‹ Manuel d'histologie pathologiqueChapitre 47 sur 205 · COK.ML ET KANVIEK. — II · texte numérisé non relu

COK.ML ET KANVIEK. — II

évolution des cellules musculaires tombées dans le tissu interstitiel, que ce même auteur a décrite dans un fait de névrite alcoolique.

Nous avons eu, dans la description qui précède, particulièrement en vue les amyotrophies évoluant au cours de névrites ou de polynévrites aiguës ou subaiguës. La névrite chronique, très polymorphe, peut donner naissance au syndrome Aran-Duchenne. Les lésions musculaires ne diffèrent pas alors de ce que nous étudierons à propos des poliomyélites chroniques. Enfin, certains auteurs rapprochent des amyotrophies par lésion des nerfs périphériques Vamyotrophie Charcol-Marie et celle qui survient dans la névrite interstitielle hypertrophiante progressive de Déjerine et Sottas. Ces affections présentant des altérations importantes des centres nerveux, nous les étudierons dans d'autres chapitres (voir ces mots).

Bibliographie. — Atrophies musculaires consécutives aux lésions des nerfs :

DABiNSKi, Des modifie, que prése7itent les muscles à la suite de la section des nerfs qui s'y rendent {Ac. des se, janvier 1881, et Soc. de bioL, 1884). — Babinski, Faisceaux neuro -musculaires {Arch. de méd. expérim., 1886). — Babinski, art. Névrite in Traité de m.édecine, 1894. — Bizzozero et Golgi, Ueher die Verànderungen des Muskelgewebes nach Nervendurchschneidung {Wiener med. Jahrh., 1873). — Buown- Sequard, Sur les altér. pathol. qui suit'ent la section du nerf sciatique (Soc. de bioL, 1849). — Batten. The muscle-spindles under pathological conditions (Brain, XX, 1897).

— Batten, Expérimental observations on earhj degenerative Changes in the sensonj endorgans of muscles (Brain, XXI, 1898). — Ch. Biirr, A case of progress. neurotic muscular atrophy (Journ. ofnerv. nnd mental diseuses, 1897). — Cattaneo, Organes nerveux terminaux musculo-tendineux , leur condition normale et leur manière de se comporter après la section des racines nerveuses et des nerfs spéciaux (Arch. ilal. de bioL, X, 1888). — Casazza, Atrofia muscolare dipendenti de allerazione dei nervi (Il Morgagni. 1900). — Charcot, Maladies du sijstème nerveux, 1886. — Cii'Ollone, Nuovo ricerche sul fuso neuro-rnuscolare (Ricerche ne/, labor. di anatomia normale délia Universita di Roma, VI, 1898). — Déjerine-Klumpke, Des polynévrites. Thèse de Paris, 1889. — IfÉjERiNE et Sottas, Sur la ïiévrite interstitielle hypertrophique et progressive de l'enfance (Soc. rfe 6(o^, 1893). — Dubreuii.h, Myopathies névritiques (Rev. de méd., 1890). — Dubreuilh, Sur quelques cas d'atrophie musculaire limitée aux extrémités et dépendant d'altérations des nerfs périphériques (Rev. de me'rf., 1890).

— Egger, Conlrih. à l'ét. de l'atr. muscul. névritique progress. familiale (Arch. f. Psych., 1897). — Erb, Zur Path. und path. Anat. peripherincher Paralysen (Arch. f. Idin. Med., IV, 1868 et V, 1869). — Fantino, Altér. du myocarde après la section des nerfs (Arch. ital. de bioL, X, 1888). — Fasce, Ricerche sperimentale sull. atrophia musculare. Palermo, 1865-1866. — Fasce, Sulla ipotropa dei tessnli (Gaz. clin, dello spedale civico di Palermo. 1870). ~~ Foinitzki, Influence des nerfs sur la guérison des muscles striés {Wratch, 1896). — Fuerstener, Ueber einen eigenlhumlichenBefurnl bei verschiedenen Formen der Muskeldegeneration (Wandersammlunq bei der Sudwesldeutsche Neurologen und Irrenarzle, 1893). — Gaule, Die trophischen Eigenschaften der Ne rv en {Berlin, klin. Wosc/(ensc A.. 1892). — Gaule, Wfi?- trophische Einfluss der Sympathicusganglioji auf die Musheln (Centralblatt. Physiol., 18 13). — Gombault et Mallet, Un cas de tabès ai/ant débuté dans l'enfance. Autopsie (Arch. de méd. evpér., 1889). — GuDDEN, Klinische und analomische Beitrdge zur Kenntniss der multiplex Alcoholneuritis nebst Bemerkungen liber die Regeneratio)isvorgànge in peripheren Nervensijslem {.Arch. f. Psych., XXVIII, 1896). — Hayem, Recherches sur l'anaiomie

