque fétide aux |iaruis gangreneuses, avec perforation de la vessie et du recliini dans certains cas, cet ulcère nous semble devoir être toujours lapporlé aux tumeurs carcinomateuses ou épithéliales ulcérées du col fvoy. p. 1 U»7).

Tl'mel'rs Développées sur la muqueuse utérine. — Nous avons déjà décrit les kystes miigueux constitués par la rétention du mucus dans les glandes et connus sous le nom d'oeufs de Naboth : nous n'y reviendrons pas. Ajoutons toutefois que ces kystes peuvent atteindre le volume d'un petit pois ou même d'une cerise. Nous avons aussi mentionné les villosités qui peuvent exister à la surface interne de la muqueuse du corps de l'utérus, et qui sont assez communes, sous forme de végétations et de polypes fibreux à la surface de la cavité du col. Ces polypes sont très-vascularisés, et habituellement ils renferment dans leur profondeur ou à leur surface des œufs de Naboth, ce qui leur a fait donner le nom de polypes muqueux. Nous décrirons bientôt, à propos de l'hypertropiiie de la paroi musculeuse de l'utérus, les tumeurs ou nodosités ou irrégularités de formes qui s'observent au col utérin et qui sont dus à des hypertrophies du tissu musculaire sous-jacent à la muqueuse.

Tubercules de la muqueuse utérine. — La tuberculose de la muqueuse utérine n'est pas un fait absolument rare : elle fait partie de la tuberculose dos organes génitaux de la femme, dont nous avons déjà parlé à propos des trompes. Les lésions de la muqueuse utérine sont de tout point comparables à celles de la muqueuse des trompes. La surface de la muqueuse du col est le siège d'un catarrhe abondant avec production d'un pus épais grumeleux, opaque et caséeux qui s'éhmine par le col, plus rarement atteint que le corps. La muqueuse du corps présente des granulations semi -transparentes à leur début, plus tard jaunes et opaques à leur centre, ijui se réunissent en plaques ayant ime étendue vaiiable. Le tissu conjonctif sousépilhéiiiii est le siège initial de ces lésions, mais le tissu {)r()l(>ri(l (h* la muqueuse est lui-même envahi par une formation abondante de tissu conjonctif embryonnaire et par des granulations tuberculeuses. Il en résulte un épaississement plus ou moins grand et généralisé du tissu conjonctif sous-muqueux. Les mêmes lésions peuvent se montrer dans le col utérin et mente au niveau de son oriiîce, mais elles sont toujours plus limitées. Le li(iuidc nuujueux gélatiniforniL sécrété parle col en |)areille circonstance, est parsemé de grumeaux opaques jauiiàlies semi-solides fournis par la dégénérescence caséeuse du pus provenant des parties tuberculeuses (In corps on du col utérin.

CARCINOME DE l' UTÉRUS. ' 1147

Le syphilis qui se traduit souvent au col par le chancre et les plaques muqueuses (voyez p. 11^2) peut aussi s'y montrer dans la période tertiaire sous forme d'indurations et d'ulcérations plus profondes, mal étudiées, du reste jusqu'ici.

Carcinome. — Le carcinome primitif du col utérin est une des tumeurs de ce genre les plus fréqtientes. On a presque toujours affaire à la variété encéphaloïde du carcinome. Ainsi, sur 34 cas déterminés histologiquement par l'un de nous en 1863 et 186'-j, tous appartenaient à l'encéplialoïde. Cependant, il est question dans les auteurs d'anatomie patliologique, de quelques faits isolés de squirrhe ou de carcinome colloïde. Mais il faut tenir compte de cette donnée que le carcinome, qui paraît dur au début, se ramollit et prend l'aspect mou de l'encéphaloide lorsque la tumeur s'étend.

