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SIÈGK DE LA TRICHINE

de Rupprecht, correspond à l'enkystement des parasites dans les muscles et se traduit cliniquement par la disparition des phénomènes graves aigus, et la convalescence. Elle peut débuter dès le dixième ou quinzième jour ou se faire attendre près de trois mois, par suite de la ponte successive des nombreuses trichines fixées dans l'épaisseur des parois intestinales.

Dès la fin de la cinquième semaine, les muscles présentent à l'œil nu de fines stries gris clair, de 5 millimètres à 2 millimètres de long.

Siège de la trichine.

Tous les muscles ne sont pas envahis à un degré égal par les trichines. Ceux qui sont, en général, le plus fortement infestés sont : le diaphragme, les intercostaux, les muscles de la région cervicale, ceux de l'œil, du larynx, de la base de la langue. La moitié supérieure du corps est habituellement plus abondamment contaminée que la moitié inférieure. Enfin, dans chaiiue muscle, les parasites sont plus nombreux dans le voisinage des tendons, point où tout en y trouvant encore des fibres striées, ils sont moins incommodés par la contraction musculaire.

Le cœur peut être intéressé, mais c'est exceptionnel (Blizard, Curling, lùichenmeister, Zenker, Forster).

Nous avons vu, plus haut, que les muscles ne sont pas les seuls organes où puissent se rencontrer les trichines, et que l'on en a observé également dans le tissu cellulaire, dans les grandes séreuses et dans les tendons.

Chaque muscle, dans les cas graves, peut contenir un nombre énorme de trichines. Leuckart en a compté de douze cents à quinze cents dans 1 gramme de chair musculaire, et estime à trente milHons les trichines contenues dans tout l'individu. Ce cas n'est pas le plus abondant en parasites, et Cobbold évalue à cent millions le nombre de trichines existant dans le cadavre qu'il a observé.

Ces chiffres formidables ne correspondent qu'aux cas graves et aigus. Souvent l'infection beaucoup plus modérée passe inaperçue ou ne donne lieu qu'à des symptômes incomplets; les trichines sont alors une trouvaille d'autopsie, et de longues et minutieuses recherches sont parfois nécessaires pour les mettre en évidence. On a conseillé, pour établir le diagnostic au lit du malade, de prélever, de préférence sur le membre supérieur, un fragment de muscle soit au moyen du har-

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pon, soit par une incision à ciel ouvert. La constatation d'une seule trichine établirait le diagnostic. Mais, dans les cas douteux où les trichines sont rares, on a peu de chances d'en rencontrer dans un fragment aussi restreint que ceux que l'on recueille par biopsie, aussi les résultats négatifs obtenus par l'examen hislologique ne sauraientils permettre d'éliminer le diagnostic de trichinose.

Évolution de la trichine dans le muscle.

Nous avons vu l'embryon arriver dans le muscle par la voie sanguine, et tomber, après rupture de la paroi des capillaires, dans les tissus voisins, où il s'enkystera afin d'achever son développement larvaire, puis attendra, dans une vie latente, une occasion favorable pour passer à l'état adulte dans un hôte nouveau et y donner naissance à de nouveaux embryons.

Les rapports de ce kyste avec les tissus voisins, la nature des éléments qui le constituent, son mode de développement, ont donné naissance à deux théories.

Pour les uns, avec Chatin, Fourment, Delavau, l'embryon se loge, non pas dans la fibre musculaire, mais dans le tissu conjonctif. C'est le tissu interstitiel qui serait son habitat normal, et c'est aux dépens de ce tissu que se formerait le kyste. Ces auteurs s'appuient, pour soutenir cette théorie, sur la présence parfois signalée de trichines en dehors des muscles, dans la tunique celluleuse de l'intestin, dans le pannicule adipeux, dans les ganglions et dans les tendons.

Virchow, ayant le premier constaté la pénétration de l'embryon dam la fibre musculaire, soutient, au contraire, que la substance striée est l'habitat d'élection de la jeune trichine et que le kyste est dû à une modification de cette fibre en dedans du sarcolemme. Cette théorie, qu'adoptèrent Gohnheim, Leuckart, Heller, s'est trouvée en défaveur pendant quelques années. Mais, remise aujourd'hui en honneur à la suite des travaux plus récents de Nonne et Hœpner, Soudakewitch, Volkmann, Langerhans, Ehrhardt, Curschmann, elle tend à être généralement admise. Dans les coupes que nous avons faites sur une langue de rat obligeamment mise à notre disposition par le professeur Nocard, on peut s'assurer (voir fig. 84 et 85) que plusieurs kystes sont nettement inclus à l'intérieur des fibres musculaires.

Il ne faut cependant pas être trop exclusif. Le muscle est l'habitat par excellence de la larve de trichine. Au sein du muscle, c'est dans l'élément noble, dans la fibre contractile que pénètre presque unique-

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