IV. — DÉGÉNÉRESCENCE PIGMENTAIRE
Les granulations pigmentaires existent à l'état physiologique dans le muscle cardiaque, mais elles indiquent toujours un état pathologique lorsqu'elles apparaissent dans les autres muscles de l'économie.
Ces granulations arrondies ou anguleuses, colorées en jaune brun plus ou moins foncé, se développent d'abord dans le, proloplasma, près du noyau, puis augmentent de nombre et envahissent peu à peu le
DÉGÉNÉRESCEJiCES PIGMENTAIRE, AMYLOIDE ET CALCAIRE 65
reste de la fibre. Le protoplasma s'atrophie, la substance contractile devient plus homogène, puis finement granuleuse, et la striation disparaît. L'hémoglobine musculaire physiologique se transforme en pigment. La fibre perd sa couleur jaunâtre pour prendre une teinte très claire sur laquelle tranchent les grains de pigment (Schaefîer). Finalement elle s'atrophie par résorption et il ne reste plus qu'une gaine revenue sur elle-même, ne contenant que des noyaux eux-mêmes altérés et des grains de pigment. Le sarcolemme et le pigment disparaissent les derniers. Ce processus est connu sous le nom iVatrophie pigmentaire.
La dégénérescence pigmentaire peut se développer sur des fibres saines ou déjà malades (atrophie, tuméfaction trouble).
Cette transformation de l'hémoglobine en pigment est un indice d'une altération profonde de l'élément vivant de la fibre musculaire, du sarcoplasma. Elle se produit lorsque le muscle est frappé de mort dans l'organisme vivant, comme, par exemple, dans les infarctus, les abcès, au voisinage de tumeurs, etc. Elle est très fréquente chez les cachectiques où l'on peut observer tous les degrés de l'atrophie pigmentaire (Klippel). Des fœtus qui ont séjourné, après leur mort, quelques semaines dans la cavité utérine, montrent aussi des granulations pigmentaires dans leurs muscles (Cornil).