Le carcinome du col débute par l'une des lèvres du museau de tanche qui est indurée, hypertrophiée et qui présente bientôt à sa surface, surtout du côté de l'orifice et au bord libre de la lèvre, des végétations molles et vascularisées. La lèvre opposée se prend à son tour et, de cette hypertrophie, il résulte une dilatation de l'orifice du col qui laisse pénétrer le doigt et qui est de tous côtés bourgeonnant. L'infiltration en masse de toute la partie saillante dans le vagin produit une excroissance périphérique du col qui a la forme d'un champignon dont le chapeau ferait saillie dans le vagin. Le tissu cellulaire sous-jacent à la muqueuse vaginale qui entoure le museau de tanche, s'indure à son tour, fait corps avec la partie voisine du col, et la muqueuse vaginale présente alors des nodosités et des bourgeons.

Le carcinome paraît débuter toujours par le tissu conjonctif sous-muqueux, de telle sorte que les muqueuses de la cavité du col et de la portion vaginale du col restent pendant un certain temps normales à la surface delà tumeur. Mais bientôt ces muqueuses s'ulcèrent et les bourgeons cancéreux ne tardent pas à verser à la surface du vagin un liquide fétide qui s'accumule dans les culs-de-sac où il se mêle à la sécrétion vaginale.

Le carcinome s'étend à une partie plus ou moins élevée de la paroi musculeusc du col en même temps qu'au tissu conjonctif périphérique et au tissu sous-vaginal. L'ulcération qui s'accompagne de gangrène humide putride de toutes les parlies primitivement envahies est suivie d'une perte de substance considérable limitée par une portion de tissu carcinomateux con-

lliS MALADIES DES ÛKGANES.

serve. On observe alors une interruption complète de la muqueuse vaginale et une section transversale de la partie inférieure du col. Lorsqu'on examine sous l'eau celte espèce de cloaque, on voit flotter une quantité considérable de bouppes filamenteuses blanches ou grises comme du tis'^u conjonctif gangrené. Ce sont les vaisseaux de la partie ulcérée de la tumeur qui restent appendus à la portion non encore ulcérée. Sur les parois de ces vaisseaux, on voit au microscope des cellules implantées perpendiculairement à leur direction. Sur les filaments gris ou de couleur ardoisée, on voit les éléments cellulaires de ces vaisseaux en dégénérescence graisseuse et leur paroi infiltrée par du pigment brun ou noir dû aux métamorphoses involutives de la matière colorante du sang. En disséquant et séparant ces vaisseaux dans le point où ils pénètrent dans la tumeur non encore ulcérée, on voit qu'ils contiennent dans leur intérieur un dépôt de fibrine ou un thrombus formé par de grandes cellules cancéreuses. Les veines, plus volumineuses, montrent très-souvent des bourgeons ou des formations analogues qui les remplissent en partie. Ces thrombus sont évidemment la cause de la mortification du tissu nouveau qui est hiitée par l'état de décomposition putride des liquides accumulés dans le cul-de-sac vaginal.

L'infiltration des parties voisines par le néoplasme continuant, toute la paroi du col et une grande partie de la paroi du corps de l'utérus sont atteintes, épaissies, infiltrées et ramollies par le suc lactescent de l'encéphaloïde, en même temps que la paroi de la vessie et même celle du rectum, d'où résulte ensuite une perforation de l'une de ces cavités ou de toutes les deux. La fistule à large ouverture (jui fait communiquer le cloaque vaginal avec la vessie est tout particiilièreiuent une cause de iuilrt''factii)n rajjide des paities infiltrées par le carcinome. La surface de l'ulcère est paifnis alors recouverte par des dé|)ùls phosphatiques et calcaires provenant des sels de l'urini". iJautres fois la suitace de 1 ulcération de l'utérus et du vagin est, au monu'iit de la mort, formée par des (issus normaux, toute la partie infiltrée par le carcinome ayant étédétruitt' pai l'uIct'iMtiun gangri-neuse. Un croirait alors avoir all'aire à un ulcère rongeant simple (iitciis roileiis), si l'on ne trouvait |)as, ce qui est la règle, drs bourgeons villoux ou lubéreux imprégnés de suc lactescent, (|ui (ont saillie à la surface de la vessie pej^forée ou du reclinn. Liuscjue ces organes ru' son! pas encore perlnii's, mais que leur tissu conjiuictif

CAUCliNÙMli DE r/ UTÉRUS. llZlO

profond ost infiltré déjà ou seulement congestionné, leurs muqueuses oflVent les signes caractéristiques d'un catarrhe très-intense.