AMYOTROPHIES PAR LÉSIONS DES NERFS PÉRIPHÉRIQUES ill

pathologique des alruphies musculaires. Paris, 1877. — Horsley, Sliort note on sense-organs in muscle and on the préservation of mitscle-spindles in conditions of extrême muscular atroplnj following section of motor nerre {Brain, XX, 1897). — Kienboek, Neiiritische Atrophie der SchuUermnsculatur auf drund ron Gonorrhoe (Sitzungsh. des Wiener ined. Chili, mai U>00). — Klippei., Des amijotrophies dans les maladies générales chroniques. Thèse lie Paris, 188".l. — Krajewska, Recherches phiisiologiques sur la réaction de dégénérescence. Thèse de Genève, 1892. — Krauss, Beitr. z. Muskeli>athologie , Histolog. unit chem. L'ntersuchungen nach Tenotomie und Neurotomie {Virchow\s Arch.. CXIII, 1888). — Lamy, A propos d'un cas d'atrophie viusculaire limitée à la sphère d'innerralinn du cubital {Soc.anat., 181*4). — Lanohans, Anatomische Beitriige iur Kenniniss der Cretinen iKnochen, Ceschlechtsdriisen. Must;eln und Muskelspindeln) nehsl Betnerkungen iiber die physiolngische Bedeutung der letiteren {Virchow's Archiv, CXXXXiX, 18',t7). - Laslett et Warrington, The 7norl'id anatomg of a case of lead paralysis. Conditions of the nerves. muscles, muscle -s pindles and cord {Brain. XXI, 1898). — Loewenthal, Unters. uber das Verhalten der qucrgeslreiften Musculatur bel alrophischen Zustdnden (Deutsche Zeitschrift f. Nerventieilkunde, 1898.) — Longet, Anatomie et physiologie du système nerveux, 1842. — Mantegazza, Di alcune alterazioni istologische dei tessuti che teng. dietre al taylio dei nervi (Giorn. d'anat. e fisiolog. pathoL, Pavie, 1865, ei Gaz-etta medica italiana, Milan, 1867).— Makchi, 5«i/e degen. consecut. allô estirpazione totale e paniale dei cerveletto {Rev. sper. di fren. e di med. légale, Xlil, I8881. — Morpugo, Sur le processus histologique consécutif d la névrectomie sciatiquet.Arch. ital. de 6io/., 1892). — Mougeot, Recherches sur quelques troubles de nutrition consécutifs aux affections des nerfs. Thèse de Paris, 1867. — Miller, .Multiple \euritis {.\rch. f. Psych., XIV, 1883). — Nathan, Ueber das Verhalten der .Muskelfasern nach Nerrendurchschneidung . Inaug. Dissert. Bonn, 1889, — A. Ollivier, Des atrophies musculaires. Thèse d'a^jr., Paris, 1869. — O.nanoef, Sur la nature des faisceaux neuro-musculaires (Soc. de bioL, 1890). — Parisot, Pathogénie des atrophies musculaires. Thèse d'agr., Paris, 1886. — Pilliet, Gaines concentriques autour des corps neuro-musculaires (Soc. anat. de Paris, 1891)). — Pilliet, Note sur les corps neuromusculaires a enveloppe semblable à celle des corpuscules de Pacini (Soc. de bioL, 1890).

— liiCKER, Vergl. Unters. iiher Muskelalrophieen . Thèse de Berlin, 189.J. — Rindskopf. Ueber das Verhalten der Muskelfasern nach Nerrendurchschneidung. Inaug. Dissert. Bonn, 1890. — RussiNi, Nuova forme di Atrof. niuscol. neuropat. (Bull, délie Soc. med. di Bologna, 1892). — Saxdulli, La terminazioni dei nervi muscoli striati volontarii e le loro alterazioni dopo la recisione deitronchi nervosi, studiate nellarana (Giorn. délia Assoc. napol- di med. e natura, 1892). — Scherschewsky, Ueber die Fettentartung der paraiysirten Muskeln. (Jahresb. der ges. Med. von Virchow und Hirsch., I, 1867).

