NÉCROSE, — GANGRÈNE
l'ii tant que niasse plasmodiale et non pas à l'état de cellules libres. (]e plasmode demeure accolé et fondu avec la substance striée et se strie à mesure qu'il s'accroît. Il en résulte qu'à l'extrémité de l'ancienne fibre, parait pousser une jeune fibre sans solution de continuité. Cette jeune fibre peut se diviser en pinceau, en doigts de gant et possède les réactions d'un élément jeune; mais au point d'union on trouve, entre la portion jeune et la portion ancienne de la fibre, une zone de passage insensible où, en particulier, la striation transversale de cette dernière devient de plus en plus fine, de plus en plus délicate, jusqu'à presque disparaître sur la première (voir Ré- (jéuération).
A côté de ces mortifications étendues, ou peut observer les mortifications limitées des muscles. Ces nécroses partielles sont très rares et se montrent presque uniquement à lasuite de traumatismes violents. Pour que cette nécrose se produise in situ, il faut que le trauma rompe simultanément le faisceau musculaire en deux points, afin qu'il demeure abandonné sur place par les bouts supérieurs et inférieurs (|ui se rétractent.
Volkmann a obtenu, expérimentalement, par double ligature, une nécrose partielle d'un fragment de muscle qui était opaque, œdémateux, par places infiltré de leucocytes et dont les fibres avaient perdu leurs noyaux. Autour de ce point mortifié, la régénération se faisait mal et incomplètement.
Schnitzler a récemment signalé un fait de mortification partielle de la portion inférieure du Inceps, consécutivement à un traumatisme. A l'incision, la portion nécrosée, du volume d'une noix, sèche et d'un jaune cireux, était entourée de toute part par une épaisse couche de muscle sain, dont la séparait une mince capsule conjonctive, Histologiquement, elle était constituée par des faisceaux musculaires ayant perdu leur striation et dont les noyaux dégénérés avaient disparu ou tout au moins ne se coloraient plus. Quelques fibres étaient atteintes de dégénérescence cireuse et se désagrégeaient en boules, mais sans l)rolifération cellulaire. Il n'y avait pas trace de phénomènes inflammatoires.
Vf. — CONTUSION. — PLAIES. — RUPTURES
Les différents traumatismes agissant sur un muscle ont comme résultats communs la rupture d'un certain nombre de fibres et la production d'une hémorrhagie plus ou moins abondante.
Dans la contusion, l'hémorrhagie varie depuis l'ecchymose légère jusqu'à l'infiltration sanguine étendue ou à l'hématome (voir ce mot); les éléments contractiles peuvent être intéressés en petit nombre ou presque en totalité, comme dans le broiement par exemple. Il en est de même dans les plaies confuses, dans l'arrachement et la morsure.
Les plaies par instrument piquant n'interrompent la continuité que de quelques fibres et, à moins qu'un gros vaisseau ne soit traversé, ne déterminent qu'un faible épanchement sanguin, parfois presque nul.
Les instruments tranchants, lorsqu'ils agissent perpendiculairement à la direction des fibres, amènent tout d'abord une rétraction des deux lèvres de la plaie qui, s'évasant à la surface du muscle, prend une forme de coin ou de cupule. Le sang épanché remplit la plaie et s'infiltre plus ou moins loin dans l'épaisseur des faisceaux revenus sur euxmêmes. Ultérieurement, le caillot s'organise et, s'il ne survient pas de phlegmon, d'abcès par infection de la plaie, la guérison s'obtient au prix d'une cicatrice plus ou moins étendue.
Les hémorrhagies musculaires ont été traitées à part dans un chapitre précédent auquel le lecteur se reportera pour tout ce qui a trait à cette partie de la question. Il en est de même des abcès, phlegmons, etc., etc., qui rentrent dans le chapitre Myosites aiguës.
Nous ne nous occuperons donc ici particulièrement que des ruptures musculaires, tant traumatiques que spontanées, les autres lésions traumatiques pouvant histologiquement leur être parfaitement rapprochées.
Ces actes traumatiques, ces ruptures musculaires nous représentent le type de la myosite dans son application la plus simple.
Ruptures musculaires. — Les ruptures musculaires sont complètes, comprenant le muscle dans toute son épaisseur; partielles, n'intéressant qu'un seul ou qu'un petit nombre de faisceaux; enfin, fibrillaires, lorsque quelques fibres seulement sont interrompues dans leur continuité.
RUPTURES MUSCULAIIîES 155
Au point de vue de leur siège, on les a divisées en ruptures musculaires proprement dites, intéressant la partie charnue du muscle, en tendineuses et en musculo-tendineuses .
Les ruptures peuvent se produire, soit dans des muscles sains (ruptures fonctionnelles et tramnatiques), soit dans des muscles déjà altérés et rendus au préalable plus fragiles par une affection locale ou générale ayant déterminé la dégénérescence graisseuse ou cireuse des fibres striées (ruptures pathologiques).