La destruction de l'utérus peut être telle qu'il n'en reste que la calotte supérieure limitée au fond et aux cornes utérines j mais le tissu qui persiste est normal et les trompes ne sont pas altérées.

Lorqu'au lieu de commencer par le col le carcinome débute à la fois par le col et par une infiltration de tout le tissu musculaire de l'utérus, comme nous en avons vu plusieurs cas, l'ulcération du col n'a pas lieu avec les mêmes caractères, le tissu utérin est épaissi et infiltré parle néoplasme, à tel point que la paroi mesure 2, 3 centimètres et davantage, l'utérus est très-liypertiophié, et il n'est pas rare alors que la trompe et l'ovaire soient dégénérés en même temps. Ces organes échappent au contraire au carcinome qui débute uniquement par le col.

Dans ces deux formes de la lésion, lorsqu'elle est assez ancienne, le tissu conjonctif sous-péritonéal de tout le petit bassin est hal)itueUement épaisn et induré au point qu'on est obligé de le sculpter en quelque sorte pour le détacher de la paroi osseuse. Ce tissu calleux et lîbreux, sans trace de dégénérescence carcinomateuse, est tout particulièrement épais et dur à la paroi posiéro-latérale; aussi les nerfs sciatiques et pelviens sont-ils comprimés, leurs tul)es nerveux sont en dégénérescence griiisseuse et on observe des maiiifc'^tations douloureuses qui irradient dans les cuisses, dans presque tous les cas de carcinome utérin; quelquefois ce tissu cellulaire est luimême dégénéi'é ainsi (|ue les ganglions lymphatiijues, pelviens et lombaires ; il se forme souvent des métastases, en particulier dans le poumon et le foie; les uretères, atteints connue la vessie, déterminent une rétention d'urine avec infiltration urineuse et anémie des reins ; le tissu cellulaire des ligaments larges, celui de la fosse iliaque est souvent le siège de colleclions purulentes, et enfin la périlonile généralisée sui'vient en dernier lieu et entraîne la mort des malades. Nous iivdiis (il)servé en pareil cas aussi, en même temps que la phlébite, de la lymphangite carcinomateuse. L'examen histologique du tissu uléi in altéré monire, connue dans tout carciiKune, un sironia et des alvéoles petits, rem[)lis de cellules

polymorphes généralement disposées sans ordre, dont les pariétales sont quelquefois régulièrement implantées sur la cloison de l'alvéole. Le stroma, composé de tissu conjonctif, montre souvent des fibres musculaires lisses parfaitement reconnaissablés.

Épithéliôme. — L'épithéliôme primitif présente sur la muqueuse utérine deux variétés distinctes, l'épithéliome pavimenteux avec ou sans globes épidermiques et l'épithéliome à cellules cylindriques. La première variété nous a paru de beaucoup plus fréquente que la seconde. D'après ce que nous savons de la localisation de ces tumeurs considérées en général, elles ne débutent que sur des muqueuses qui possèdent des cellules de revêtement semblables à celles qui les constituent. Sur le col, précisément, existent à l'état normal le revêtement de cellules pavimenteuses siratiliées de la portion vaginale et la couche de cellules cylindriques de la muqueuse cavitaire.

Ces deux formes û'épithéliôme débutent par le col, et ne sauraient être distinguées du carcinome qui a le même siège, ni par leurs signes physiques constatés pendant la vie, ni par leur coloration, ni par leur marche, ni par leur gravité.

