I. — Dégénérescence graisseuse
La dégénérescence graisseuse que nous avons étudiée à propos des lésions de la fibre musculaire, apparaît dans des circonstances diverses et à des degrés variables, soit isolée, soit combinée à d'autres altérations de la fibre musculaire. Très intense dans les muscles des cachectiques, dans certaines maladies aiguës, elle s'observe au maximum dans l'empoisonnement par le phosphore (Cornil) où elle intéresse même les fibres grêles des faisceaux neuro-musculaires (Siemerling), fibres épargnées dans la plupart des autres affections musculaires. Elle est moins prononcée dans les muscles des vieillards. On la retrouve encore au voisinage des abcès, des tumeurs, dans les foyers hémorrhagiques, d'une façon plus discrète sur les coupes de muscles en voie d'atrophie par compression, exceptionnellement chez les amyotrophiques où elle relève alors non pas tant de l'affection musculaire que de l'état général du malade. C'est cette dégénérescence qui donne aux muscles, lorsqu'elle est assez abondante, la couleur rose jaunâtre, et une consistance molle assez caractéristique.
Lorsqu'elle n'intéresse pas le protoplasma d'une façon trop intense, celui-ci peut proliférer et former des cellules musculaires destinées à réparer la fibre détruite, sinon la fibre altérée disparaît définitivement, quitte au tissu conjonctif de combler le vide ainsi produit.
Nous renvoyons, pour ce qui concerne les lésions de la fibre musculaire, à ce que nous avons dit plus haut dans la première partie de cet article (voir p. 45).