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TUBERCULOSE

fJislolofjiquement, il s'agit ici d'une simple myosite interstiUellc, dune intiltration de petites cellules rondes dans le tissu conjonctif sans tubercule, sans cellule géante. Dans un cas de Jolly, l'existence de bacilles fourmillant entre ces petites cellules a permis d'établir facilement le diagnostic. Mais lorsque ces bacilles sont rares, il peut être difficile d'affirmer la nature tuberculeuse si d'autres lésions voisines plus caractéristiques, ou si l'inoculation expérimentale ne viennent pas apporter des preuves décisives.

3° Myosite scléreuse ou ciitliose îuberculeuse.

La sclérose du muscle était connue dans le voisinage des tubercules ramollis, dont elle contribuait à former la paroi, la coque, ainsi que nous l'avons vu plus haut. Cette zone de sclérose est, dans ces conditions, semée le plus souvent de petits tubercules.

J. Ueverdin et Delorme, les premiers, l'ont signalée comme variété de tuberculose musculaire primitive; ultérieurement Lanz et de Quervain en ont apporté de nouveaux cas, et Cadiot et Roger ont décrit une forme analogue chez le cheval.

Macroscopiquement, le muscle est épaissi, ferme, pâle, de consistance lardacée ou fibroïde. L'aponévrose est généralement épaissie.

Histologiquement, la lésion débute par une infiltration de cellules éloilées et de leucocytes et aboutit à une sclérose diffuse, avec disparition des fibres musculaires. Souvent, au sein de cette sclérose plus ou moins avancée, on rencontre des nodules inflammatoires, quelques tubercules typiques, mais souvent aussi les tubercules semblent faire défaut, ou tout au moins sont si rares que ce n'est qu'après de nombreuses coupes que l'on parvient à en rencontrer; aussi hésite-t-on longtemps avant de savoir à quoi rapporter cette cirrhose comprenant tout ou partie du corps charnu.

Cette forme diffère à tel point, tant macroscopiquement qu'histologiquement, de ce que l'on observe habituellement, que l'on comprend qu'elle ait pu longtemps passer inaperçue. La tuberculose afiecte donc sur les muscles les mêmes variétés morphologiques que sur les autres organes, et l'on peut absolument assimiler cette troisième forme à la cirrhose tuberculeuse du foie, telle que Pilliet, dans sa thèse, l'a décrite chez l'homme et chez l'animal.

Cette sclérose peut provenir d'une véritable transformation fibreuse des tubercules ou d'une myosite inflammatoire tuberculeuse. C'est probablement le cas le plus fréquent. Mais, de même que dans le foie

ce sont les toxines tuberculeuses (jui semblent surtout actives pour déterminer la cirrhose, de même, dans le muscle, peut-on invoquer peut-être, parfois, l'action de ces mêmes toucines, ceci pour les cas où l'on ne trouve plus traces de tubercules, mais où des tubercules plus ou moins éloignés donnent seuls la preuve de la nature tuberculeuse de la lésion.

Cette cirrhoae musculaire tuberculeuse est importante à connaître, car pendant longtemps on l'a confondue avec la syphilis.

Il n'est pas, ici, inutile de signaler ce que l'on sait des rétrécissements du rectum. Ceux-ci sont anatomiquement caractérisés par un anneau fibreux, plus ou moins étendu, intéressant la muqueuse et le muscle sous-jacent. En dehors des traumatismes, on a longtemps considéré cette lésion comme d'origine toujours spécifique. Nous avons, en 4891, eu l'occasion d'en étudier un cas, opéré par résection du rectum, où, dans la profondeur de l'anneau fibreux, existaient, histologiquement, des nodules tuberculeux indubitables. Rien, cliniquement,- n'avait fait songer à la tuberculose. Sourdille, en 1895, a réuni, dans un travail d'ensemble, un grand nombre de cas de rétrécissement du rectum, histologiquement tuberculeux. Aujourd'hui, on reconnaît que la tuberculose entre pour une certaine proportion comme cause de cette affection.

Ce que nous venons de voir montre que l'examen histologique seul ne permet pas de trancher la question, qu'il existe des scléroses musculaires d'origine tuberculeuse, sans tubercules ou avec des tubercules si rares qu'ils passent aisément inaperçus. L'absence de tubercules ne suffit donc pas pour conclure à la syphilis; aussi, en l'absence de gommes et de tubercules, si les lésions vasculaires ne permettent pas de trancher la question en faveur de la spécificité, et à moins d'inoculations expérimentales positives, ne peut-on que rester sur une prudente réserve, puisque la tuberculose aussi bien que la syphilis, sont susceptibles de déterminer dans les muscles les mêmes lésions de sclérose pure sans signature histologique.

Dans un cas de lèpre tuberculeuse, Fujianami a constaté une myosite interstitielle caractérisée par une infiltration de petites cellules rondes et de cellules adipeuses entre les fibres musculaires dont les unes étaient atrophiées, les autres en dégérescence granuleuse ou pigmentaire. Les noyaux des fibres atrophiées étaient augmentés de nombre et de volume et se transformaient en véritables noyaux géants surchargés de chromatine.

SYPHILIS 3fi7

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