A l'autopsie, il est très-difficile et le plus souvent impossible de faire à l'œil nu le diagnostic anatomique de ces variétés d'épithéliôme entre elles ni avec le carcinome. Cependant les épithrliômcs à cellules cylindriques sont généralement dos tumeurs très -molles et infiltrées de suc, ce qui k>s ferait ressembler à un encépbaloïde très-mou : de plus, elles présentent des cavités laciniaiies pleines de suc laiteux, qui sont visibles à l'œil nu. Telle était du moins la structure macroscopi(|ue de trois de nos observations : Le contenu é|ti(hélial de ces alvéoles présentait des cellules cylindrifjues et leui- jiaroi montrait de nombreux vaisseaux capillaires en anses végétant dans la cavité et couverts eux nuMues de cellules cylindriques. Hans ces trois faits, il y avait eu extension de la tumeur aux parties voisines, aux ganglions, à la vessie et au rectum dans un cas, aux nerfs 8ciati<|ue etcrural dans un autre; dans une de ces observations, le tissu de l'utérus était complètement envahi, ainsi que les vaisseaux lym|)ha(iqu(>s (|ui rampent à la surface périlonéale. Il n'y avait pas de gi-nt-ralisalion à des parties plus éloignt'cs, mais on connaît un certain nombre de cas bien étudiés oii pareille généralisation a été notée.

ÉPXTHÉLIÔME DE l'lTËRUS. H51

L'épithéliôme à cellules pavimenteuses qui, dans la moitié des faits environ, présente en outre des globes épiderniiqucs, possède, lui aussi, des caractères qui peuvent quelquefois le faire reconnaître à l'œil nu pendant l'autopsie. On voit en effet des parties peuvascularisées de la tumeur qui ont un aspect opalin cireux et une dureté apparente qui contraste avec leur friabilité réelle. La surface de section de ce tissu est sèche, et quand on la racle, on voit de petits grumeaux et des filaments blancs, opaques, vermiformes, constitués par des cellules d'épithélium pavimenteux agrégées les unes aux autres.

L'examen microscopique y démontre le type de l'épithéliôme tubulé ou celui de l'épithéliome lobule avec des globes épidermiques. Les tubes remplis d'épithélium dans la première variété sont tantôt très-gros, tantôt très-petils, et le volume des cellules qui remplissent ces derniers est également minime. Il est probable que ces tubes se développent aux dépens des culs-de-sac des glandes du col utérin, mais nous n'en avons pas la certitude. Le tissu qui les sépare est formé par le tissu fibro-musculaire de l'utérus.

Ces épithéliômes se reproduisent avec leur forme caractéristique dans les ganglions, dans les nodosités secondaires qu'on rencontre dans le tissu fibro-musculaire de l'utérus ou à sa surface péritonéale et dans les bourgeons qui se développent dans les différentes couches de la vessie et en dernier lieu à sa surface muqueuse. Mais les nodosités métastatiques de même nature, situées dans les organes éloignés de l'utérus, sont très-rares dans les épithéliômes. Nous n'en avons pas observé nous-mêmes, mais il en est de relatées par d'autres auteurs et en particulier par M. Virchow dans une observation qui a prouvé l'une des premières la généralisation possible de l'épithéliome pavimenteux (^Gazette médicale de Paris, 1855).

L'ulcération, avec ses diverses conséquences, et en particulier avec la gangrène de la partie altérée, est absolument la même dans les épithéliômes que dans le carcinome. Dans l'épithéliome à cellules pavimenteuses notamment, la partie malade du col peut avoir disparu au point qu'il n'en reste aucune trace. Le col ou le corps qui est coupé nettement se termine par une surface horizontale à la partie supérieure du cloaque. Comme, en pareil cas, les organes voisins ne sont ni aussi fréquemment ni aussi évidemment infiltrés de la néoplasic que dans le carcinome, on pourrait

COKNIL ET BANVIER. C5

supposer qu'on a affaii'e à un ulcère corrodant {lUcus rodens) simple. Il faut alors chercher avec soin, soit à la surface vaginale de l'ulcération, soit dans les ganglions pelviens et lombaires, la trace de l'épilhéliôme et nous avons trouvé des parties qui en présentaient la structure caractéristique dans tous les faits que nous avons déterminés.