— Sherrington, On the anatomical constitution of nerves of skeletal muscles (Journ. of physiology, XVK, 1895). — Sherrington, /''«/'//(e;- «ote on thesensory nerves of muscles (Proceedings of the Royal Society, avril 1897). — M. Schiff, Lfhrbuch der Physiologie des Menschen, 1858. — Siemerling, Kune Bemerkung zu der von Eichhorst sogenannten Neurilis fascians (Arcli.f. Psych., XIX, 1888). — Siemerling, Ein Fait von Gummôser Erkrankung der Hirnbasis mit Betheiligung der Chiasma nervorum opticormn {^Arch. f. Psych., XIX, 1888). — Siemerling, Ein Fait von .Mcoholneuritis mit hervorragender Betheiligung des 3Iuskelapparates nebsl Bermerkungen ûber das Vorkommen neuromusculdrer Stdmmchen in der Musculatur (Chante Annalen, XIV, 1889). — Steinert, Beitr. «. Inaclwitdtsatrophie der Muskel arserni Verhandl. derphysik. med. Gesellsch. 3. Wurtzburg, XX, 1887). ^ S. Stier, Experimentelle Untersuchungen Uber das Verhalten der quergestreiften Muskeln nach Ldsionen des Nervensystems {Arch. f. Psych., XXIX, 18,(7). — Strumpell, .Multiple degenerative .\euritis (Arch. /'. Psych., XIV, 1883) et Z. Lehre v. d. progr. Muskelatr. (Zeitschr. fur Nervenheilk., III, 1893). — Thanhoffer, Ueber die Nerrenendigung der quergestreiften Muskelfasern und ûber die Re- und Degeneration derselben im lebenden Korper (Anatomtsclier An<eiger, VII, 1892i. — Ugheiti, Délia alteiazione dei tessuti da mancata influema nervosa (Arch. scienze mediche). — Vay, Ueber den Glycogengehalt der .Muskeln nach Nervendu rchneidung (Arch. f. exper. PathoL, 1894). — Vierordt, .Multiple Neuritis (Arch. f. Psych., XIV, 1893). — , Vulpian, Leçons sur la physiol. du système nerveux, 1866. — Vulpian, Sur les modiific. que subissent les muscles sous l'influence de la section des nerfs (Arch. de physiol., Il, 1869). — Vl'lpian, fiec/j. relatives a l'influence des lésions Iraumatiques des nerfs sur les propriétés physiologiques ei la structure des muscles (Arch. de phy-

siol., 1871 et 1872). — Weir-Mitchell, Des tenions des nerfs et de leurs conséquences. Traduction par Dastre, Paris, 1874. — Werdning, Zwei fr'ûhinfantile hereditàre Faite von progressiver Musketatropliie auf dem liilde der Dystrophie aber auf neurotisclier Grundlage {Ardu f. Psch., XXII, 1891).

Atrophies musculaires par lésion des centres nerveux.

Les fibres musculaires striées ont leur centre trophique dans les cellules ganglionnaires des cornes antérieures de la moelle et du bulbe.

Toutes les fois que ces cellules sont détruites, les libres striées correspondantes s'atrophient. La destruction complète de ces éléments n'est même pas indispensable. On a décrit un certain nombre d'altérations relativement légères, et nous soupçonnons l'existence d'une série de modifications dans le chimisme cellulaire, invisibles par nos moyens actuels d'investigation, mais connues sous la forme de troubles fonctionnels, qui entraîneraient le même résultat. Nous n'avons pas à étudier ici les lésions cellulaires qui déterminent ces troubles trophiques; ce sujet trouvera plus naturellement sa place au chapitre traitant de la pathologie de la cellule nerveuse.

Les cellules motrices peuvent être altérées primitivement soit en suite de l'action d'une substance toxique, microbienne ou autre, présentant une élection spéciale pour ces éléments, soit en étant intéressées dans un foyer hémorrhagique, dans une tache plus ou moins limitée de sclérose, dans un territoire vasculaire oblitéré, dans un îlot d'infection, etc., etc.

Elles peuvent être altérées secondairement en suite de compression par tumeurs (osseuses, méningées, abcès, syringomyélie gliomateuse ou hydromyélique), ou par suite de la propagation de proche en proche, jusqu'aux cornes antérieures, des lésions développées primitivement dans les substances blanche ou grise voisines. C'est ainsi que dans le tabès l'altération des cordons [)ostérieurs peut s'étendre aux cornes antérieures et donner naissance a une amyotrophie tardive, dans la sclérose en plaques, les plaques de sclérose peuvent intéresser la substance grise. — Dans les dégénérescences wallériennes, la dégénérescence ayant atteint l'extrémité du neurone primitivement lésé, peut franchir le relais ganglionnaire et se propager au relais

AMYOTR01'H1E§ PAR LÉSION DES CEMTKES 213

suivant dans le sens du courant nerveux. Nous en avons un exemple dans la sclérose descendante du faisceau pyramidal, en suite de laquelle les cellules des cornes antérieures, autour desquelles viennent se ramifier les tubes nerveux moteurs, subissent parfois des modifications plus ou moins profondes entraînant une amyotrophie secondaire.

