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FIBRES NERVEUSES. — DÉGÉNÉRATION WALLÉRIENNE

dégénère sur toute sa longueur, avec les caractères de la dégénération wallérienne classique ;

2" Si le corps cellulaire est atteint primitivement d'une lésion grave et progressivement destructive^ la fibre dégénère encore sur toute sa longueur; ce processus est généralement assimilé à celui de la dégénération wallérienne;

3° Quant aux lésions cellulaires peu prononcées (chromatolyses; fissures, vacuoles, etc.), leur action est mal connue; les auteurs admettent simplement qu'elles sont susceptibles d'influencer la nutrition de la fibre, sans se prononcer sur la forme anatomique que revêt ce trouble nutritif.

Lorsque la fibre est interrompue dans sa continuité par l'une des lésions primitives énumérées plus haut (v. p. 828), la fibre se trouve divisée en deux segments dont l'un, central, a conservé ses connexions avec la cellule, tandis que l'autre, périphérique, a perdu ces mêmes connexions. Or, ce dernier subit dans toute son étendue une dégénération wallérienne absolument semblable à celle qui suit la destruction de la cellule. Ainsi, toute lésion primitive grave de la fibre nerveuse se complique nécessairement d'une lésion secondaire du bout périphérique de cette même fibre : lésion qui presque toujours l'emporte de beaucoup en étendue sur la première. En conséquence, on peut considérer que toute fibre ou toute portion de fibre nerveuse, ayant perdu ses connexions avec sa cellule d'origine, subit dans un temps très court la dégénération wallérienne.

Cette dégénération wallérienne, nous ne la décrirons pas ici, parce qu'elle sera complètement exposée au chapitre des lésions des nerfs périphériques. Nous ferons seulement remarquer que son étude nous a donné le plus grand nombre des notions relatives à l'origine et au trajet des faisceaux blancs de l'encéphale et de la moelle épinière.

Dégénération rétrograde. — Pendant longtemps, les auteurs ont pensé que le bout central de la fibre sectionnée, ayant conservé ses connexions avec la cellule, demeurait inaltéré. On sait aujourd'hui qu'il est susceptible de dégénérer. Cette dégénération a été nommée rétrograde ou cellulipète, par opposition avec la dégénération wallérienne, qui est celluhfuge. C'est là une notion nouvelle, qui étend encore le domaine, déjà très vaste, des lésions secondaires.

En raison de l'importance de cette dégénération rétrograde, nous

croyons utile de résumer les principaux points relatifs : 1° à son existence; 2° au mécanisme de sa production; 3° enfin, à ses caractères histologiques différentiels.

1" L'existence de la dégénération rétrograde est définitivement établie pour les nerfs périphériques. Ainsi, dans un sciatique, toute fibre nerveuse interrompue peut s'altérer dans les deux sens; c'est là une proposition qui a été amplement démontrée par les résultats obtenus dans les sections expérimentales pratiquées sur des nerfs purement moteurs. Il convient de remarquer que le choix des nerfs moteurs élimine toute incertitude relativement à l'origine et au trajet des fibres intéressées.

Son existence n'est pas moins certaine pour les fibres des centres nerveux; plus loin, en décrivant les lésions histologiques, nous aurons à rappeler les raisons qui le démontrent.

2° Le mécanisme de la dégénération rétrograde a été interprété de diverses façons. Toutefois, la presque totalité des hypothèses proposées admet le caractère secondaire de la lésion ; une seule a été formulée, d'après laquelle la dégénération rétrograde serait une véritable névrite ascendante de nature infectieuse, par conséquent une lésion primitive. Sans nier la possibilité de l'infection dans certains cas de lésions ascendantes, nous ne pouvons en faire le facteur nécessaire de la dégénération rétrograde, puisque celle-ci se produit même après une asepsie rigoureuse.

Parmi les autres hypothèses, plusieurs d'entre elles font jouer un rôle essentiel à la cellule d'origine. Tantôt, il s'agirait d'un phénomène purement dynamique, rirritation partie de la plaie retentissant, par l'intermédiaire de la cellule, sur la nutrition de la fibre. Tantôt, la cellule d'origine s'atrophierait par le fait de la réaction à dislance, entraînant, par le mécanisme habituel, la dégénération de sa fibre nerveuse. Ainsi, d'après cette dernière formule plus spécialement soutenue par Marinesco, il n'y aurait guère de différence, au point de vue pathogénique, entre la dégénération rétrograde du bout central et la dégénération wallérienne du bout périphérique; mais il convient de faire remarquer que les deux dégénérations affectent une marche tellement différente qu'il est difficile de leur attribuer un mécanisme identique.

Restent les hypothèses qui font intervenir la suppression des connexions qui unissent la libre aux éléments dans lesquels elle se termine. Parmi ces hypothèses, les unes attribuent à ces éléments un rôle

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