GLOBULES BLANCS
les globules rouges et dépassant de beaucoup l'elTort réparateur de l'organisme. Il s'agirait, d'après cette hypothèse, soit d'une intoxication venue du dehors, soit d'une auto-intoxication par des produits formés dans l'intestin. Il faut se rappeler encore que des anémies d'origines très diverses, comme l'anémie syphilitique, les anémies liées à la présence de parasites intestinaux (1), comme l'anémie posthémorragique même, ont pu prendre les caractères de l'anémie pernicieuse. 11 est probable qu'ici, comme dans les anémies secondaires que nous avons étudiées, il existe des phénomènes de destruction, et que non seulement l'effort réparateur est insuffisant pour compenser les pertes, mais qu'il s'y ajoute des troubles de l'hématopoièse rendant la rénovation du sang encore plus difficile.
B. — Altérations hes globules dlancs.
Modifications dans le nombre des (jlobules blancs.
Ces modifications sont appréciées, comme'^our les globules rouges, par les méthodes directes de numération (2). Chez l'homme normal, le chiffre des globules blancs est moins fixe que celui des globules rouges; cependant on [leut donner comme moyenne sept mille cinq cents par millimètre cube (Malassez), c'est-à-dire quinze cents par million de rouges ou ^^ à ^ (3) par rapport aux rouges, avec des variations de quatre mille à dix mille par millimètre cube.
Chez les nouveau-nés, le nombre des globules blancs est souvent un peu plus élevé que chez l'adulte; il semble qu'il en soit de même pendant la grossesse et pendant la digestion (alimentation carnée); mais les augmentations sont toujours peu considérables.
(1) On a incriminé, comme cause ilc l'anémie pernicieuse, des microhes divers, des amibes; toutes ces rcclierclics demandent confirmation. Quant aux vers intestinaux, il faut leui faire certainement une place dans rctioloy;ie dr; ciittc allection, mais ils ne sufïisent pas à ex|)liquer tous les cas.
(2) Dans les liquides de dilution employés pour la numération des glubides rouges, les globules blancs se recunuaissent facilement à loin- (ailli! nu peu plus grande, à leur aspect incolore, granuleux et surtout très réfringent.
Pour faciliter leur numération, on peut colorer leur noyau en ajoutant nue matière colorante basique en très [letite quantitéau sérum artificiel employé pour la numération. On peut, par exemple, ajouter au sérum de Marcano indi(|ué pins haut une très petite quantité d'une solution a(}ueuse de violet de métliyle ou de vert de métliyle, au moment de faire la numération ; on peut aussi faire une numération s|)éciale avec un liquide qui comme l'eau acétifiée a 0,5 pour 100 (liqueur de Tlioma-Zeiss) dissout l'hémoglobine, respecte les leucocytes et rend visible leur noyau.
(3) Les rapports de ^, ^ donnés encore souvent dans des ouvrages classiques, expriment donc des chiffres de globules blancs beaucoup trop forts qui, en dehors des faits d'anémie considérable, correspondraient déjà à une leucocjtose manifeste.
CORNIL ET RANVIER.— II 33
Dans les anémies graves, on observe souvent des chiffres de globules blancs très inférieurs à la moyenne normale ; mais on n'est pas encore fixé sur la constance et la valeur de ce fait.
Dans certains états pathologiques, le nombre des globules blancs peut augmenter dans des proportions plus ou moins grandes et d'une façon rapide, ce qui constitue la leucocytose. A côté de la leucocytose, il existe un ordre de faits différents dans lesquels l'augmentation du nombre des globules blancs représente un des symptômes les plus frappants d'une maladie spéciale, la leucémie. Mais pour étudier et comprendre la leucocytose et la leucémie, il est nécessaire de tenir compte des modifications qui concernent la morphologie des globules blancs.
Modifications concernant la morphologie des globules blancs.
Les globules blancs du sang ne sont pas tous semblables.
Déjà dans le sang frais, il est facile d'y distinguer des formes petites, des formes plus grandes, les unes à protoplasma clair, d'autres à protoplasma finement granuleux, d'autres enfin dont le corps protoplasmique est rempli de grosses granulations brillantes (Max Schultze). L'examen de préparations définitives où le noyau est coloré, montre que dans les plus petites, le noyau est arrondi, fortement coloré et occupe la plus grande partie de la cellule; que dans la deuxième variété, le noyau est ovalaire, réniforme, peu colorable ; que dans la troisième variété, le noyau est bizarrement découpé ou contourné et fortement coloré ; enfin que, dans la quatrième variété, il est polymorphe aussi et le plus souvent formé de deux masses réunies ou non par un filament. Enfin, l'application méthodique des matières colorantes a permis à Ehrlich de montrer que le proloplasma de ces différents types de globules blancs n avait pas les mêmes réactions histochi iniques (l).
(1) Ehrlich a. ili\isé les couleurs d'aniliuc en couleurs basiques et couleurs acides. Les couleurs basiques sont les sels des bases colorées; les couleurs acides sont les sels des acides colorés. En d'autres termes, les couleurs basiques sont celles dans lesquelles la substance colorante joue le rôle de base dans la combinaison, comme dans la fuchsine ordinaire (acétate de rosaliuinej. taudis que les couleurs acides sont celles où le principe colorant joue le rôle d'acide (picrate d'ammoniaque). Les couleurs " neutres » d'Ehrlich sont celles qui sont formées par le mélange d'une couleur acide et d'iuie couleur basique. Ehrlich distingue, suivant leur affinité, des granulations basopliiles, acidopliiles (synonymie : éosinophiles, oxyphiles) et ueutrophiles.
Voici les méthodes simples qu'on peut recommander pour l'étude de la morphologie des globules blancs et des éléments tigurés du sang humain :
1° Dessiccation rapide de la goutte de sang étalée sur lame au moyen du dos d'une