Les diflerentes variétés de carcinome et dépithéliome utérin surviennent au moment de la ménopause ou quelques années après : toutefois, on l'observe aussi quelque ois chez déjeunes femmes de vingt à trente ans, et la tumeur du col n'empêche ni la fécondation, ni la parturition, ni l'accouchement. Plusieurs exemples en sont rapportés, et nous en avons observé nous-mème deux. Il faut dire qu'après l'accouchement la lésion utérine marche avec une rapidité extrême.

B. Lésions de la paroi kibro-muscclaire. — La paroi fibromusculaire de l'utérus écliappe généralement à l'inllammation catarrliale , et elle n'est profondément touchée que par les inflanunations puerpérales, ainsi que nous l'avons vu |voy. plus haut). Les tissus veineux sont atteints d'intiannnation, et il peut même y avoir des abcès développés dans la paroi même.

Presque toutes les lésions de la paroi consistent dans une formation nouvelle de tissu musculaire lisse et de tissu fibreiiA qui tantôt déterminent une hypertrophie générale ou partielle de la paroi, tantôt s'isolent plus ou moins sous forme de myôines aNant une forme sphérique ou ovoïde, et consfiluanl alors de véiitables tumeurs.

Les did'érenles modalités de l'hypertrophie Obro-niusoulaire dill'use de la paroi sont conq)rises jiar bciuuoiip d'auteurs sous le nom de métrile parencliyniateuse, dénomination (|ui assurément n'est pas l)onne, car il s'agit d'un piocessus gt'néralenient lent qui consiste simplcmenl en une formation nouvelle (le hl)ri's de tissu muscnlaire hsse. \ircho\v les range sous le titre dli\p('iplasie dn tissu libroinusiulaire utérin, mot (|ui est meilleur, et il les déciit avec les niyônu's dans un même chapitre de la pathologie des tumeurs.

Il fait remar(|uer que le tissu de ces produclions peut se montrer sous deux formes : l'une qui par sa mollesse, par sa \ascularisalion, par l'abondance des libres musculaires, par la mollesse du tissu conjonclif, i"i|)pelle l'état de la paroi ult'rine |)0U de temps après l'accoucliemenl ; l'autre, qui est

HYPERTROPHIE FIBROML-SCULAIRE iiE LA PAROI CTERI.XE. Il 53

dure, compacte, peu vascularisée et très-riche en faisceaux fibreux denses.

11 est plusieurs de ces formes d'hypertrophie partielle, du col notamment, qui succèdent à l'accouchement, surtout loisque le col a été plus ou moins déchiré. L'inflammation subaigué qui succède à ces traumatismes, la formation nouvelle du tissu conjonctif et la nutrition active de la partie qui letarde ou empêche les altérations granulo-graisseuses et l'atrophie des muscles hypertrophiés parla grossesse, donnent lieu à une hypertrophie fîbro-musculaire du col,

