DÉVELOPPEMENT
Nous n'avons pas à donner ici, en détail, la structure microscopique du muscle, pour laquelle on se reportera aux traités d'histologie normale.
Nous laisserons même de côté la description des faisceaux neuromusculaires, qui, considérés d'abord comme des éléments en voie de développement, puis comme des libres pathologiques atrophiées, sont aujourd'hui reconnus comme des organes ayant un rôle dans la sensibilité musculaire. Leur mise en évidence dans les muscles pathologiques tient à ce que, innervés par des lilets moteurs et sensitifs spéciaux relevant de centres trophiques différents, ils demeurent inaltérés alors que les libres musculaires voisines s'atrophient. Leurs altérations étant encore peu connues, nous n'avons pas à entrer ici dans les détails de leur structure.
Nous rappellerons, par contre, avant d'entamer notre sujet, le développement et la structure de la fibre musculaire striée, ces notions devant être bien présentes à l'esprit du lecteur pour l'intelligence des altérations que nous aurons à décrire plus loin.
Développement de la fiuiîe musculaire striée.
Les fibres musculnires striées se développent aux dépens d'un îlot de cellules mésodermiques siégeant de chaque côté de la corde dorsale et du canal médullaire. Chez les vertébrés inférieurs, où l'on a pu étudior les premières phases de cette évolution, ces cellules se multiplient en se portant vers les lignes médio-dorsale et médio-venlrale, s'allongent, deviennent fusiformes et se transforment en longs cylindres protoplasmiques qui ne présentent, chacun, primitivement qu'un seul noyau central. Ces cylindres s'entourent d'une couche périphérique de fibrilles striées très délicates, alors que leur portion axiale, qui contient le noyau, demeure protoplasmique. Cette disposition (sac musculaire de Schneider) qui persiste dans les cellules de Purkinje, est transitoire dans les autres muscles striés, où les fibrilles deviennent de plus en plus nombreuses et finissent par occuper toute l'épaisseur de la fibre (Hertwig).
Chez l'embryon humain, aux extrémités de la cellule musculaire primordiale fusiforme (d'abord mono-, puis poly-nucléaire), apparaît
d'abord une substance homogène, moins granuleuse que le protoplasma primitif, qui s'étend, finit par entourer toute la cellule et se résout ensuite en fibrilles. La différenciation fibrillaire se montrerait, d'après Renault, sur les embryons vers le troisième mois. Elle commence par les couches internes de la substance homogène et se porte progressivement à sa périphérie. Il en résulte que les jeunes éléments musculaires sont constitués à cette époque : au centre, par un cylindre de protoplasma granuleux entourant le nuyau ; plus en dehors, par des fibrilles striées difîérenciées ; à la périphérie, enfin, par de la substance contractile homogène (Roule). Des fibres musculaires, représentant cette période du développement, avec une portion axiale (se colorant en rose par l'hématoxyline éosinée) purement protoplasmique renfermant le noyau, et une coque striée (se colorant en rouge par le même réactif), se retrouvent dans le rhabdomyome et dans certains états pathologiques.
On peut mettre en évidence dans ce protoplasma central, au moyen du sérum iodé, le (jlycogène musculaire (Renault).
Ultérieurement, la différenciation en fibrilles se complète, tandis que la cellule, s'allongeant progressivement, prend, dans le troisième mois de la vie intra-utérine, l'apparence d'une longue fibre grêle. La striation transversale apparaît par ponctuation des fibrilles, selon un processus analogue à celui que Galeotti et Levi ont observé dans la régénération et que nous étudierons plus loin (voir Régénération, p. 88). A cinq mois de la vie intra-utérine, les fibres, d'un calibre encore très réduit, présentent déjà leur double striation longitudinale et transversale ; mais cette striation ne remplit pas encore toute la fibre dont le centre demeurerait, jusqu'à près de six mois, occupé par du protoplasma non dilTérencié (Schaeffer). Les noyaux, d'abord centraux, se placent à la périphérie, où ils restent entourés d'une faible quantité de protoplasma granuleux persistant.
Il est important de constater, ainsi que le fait remarquer Robin, que, dès leur origine embryogénique, les fibrilles ont déjà le volume qu'elles conserveront toujours, à peu de chose près. C'est donc à leur augmentation de nombre et non à celle de leur masse individuelle qu'est dû l'épaississement graduel des faisceaux striés.
Du quatrième mois à la naissance, les fibres musculaires doublent d'épaisseur (Halban). A partir de la naissance, leur accroissement est irrégulier et se produit par poussées (Gaule). A chacune de ces poussées correspondrait non seulement l'augmentation de volume d'un