CELLULES NERVEUSES. — PREMIÈRES MÉTHODES
Après emploi des premières méthodes énumérées plus haut, la masse protoplasniique de cette grande cellule se présente avec deux zones bien distinctes, dont la première, centrale ou périnucléaire, est granuleuse, tandis que la deuxième, périphérique et superficielle, possède des fibrilles ordinairement parallèles, plus rarement concentriques, fibrilles dont la plupart, d'après Max Schultze, traversent l'élément cellulaire sans y prendre fin.
Les prolongements, bien étudiés par Deiters en 1865, ne sont pas tous équivalents. Les uns, les plus nombreux, variables dans leurs formes, trajet et dimensions, présentent toujours des contours irréguliers et une structure granuleuse, comme le protoplasma voisin qu'ils paraissent continuer directement. Dès leur sortie du corps cellulaire, ils diminuent vite de volume, après avoir donné en abondance des filaments secondaires qui vont se perdre dans la substance grise voisine; ce sont les prolongements protoplasmiques de Deiters. — A côté d'eux, au niveau d'une portion renflée de la cellule (cône d'émergence), apparaît un autre prolongement, lequel est unique, plus gros, régulier et arrondi, souvent capable d'être suivi sur une certaine longueur. Indivis, il se continue avec le cylindre-axe d'une fibre nerveuse de la racine rachidienne motrice ou antérieure; c'est pourquoi Deiters l'appela prolongement cijlindraxile. Ce savant eut également le mérite de démontrer que ce même prolongement cylindraxile, déjà vu par Rud. Wagner et par Remak dans les grandes cellules motrices, existe dans toutes les cellules nerveuses.
Le nogau, volumineux, pouvant atteindre 18 p., est le plus habituellement placé au centre de la cellule. Limité par une membrane bien distincte, il possède une masse fondamentale claire, faiblement colorée par les héniatoxylines, un gros nucléole de 3 à 7 \j., accessoirement un ou plusieurs nucléolules. Ce noyau est unique chez l'homme adulte ; chez les jeunes animaux, il peut être double ou multiple (Remak; Schwalbe; Ranvier; Kôlliker).
En 1871, Gerlach introduisit une autre notion, celle-là relative à l'agencement et aux rapports réciproques des prolongements des cellules nerveuses. Après coloration par le chlorure d'or, cet auteur vit un réticulum formé par des filaments nerveux très fins et excessivement nombreux, réticulum distribué dans tous les espaces libres ou intercellulaires de la substance grise des centres cérébro-spinaux. Pour Gerlach, c'était là un véritable réseau, dû aux nombreuses anastomoses des prolongements protoplasmiques des cellules nerveuses.
Ce réseau pouvait donner naissance aux cylindres-axes de certaines
fibres nerveuses, remplissant ainsi un rôle que la plupart des auteurs, après les travaux de Deiters, avaient attribué à la seule cellule nerveuse.
La théorie du réseau protoplasmique de Gerlach ne fut pas acceptée sans conteste partons les histologistes; ainsi, Max Schultze, KôUiker, Schwalbe se refusèrent toujours à admettre des anastomoses. Cependant, cette théorie devint la formule courante, habituellement employée par les histologistes et par les physiologistes, jusqu'à l'avènement d'une nouvelle méthode.
B. — Méthode de Golgi.
Théorie des Neurones.
Cette méthode, inaugurée par Golgi dans toute une série de recherches publiées en 1880 et continuées jusqu'à ces dernières années, permet une véritable dissection histologique, puisqu'elle isole en noir avec une netteté parfaite et sur un long parcours, grâce à une imprégnation métallique spéciale, le corps cellulaire et ses prolongements de toutes espèces, y compris le prolon-
FiG. 155. — Cellule pyramidale géante de l'écorce cérébrale de la souris d'un mois. Méthode rapide de Golgi {d'après Ramon y Cajal) : a, dendrite ascendante ; b, dendrites basilaires; c, collatérales du cylindraxe.