M. Simpson fait jouer aux modillcations des fibres musculaires pendant et après le grossesse le plus grand jôle dans les jiypertrophies et atrophies générales et partielles de l'utérus : dans le premier cas les fibres lisses hypeiirophiées par la grossesse restent telles, ou tout au moins leur atrophie ou involution est arrêtée; dans le second cette même atrophie physiologique dépasse le terme et se continue jusqu'à donner une atrophie totale ou partielle pathologique. Cette vue ingénieuse est vraie pour un certain nombre de faits, en particulier pour les hypertrophies générales ou partielles qui suivent l'accouchement; il est certain aussi que les myômes préexistants de l'utérus peuvent s'accroître très-rapidement après une grossesse; mais, d'un autre côté, les myômes utérins s'observent chez les jeunes filles ou chez des filles càgées qui n'ont jamais eu de rapports sexuels ou qui n'ont jamais eu d'enfants. Le docteur West regarde même la production des myômes comme un résultat de l'activité de l'utérus, lorsque cet organe est privé de son fonctionnement physiologique qui est la grossesse, lorsque, par exemple, des femmes mai iées n'ont pas d'enfants. Les hypertrophies priitielles ou totales de l'utérus s'observent aussi chez des femmes qui n'ont pas eu d'enfants.

L'hypertrophie partielle de la portion vaginale du col est un fait fréquent chez les multipares. Les lèvres du col sont grosses, iirégulières, bosselées à leur surface, si bien que par le toucher on pourrait croire qu'on a affaire à un carcinome au début. L'hypertrophie peut porter sur l'une ou l'autre des deux lèvres et donner au col une forme très-variable dont il existe plusieurs types; tel est le col appelé tapiroidc par Ricord, et dans lequel les lèvres font une saillie recourbée de manière à rappeler le boutoir du porc ou la trompe du tapir. D'autres fois les lèvres du col très-luméfiées sont recourbées en dehors comme le ciiapeau d'un champignon, et la cavité du col est re-

tournée en partie en dehors. Cette muqueuse modifiée ayant perdu son épithélium cylindrique, et recouverle au contraire par de l'épithélium pavimenleux stratifié, n'en a pas moins conservé des indices de son origine. Ainsi on y voit en général une quantité plus ou moins grande d'œut's de Nal)oth, ou des plis, des dépressions et des cryptes; des tumeurs nées du col et dont le tissu fondamental est fibro-musculaire peuvent montrer à leur surface ces dépressions en forme de poche el des cloisons saillantes qui leur donnent l'aspect d'une amygdale hvpertrophiée (Virchow).

Lamufjueusedu col concourt à former cette hypertrophie paile développement des œufs de Naboth; mais on a aussi observé des cas d'hypertrophie des lèvres sous forme de prolongement charnu allongé faisant même saillie à l'oritice vaginal, et qui était recouvert par une muqueuse à cellules pavimenteuses amincie au lieu d'être hypertrophiée. La portion vaginale du col peut être hypertrophiée dans sa totalité de manière à faire un prolapsus dans le vagin et jusqu'à son orifice vulvaire.

Mais le prolapsus est bien plus souvent causé par une hypertrophie de tout le col utérin, dans la pailie sus-vaginale aussi bien que dans sa partie vaginale. O mode d'hypertrophie du col, qui est assez fréquent, a été décrit par liuguier. Le col, très-long, fait saillie dans le vagin tantôt par une extrémité allongée, tantôt par une extrémité renfiée en massue. Dansées cas l'utérus peut rester en place, qu'il soit de volume normal, ou que son corps soit liypeitrophié de môme que le col. Lors- (jue le col de l'utérus est resté de volume normal, il peut être entraîné par le poids du col dans le prolapsus. Cette élongation liypertropliique de tout le col a été obseivée chez des femmes i|ui n'avaient jamais eu d'enfants. L'hyperlroplne générale de toute la paroi utérine est beaucoup plus rare que l'hypertrophie partielle.

