A^JI^ANS
FiG. 78. — Tuberculose nodulaire du myocarde (Durante).
j), péricarde légèrement épaissi, mais sans infiltration tuberculeuse; e, tubercules avec de nombreuses cellules géantes; s, capsules fibreuses entourant le tubercule et s'infillrant en n, n, le long des travées conjonctivo-vasculaires. Quelques rares f.iisceaux musculaires (/■), atrophiés par compression, se retrouvent encore inclus dans cette capsule; n, m, petits nodules inflammatoires périvasculaires. — Grossissement de 25 diamètres.
Histologiquement, celte altération ne diffère en rien des lésions tuberculenses classiques, caractérisées par le nodule tuberculeux développé au sein du tissu conjonctif et enfermant des cellules géantes en plus ou moins grand nombre, avec des bacilles tuberculeux. Les nodules tuberculeux peuvent être, soit très rapprochés et perdus au milieu d'une infiltration interstitielle plus ou moins considérable, soit, parfois, nettement séparés les uns des autres, sans
infiltration cellulaire interstitielle, ainsi que Jolly en a signalé un exemple. Dans ce dernier cas, les bacilles seraient relativement rares.
On constate, parfois, en certains points, des hémorrhagies interstitielles plus ou inoins aliondantes, ainsi que les lésions vasculaires d'endo-et de périarlérite, qui accompagnent toute affection tuberculeuse.
A la périphérie du tubercule, les fibres musculaires, dissociées par de la sclérose ou une infiltration embryonnaire, perdent leur striation transversale, deviennent granuleuses ou subissent les dégénérescences graisseuse ou vitreuse, tandis que leurs noyaux multipliés envahissent le centre même de l'élément. Ces débris de substance contractile, semés de noyaux et destinés à disparaître bientôt, soit par dégénérescence, soit par phagocytose, pourraient en imposer pour des cellules géantes, mais se reconnaissent à leur siège dans une gaine de sarcolemme et à leurs réactions colorantes.
Dans le voisinage des tubercules en activité, en des points où il n'y
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79. — Coupe transversale au voisinage d'un tubercule musculaire (Durante).
Prolifération intra-fasciculaire du tissu interstitiel qui sépare toutes les fibres musculaires les unes des autres. Les noyaux des éléments striés se sont multipliés, mais demeurent encore, pour la plupart, superficiels, formant à chaque fibre une couronne péripliérique e. L'ensemble de la coupe rappelle une glande acineuse dont chaque acinus est représenté par une fihro avec sa couronne de noyaux.
TUBERCULOSE :?fi3
a pas encore de sclérose ni d'infiltration de petites cellules rondes, le tissu interstitiel fascicule, plus accusé que normalement, dissocie les fibres musculaires et les sépare nettement les unes des autres. A ce niveau, les fibres ne dégénèrent pas, mais leurs noyaux prolifèrent et, demeurant superficiels, leur constituent, sur les coupes transversales, une couronne presque régulière. Le faisceau, ainsi modifié, prend un aspect très particulier, que Ton ne saurait mieux comparer qu'à celui d'une glande acineuse dont chaque acinus serait représenté par une coupe de fibre musculaire revêtue de sa ceinture de noyaux (voir fig. "0).
Flfi. Xl) — Faiissps collulos v^ranlcs, ou eellulos géantes musculaires, a» vi)isinsi;e d'iiii foyer de Mivosite tulieiculeuse (Durante).
Les noyaux sont tatitùt accumulas en un point, tantôt inégalement répartis sur le puiirtom- do la cellule. Leur protoplasnia, qui conserve les réactions colorantes du sarcoplasma, peiiuet de les distinguer des cellules géantes vraies, d'origine conjonctive ou vasculaire. — /, tissu inflammatoire.
Cellules géantes. — Il importe d'attirer l'attention sur la nature des cellules géantes que l'on observe dans la tuberculose musculaire et qui sont de deux espèces bien distinctes.
a) La cellule géante tuberculeuse classique dérive le plus généralement des cellules conjonctives malades, qui réagissent et cherchent à remplir un rôle phagocytaire ou vaso-formatif.
Ces cellules géantes conjonctives ou tuberculeuses se retrouvent avec tous leurs caractères dans le muscle (voir fig. 74 et 78). Nous n'avons pas à reprendre ici leur description, qui a été donnée dans le premier volume de ce Traité.
b) Mais, à côté de ces éléments, on rencontre dans la tuberculose musculaire d'autres cellules géantes d'une tout autre nature. Dans certains points de la zone d'infiltration embryonnaire, tout ou partie
su ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU MUSCLE
des fibres striées qui ne paraissent avoir subi ni la dégénérescence vitreuse, ni la dégénérescence graisseuse, montrent une prolifération intense de leurs noyaux, tant à la surface que dans la profondeur, tandis que leur striation disparaît peu à peu. Le sarcolemme se trouve ainsi ne plus contenir que du protoplasma non différencié, finement grenu, bourré de noyaux et divisé en volumineux éléments irréguliers. Ces cellules géantes musculaires sont aisément reconnaissables tant qu'elles sont contenues dans une gaine de sarcolemme, mais si celte gaine vient à disparaître ou devient moins distincte, on comprend qu'il soit difficile, sinon même impossible, dans certains cas, de faire le départ, sur la bordure ou au milieu d'un tubercule, de ce qui est une cellule géante conjonctive d'avec une ancienne fibre musculaire qui, sur une coupe transversale, ne se montre plus que comme un amas de protoplasma mal limité, bourré de noyaux et perdu au milieu d'un tissu conjonctif infiltré de cellules rondes (voirfig. 80).
Le diagnostic pourra, toutefois, être même alors possible, en se basant sur le volume et la forme des noyaux, et surtout sur les réactions colorantes du sarcoplasma. qui demeurent longtemps encore caractéristiques.
Les tubercules musculaires présentent les mêmes variétés d'évolution que les tubercules des autres régions de l'organisme. Ils peuvent se caséifier, se scléroser et se transformer en un nodule fibreux, ou se <;a/c«'^^r. Lorsqu'ils confluent et se ramollissent, ils donnent naissance à des abcès tuberculeux, à évolution lente, et dont le volume ne dépasse généralement pas celui d'une noix.
;2° Myosife inflammatoire tuberculeuse.
Cette forme doit être distinguée de la précédente, dont elle diffère microscopiquement par ï absence de cellules géantes. On peut l'observer dans la tuberculose secondaire des muscles, ainsi que dans la tuberculose primitive (Delorme). Cette myosite inflammatoire peut se montrer, soit dans le voisinage des tubercules classiques, soit à l'état isolé en suite d'hémorrhagies ou d'arrêts locaux de la circulation.
Macroscopifjuemeîit, elle prend l'aspect d'un îlot de myosite aiguë non suppurée, ou se présente sous l'apparence d'une tumeur à centre ramolli, fongueux, rempli de sang, en rapport direct avec le muscle, ou séparée de celui-ci par une paroi assez bien limitée (myosite fongueuse de Delorme).