INFLAMMATIONS HYPERPLASTIQUES DE LA PEAU
la peau, que l'on peut considérer comme le meilleur type des dermites formalives.
A. Papule SYPHILITIQUE, plaque muqueuse. — Au début elle ne saurait être distinguée d'une inflammation simple. Mais trèsrapidement les papilles de la peau s'hypertrophient, le derme s'épaissit et il se fait une néoformation de fibres conjonctives et de réseaux élastiques au-dessous de l'éminence papuleuse. Le tissu adipeux sous-cutané est revenu à l'état embryonnaire (Neumann), et les glandes sudoripares sont enflammées. Sur les très-vieilles papules syphilitiques qui sont sur le point de disparaître, l'infiltration congestive du derme par les globules blancs n'existe plus, et la lésion consiste seulement dans l'agrandissement des papilles et dans l'existence d'une plus grande épaisseur de tissu fibreux.
B. Tubercule syphilitique. — Dans cette lésion, souvent confondue avec la gomme cutanée, la tendance de l'inflammation syphilitique à produire du tissu fibreux est encore plus évidente. Le fibrome syphilitique forme une nodosité dans le derme; tout autour de lui existent des îlots de cellules embryonnaires contenues entre les faisceaux conjonctifs écartés. A la partie moyenne du nodule, le tissu de nouvelle formation est très analogue à celui des tendons, tandis qu'à la périphérie il ressemble à celui d'un sarcome, sauf la présence de très-nombreux réseaux de fibres élastiques. L'inflammation de cause spécifique détermine au voisinage du tubercule une endartérite très-considérable, de telle sorte que le calibre des vaisseaux est considérablement rétréci. Ce rétrécissement n'est vraisemblablement pas sans influence sur la production des ulcérations au niveau du tubercule. Ce dernier, privé de vaisseaux au centre, et très-mal vascularisé à sa périphérie, subit un ramollissement moléculaire lent, et il s'ouvre au dehois comme un abcès. La perte de substance est comblée par des bourgeons charnus, et la cicatrisation se fait par le mécanisme ordinaire.
C. Cui'LoiDES fausses. — Daus quelques cas l'inflammation localisée de la peau, dans sa forme pustulaire, détermine une inflammation secondaire chronique forniative. Consécutivement à la variole, à l'application de certaines pommades irritantes ((-roton, tartre stibié) ou à l'existence de syphilides pus-
tuleuses, se développent de véritables fibromes de la peau qui, sur un point donné, prend l'aspect homogène d'un tendon. Tout autour du nodule formé de faisceaux serrés entre lesquels on voit une énorme quantité de libres élastiques ou de plaques élastiques analogues à celles qui se développent si abondamment dans le carcinome fibreux, on voit une zone embryonnaire surtout évidente au niveau des papilles qui sont élargies, comme formées d'un tissu de granulation, et'qui contiennent des vaisseaux embryonnaires. Dans l'épaisseur delà fausse chéloïde, les veines sont dilatées fréquemment et forment de vastes sinus irréguliers. Les couches épidermiques sont minces et la desquamation est active au niveau delà petite nodosité libreusc. Les chéloïdes vraies ou spontanées, qui sont de véritables fibromes de la peau, ne ditrèrent pas sensiblement des chéloïdes fausses au point de vue anatomi(jue.
2. I.NFLVMMATIONS DfiCÉNÉiîATIVES. UiXÈRES PPÉCIFIOL'ES DELA PEAU.
— Dans les intlammations cutanées qui se développent sous l'influence de la tuberculose, de la morve, de la lèpre et de la scrofule, les tissus de nouvelle formation, produits par la phlegmasie, meurent sur place et dégénèrent de diverses façons. Le plus ordinairement ils subissent la dégénérescence dite casécuse (tuberculose, scrofule), d'autres fois il se produit une véritable gangrène (morve, farcin).
a. Ulcères tuberculeux de la peau. — Il constitue une manifestation rare de la tuberculose. t^)uandil se produit, il s'accompagne le plus souvent de granulalions tiibciculeuses de la peau, du tissu sous-cutané, et même de granulations développées dans les plans musculaires iiiunédiatenient adjacents au légumenl, entre les faisceaux |)rimilifs. i/évolutinn de ces granulations est absolument scnil)lable à celle des granulations Inberciilense!^ de la langue (voy. p. 7()l-762). Mais aulniu' d'elles le derme et le tissu sous-culané sont envahis par une inllammalioii dilVuse. Lesnmsclcs eux-mêmes, voisins de la peau (car c'est ordinuilemi'iit à la l'are ou au pourtour de l'anus <|u'oii (diserve de p.ireilles lunuMirs), soni le sic-^ic iruiic inilanimation destructive avec disparition de; la substance cdiilraclile qui se résorbe, tandis que les noyaux se segnuMilent, se niulli|)lienl et remplissent le sarcolenuiie. Au Ixtulde peu de temps, les cellules embryonnaires qui se sont accumulées dans les divers tissus siilii^scnt la di'^énércsccnce f,'raisseuse et fornuMil des points