Les mi/oiiics sont les tumeurs les |)lus haitiluelles, presque les seules (|ui |)rennent naissaïue dans les parois musculaires de l'utérus. Ils sont formés de faisceaux de fibres musculaires lisses entre-croisés et dirigés en divers sens (voy. p. 230). Nous ne revicnih'ons pas sui' leur descriplimi générale |)r»''senlée page 23'» l'I suivantes, th'scription qui |)eul s'appliquer de tout point aux nivômes uti'rins qui oll'ieiit les types les plus complets de cette classe de tumeurs. Nous devons donner seulement \i'< particularili'"- di Ifiii (IcNeloppemcMl, de leui' siégi' et de

MYÔMES DE l'uTÉRTS. ll/ÎD

leurs conséquences anatomiques dans l'organe qui nous occupe. Au point de vue de leur siège, ils débutent dans l'épaisseur même de la paroi musculaire; généralement ils sont très-vascularisés à leur début et mous; plus tard ils s'indurent par suite de l'organisation fibreuse de leur tissu conjonctif. Nous devons dire toutefois que certaines tumeurs inira-pariétales trèspetites et rondes n'en ont pas moins une grande dureté. Leurs libres sont, à leur début, en continuité directe avec les faisceaux fibro-musculaires voisins de la paroi utérine. Par suite de leur développement, ils proéminent tantôt sous le péritoine, à la surface externe de l'utérus (tumeurs sous-pariétales), tantôt à la surface interne du col utérin, et ils sont alors coiffés par la muqueuse. Ils se pédiculisent assez souvent de manière à être unis à la paroi par un pédicule qui est tantôt gros et vascularisé, tantôt très-étroit. Les myômes saillants dans l'utérus sont appelés le plus souvent polypes fibreux. Les tumeurs sous-péritonéales, n'étant pas gênées dans leur accroissement, acquièrent un volume souvent considérable, de telle sorte que ce sont les tumeurs les plus volumineuses, et surtout les plus pesantes, qu'on puisse rencontrer dans toute l'économie. Elles sont généralement multiples, même lorsqu'elles sont trèsvolumineuses, et il y a très-souvent à la fois des tumeurs souspéritonéales, des tumeurs inlra-pariétales et des polypes saillants dans la cavité utérine ; quelquefois elles sont en nombre considérable, et il en résulte un changement de forme de l'utérus tel qu'on ne peut arriver au premier abord à tracer les limites de cet organe. Il est aussi assez difficile quelquefois de trouver sur la pièce anatomique les cavités de cet organe parce que la cavité du col peut être complètement séparée de celle du corps par des myômes iutra-pariétaux saillants au point de séparation des deux cavités.

Les diverses dégénérescences que nous avons signalées il la page 237 peuvent toutes se présenter dans les myômes .sous-péritonéaux oii les altérations sont les plus communes. Nous avons même vu une fois, dans un cas de carcinome du péritoine, deux myômes très-volumineux attenant à l'utérus, dans lesquels il y avait une production de tissu carcinomateux disposé sous forme de manchons autour de tous les vaisseaux {Société nnatnmiiiuc, juillet 1875, pièce présentée par M. h<»issier). Viiclnnv a aussi observé un cas de carcinome dans un mvôme.

Les myônies saillants dans la cavité du corps de l'utérus sont les uns durs et fibreux comme les précédents, les autres formés par un tissu musculaire plus mou, plus rosé, plus vascularisé, et même traversé par de gros vaisseaux; leur ablation donne lieu à des hémorrhagies difficiles à arrêter. La première de ces diverses variétés de polypes intra-utérins déteimine des hémorrhagies répétées et considérables parfois de la muqueuse. 11 est plus rare qu'un polype ainsi constitué se développe sur la paroi du col. Lorsqu'un polype né dans le corps fait saillie dans le col et à travers les lèvres du museau de tanche, sa muqueuse change de caractère, s'épaissit et se couvre d'épithélium pavimenteux. La partie saillante recouverte par la muqueuse présente quelquefois une inflammation, une rougeur et une ulcération analogues à celles qui surviennent sur la muqueuse du col dans le prolapsus complet de ce dernier. La muqueuse est complètement détruite en un point plus ou moins étendu, et le tissu musculaire est à nu. La muqueuse voisine qui forme le bord taillé à l'emporte-pièce de cette ulcération est elle-même rouge, ou rouge brun et très-enflammée pai- le contact des liquides irritants du vagin.

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