Enfin les lésions des nerfs périphériques moteurs et sensitifs retentissent également sur les centres gris, soit rapidement par les voies sensitives d'où elles se propagent aux régions motrices comme dans les atrophies réflexes: soit plus lentement, ainsi que nous l'avons étudié antérieurement ailleurs, par atrophie rétrograde des nerfs moteurs. C-es lésiniis rriitialcs d'orifiiiic iiériphèriijue, d'abord localisées aux cellules mêmes desquelles naissent les nerfs malades, s'étendent parfois aux cellules voisines, se propagent même au côté opposé et peuvent être ainsi l'origine d'atrophies plus ou moins étendues, ou même progressivement envahissantes que nous réunirons dans un paragraphe spécial.

Au point de vue de leur topographie anatoniique, les cellules des cornes antérieures ne sont pas également disséminées sur toute la hauteur de l'axe médullaire, mais disposées en groupes, en îlots plus ou moins mal délimités, présentant une individualité fonctionnelle et répondant ciiacun, non pas à un nerf, mais à un muscle ou à un groupe de muscles. Ces groupes sont ainsi disposés que, dans les renflements cervical et lombaire, les plus élevés répondent aux muscles de la racine, les plus bas aux muscles des extrémités des membres correspondants.

Topographie. — Les amyotrophies spinales affecteront donc une topographie spéciale en rapport avec le siège de la lésion centrale, mais éminemment différente de celle qui se voit dans les lésions nerveuses périphériques. Les différents troncs nerveux empruntant chacun leur origine à des points différents de la moelle, et la même racine rachidienne fournissant des tubes nerveux à plusieurs nerfs, les amyotrophies d'origine spinale, au lieu de se limiter à un seul territoire nerveux, intéresseront, le plus souvent, plusieurs territoires V(»isiiis et alVoi'Icroiil une topographie g('*n<''ral('ment bien moins analomique que tonclionnelle et surtout segfKPntaue. L'atrophie se développera ainsi sur les muscles de l'épaule ou sur ceux de la main ou sur ceux de la cuisse, plutôt que sur les muscles innervés par le radial, le cubital ou le crural.

Les différentes cellules de la substance grise opposent une résis-

tance très différente aux divers agents pathologiques. Il existe, parmi ces éléments, des différences considérables au point de vue de leur aptitude individueUe à résister ou à succomber en présence de telle ou telle action pathogène.

Ceci s'observe non seulement dans les compressions, les hémorrhagies, etc., etc., dont Faction mécanique est nécessairement inégalement répartie, mais aussi dans les dégénérescences relevant de substances toxiques en circulation dans l'organisme qui intéressent rapidement certaines cellules, alors que d'autres résistent longtemps. Le plus souvent, dans un noyau gris malade, tous les éléments ne seront donc pas également touchés. - Cette inégalité des lésions cellulaires entraînera, dans les muscles correspondants, une illégalité dans le degré d'altération des différentes fibres striées, inégalité qui se montrera plus grande encore que celle observée dans les polynévrites. Les coupes présenteront un enchevêtrement complet de fibres saines et de fibres malades à tous les degrés de la lésion.

Vu le nombre considérable de fibres striées contenu dans chaque muscle, il est évident que chaque cellule nerveuse ne régit pas une seule fibre striée, mais doit en avoir plusieurs sous sa dépendance. Comment sont disposées ces diverses fibres relevant d'une seuh^ cellule? Sonl-elles juxtaposés dans le même faisceau musculaire, disséminées loin les unes des autres dans le même muscle, ou peuventelles même occuper des muscles différents? Nous ne le savons pas: Texpérimentation ni la clinique ne permettent de réaliser une lésion uni-cellulaire et d'en retrouver les traces dans les muscles correspondants: mais ce puint esta retenir pour l'étude des amyotrophies spinales.

Marche. — Selon la cause pathologique entrant en jeu (compression, sclérose, dégénérescence propagée, îlot infectieux, hémorrhagie, thrombose, etc.), l'altération de ces cellules sera lente ou rapide, passagère ou définitive, généralisée à un ou plusieurs groupes cellulaires ou limitée à qut']f|ues éléments; demeurera stalionnnire, cantonnée à son sièi;t' |iriiiiitit, ou s'étendra progressivement, comme une tache d'huile, aux noyaux gris voisins, se généralisera même à toute l'étendue de la substance grise. Il en sera de même des amyotrophies qui tantôt demeureront limitées aux muscles primitivement frappés. tantôt, s'étendant progressivement de proche en proche au reste du membre, passeront au membre correspondant du côté opposé (si elles ne se sont pas développées simultanément sur les deux membres

Page 1