‹ Manuel d'histologie pathologiqueChapitre 33 sur 205 · V. — NÉCROSE. — MORTIFICATION. — GANGRENE · texte numérisé non relu

V. — NÉCROSE. — MORTIFICATION. — GANGRENE

La nécrose totale ou partielle d'un muscle s'observe toutes les fois que la circulation se trouve complètement abolie par suite de l'oblitération subite ou progressive de ses vaisseaux.

En dehors des phlegmons occasionnant la mortification des portions comprises dans la suppuration ou immédiatement voisines, et qui seront étudiés à l'article « Myosites aiguës », la nécrose musculaire se rencontre surtout dans les cas de gangrène plus ou moins étendue des membres, consécutive soit à l'oblitération d'un gros tronc artériel, soit à la congélation.

Dans- la congélation, les altérations ne se montrent qu'après le dégel du membre, dont tous les tissus, et les fibres musculaires en particulier, demeurent jusqu'alors en parfait état de conservation.

C'est lorsque le sillon de démarcation se produit entre les portions nécrosées et celles demeurées vivantes, qu'il est préférable d'examiner les muscles où l'on peut étudier à ce moment, simultanément, les altérations gangreneuses et les phénomènes de réparation.

Dans les points gangrenés, les muscles secs ou œdématiés montrent, au microscope, des fibres granuleuses ou en dégénérescence graisseuse, très friables et souvent fragmentées. Les noyaux ont généralement disparu ou, du moins, ne se colorent plus. Plus rarement on observe de la dégénérescence cireuse. Parfois certaines fibres conservent leur striation, enfin on peut en rencontrer quelques-unes qui, presque sames, semblent avoir résisté plus longtemps que les autres.

Au niveau du sillon de démarcation, la circulation reparaît. Mais les vaisseaux y sont entourés d'une zone de granulations, d'un tissu de cicatrice plus ou moins avancé, dans lequel les éléments musculaires ont complètement disparu.

C'est au-dessus de ce sillon que l'on peut étudier les phénomènes de réparation qui remontent parfois assez haut. Dans la congélation en particulier ils s'étendent beaucoup plus loin qu'on ne le supposerait au premier abord, montrant ainsi que la fibre musculaire, malgré sa riche circulation, est moins résistante au froid que la peau et le tissu cellulaire sous-cutané.

L'étude des muscles au-dessus du sillon de gangrène avait été faite, en 1865, par Benndorf, qui signalait une multiplication cellulaire sans

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