1" Les RUPTURES PATHOLOGIQUES sc montrent au cours des maladies infectieuses graves, provoquant une dégénérescence. Observées dans le typhus, la variole, la scarlatine, l'infection puerpérale, la tuberculose aiguë, et, d'une façon générale, dans presque tous les états infectieux graves, c'est dans la fièvre typhoïde qu'on les rencontre le plus souvent. Si les ruptures macroscopiques, amenant un hématome, sont relativement rares (Il cas sur 159 cas de lièvre typhoïde, Hoffmann), les ruptures histologiques, fibrillaires, n'intéressant que quelques fibres, sont par contre presque constantes lorsqu'il ne s'agit pas d'une forme bénigne et que la mort n'est pas survenue trop tôt.
Presque spontanées, ces ruptures surviennent sous l'influence de mouvements même peu énergiques, tels que les quintes de toux, les eflbrts des malades pour aller à la garde-robe ou le simple fait de se retourner ou de s'asseoir dans son lit, et paraissent dues, non pas à la dégénérescence des vaisseaux, comme le croyait Stein, dégénérescence qui n'a pu être retrouvée ultérieurement, mais au tiraillement des fibres très friables, granuleuses ou cireuses, parles fibres voisines demeurées saines et entrant en contraction.
Ces ruptures pathologiques, fibrillaires ou partielles, intéressant un ou plusieurs petits faisceaux, peuvent se montrer dans les différents muscles de l'économie, ceux de la cuisse, du thorax, du cou; mais leur siège de prédilection est la moitié inférieure du grand droit antérieur de l'abdomen. Le plus souvent, elles sont multiples. Rien, généralement, ne les annonce pendant la vie et ce n'est qu'à l'autopsie qu'on peut constater leur existence. •
Le muscle présente en un ou plusieurs points, soit des ecchymoses, soit des solutions de continuité à surfaces anfraclueuses et contenant un caillot rouge brun, strié de marbrures blanchâtres, opaques. Sur une section longitudinale, le muscle a, au-dessus et au-dessous du point rompu, une coloration brune et une rigidité toute particulière, tenant à la fois à l'infiltration par le sang épanché, à la contraction des
fibres encore vivantes revenues sur elles-mêmes et à la dégénérescence de la substance striée.
Histologiquement, au voisinage de la rupture, au milieu du tissu conjonctif infiltré de sang et des vaisseaux dilatés, les libres musculaires sont en dégénérescence vitreuse et en dégénérescence granulo-graisseuse très avancée. Cette dernière, qui est consécutive à la rupture, diminue et disparaît en s'éloignant du foyer et l'on ne retrouve plus à une certaine distance que des fibres vitreuses mêlées à des fibres saines.
La réparation du tissu conjonctif, la résorption de l'hémorrhagie se font comme dans les hématomes. La régénération des fibres musculaires aux dépens du sarcoplasma musculaire conservé est complète, mais ne débute que lorsque la période fébrile prend fin. Son processus, étudié successivement par Zenker, Waldeyer, Neumann, Hoffmann, Hayem, Dozé, Volkmann, etc., etc., a été décrit à propos de la dégénérescence cireuse et de la régénération.
2° Ruptures fonctionnelles et traumatiques. — Un effort violent, une contraction énergique suffisent parfois pour déterminer la rupture complète ou partielle d'un muscle sain. Ces ruptures fonctionnelles, dont le « coup de fouet » est un exemple, se produisent surtout, quoique non exclusivement, au point où les fibres musculaires s'attachent au tendon (Sédillot). L'extension brusque d'un muscle en état de contraction énergique peut également amener une déchirure du corps charnu. Enfin les ruptures traumatiques en suite de contusions, piqûres, plaies, fractures, etc., etc., seront plus ou moins étendues, selon la nature et la force de la cause occasionnelle.
Dans les ruptures traumatiques et fonctionnelles, les deux \è\res musculaires se rétractent et laissent entre elles un espace en forme de coin ou de cupule où se collecte l'hémorrhagie, qui est, ici, constante, tandis qu'elle peut manquer dans les ruptures pathologiques lorsqu'elles ne sont que fibrillaires. Le caillot se coagule et subit les modifications ultérieures habituelles.
Évolution des lésions histologiques. — Les altérations des fibres musculaires ont été minutieusement étudiées par Peremescho, Weber, Kraske, Maslowsky, Virchow, Billroth, Rindfieisch, Demarquay et Bouchard, Hayem, Heidelberg, Regeard, Dozé, Barfurth et plus particulièrement par Gussenbauer, Neumann, Nauwerck, Volkmann, Galeotti etLevi,qui ont expérimentalement suivi le processus dans toutes ses phases. Les résultats obtenus par ces auteurs ne diffèrent que par des détails de morphologie ou de rapidité d'évolution relevant de la diver-