HYPERTROPHIE PHYSIOLOGIQUE OU FONCTIONNELLE
ceaux, parfois par une consistance plus ferme et mênie une coloration plus Yive qui, déjà à l'œil nu, le distinguent des muscles violacés, pâteux ou rénitants, atteints de myosite, ainsi que des muscles pâles, décolorés, jaunâtres et mous en état de pseudo-hypertrophie.
L'hypertrophie musculaire est physiologique ou pathologique. Dans ce dernier cas, elle peut, soit marquer la première phase d'une amijotrophie progressive au début, soit constituer une affection spéciale, peu connue, véritable maladie hypertrophiante, dont le nombre des observations est encore très réduit, soit enfin, relever de la maladie de Thomsen qui présente, comme seule lésion anatomique connue, une hypertrophie des fibres striées et rentre, par conséquent, dans ce chapitre.
Les modifications de la fibre striée différant dans ces quatre variétés d'hypertrophie, nous aurons à décrire successivement :
V hypertrophie m usculaire phys iologique;
L'hypertrophie musculaire prémonitoire de Vamyotrophie;
La myopathie hypertrophiante,
Et enfin la maladie de Thomsen.
1" Hypertrophie physiologique ou fonctionnelle.
Les muscles sains qui ont à effectuer un travail exagéré s'hypertrophient. Cette hypertrophie fonctionnelle peut, du reste, avoir comme origine une cause physiologique ou pathologique.
C'est ainsi que chez les emphysémateux et, d'une façon générale, dans les affections chroniques accompagnées d'accès fréquents et prolongés de dyspnée, on voit survenir une véritable hypertrophie des muscles accessoires de la respiration, tels que les intercostaux, les scalènes, les sterno-mastoïdiens, etc., etc. Dans les derniers mois de la grossesse, nous avons pu constater une vraie hypertrophie des muscles grands droits antérieurs de l'abdomen, qui, distendus par l'utérus gravide, ont à le soutenir et à le maintenir en place. Le biceps des hercules de foire, lesgastro-cnémiens des danseuses acquièrent également un volume excessif qui permet de les faire rentrer dans le cadre de l'hypertrophie fonctionnelle.
Au point de vue histologique, ces muscles paraissent normaux. Le tissu interstuiel n'est pas augmenté. Les fibres, tassées les unes contre les autres, sont bien striées ; leur diamètre se maintient le plus souvent dans des limites normales, quoique peut-être un peu supérieures à
la moyenne, mais sans acquérir, en général, un volume tel que l'on puisse affirmer l'augmentation de leurs dimensions. Les noyaux ne sont pas sensiblement multipliés, au moins dans les hypertrophies fonctionnelles arrivées à la période d'état. Comme, dans ces éléments, le volume des fibrilles ne s'accroît pas individuellement, il en résulte que l'augmentation de volume, toujours légère, que l'on constate dans chaque fibre, correspond à une augmentation du nombre des fibrilles qu'elle renferme.
Ainsi que nous avons pu le constater, au moins dans certains cas, ces fibres en hypertrophie fonctionnelle se subdivisent souvent dans le sens de leur longueur.
On a longuement discuté pour savoir si cette hypertrophie relevait d'une augmentation dans le nombre ou dans le volume des fibres striées. Ce problème, en apparence si aisé à résoudre par de simples mensurations, est encore pendant. Que, dans un muscle, tous les éléments augmentent chacun faiblement de volume, ou que, conservant leur volume primitif, ils se multiplient modérément, l'hypertrophie finale sera la même et rien ne permettra, sous le microscope, d'en déterminer le mécanisme. En présence d'un muscle hypertrophié, on peut aussi justement admettre que les éléments de 45 à 50 [i, constatés sur les coupes, sont normaux, que l'hypertrophie doit être nutnérique, doit relever d'une multiplication des fibres, ou soutenir l'hypothèse qu'il s'agit d'éléments mesurant auparavant 35 à 4-0 p., qui ont tous légèrement augmenté de volume et occassionné une hypertrophie volumétrique. Le volume normal des fibres musculaires est, en effet, trop irrégulier, oscille dans des limites trop étendues (35 à 50 et même 60 ]i) pour que l'on puisse s'appuyer sur les légers écarts relevés dans la plupart des cas. La démonstration ne peut être faite que lorsque l'on rencontre des fibres ayant des dimensions exagérées ou qu'on les surprend en voie de multiplication évidente, circonstances exceptionnelles au cours des hypertrophies physiologiques.
KoUiker, Hyrtl, Rokitansky, Fôrster ont vu dans l'hypertrophie fonctionnelle une hypertrophie numérique. Hep, comparant les fibres ducrémaster hypertrophié chez un sujet atteint d'une hydrocèle considérable, avec les fibres du grand oblique et du transverse du même sujet, trouve aux premières un diamètre de 83 (a et aux secondes un diamètre de 53 [a seulement. Ayant constaté également une augmentation de volume dans les éléments contractiles d'une vessie et d'un cœur hypertrophiés, il conclut à l'hypertrophie volumétrique. Zenker, plus éclectique, admet l'hypertrophie volumétrique, mais la croit