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DÉGÉNÉRESCENCE GRAISSEUSE

informe contenant une grande quantité de granulations et de gouttelettes graisseuses, qui disparaissent peu à peu, sont résorbées ou passent dans le tissu conjonctif voisin où on les retrouve et ne laissent, enfin, que le sarcolemme vide, revenu sur lui-même. C'est principalement dans les tumeurs des muscles et dans les faisceaux musculaires comprimés que l'on peut suivre ces modifications en détail.

La dégénérescence graisseuse pure est relativement rare. Le plus souvent elle apparaît dans des fibres déjà malades dont elle vient compliquer et aggraver l'état pathologique primitif.

Dans la tuméfaction trouble, suite de compression ou de maladie générale, l'apparition de granulations graisseuses est presque de règle au bout d'un certain temps (dégénérescence granulo-graisseuse); celles-ci se multiplient, l'emportent bientôt sur les granulations protéiques et finissent par envahir tout le sarcoplasmahyperplasié qui s'atrophie et disparaît alors peu à peu par résorption progressive.

Dans la désintégration granuleuse, la dégénérescence graisseuse liàte et fig. 7. - Baïui^s à noyaux muiui.ies,

'' amas plasmodiaiix miisciilairos on di;-

facilite l'élimination du magma mortifié t^éncresccnce graisseuse dans un

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contenu dans la game du sarcolemme. ((;ornii).-Giossissoment de ioo dia-

Les fibres en voie d'atrophie simple ^nbiTcs peuvent être atteintes de dégénérescence graisseuse comme les autres, mais dans les amyotrophies myopathiques ou myélopathiques cette lésion surajoutée relève avant tout de la cachexie, d'une maladie infectieuse ou de toute autre cause venant compliquer l'état général et agissant sur les fibres atrophiées comme sur les autres.

Enfin la dégénérescence graisseuse peut se dévelop[tcr, non plus dans la fibre striée, mais dans le sarcoplasma revenu à l'état (ie cellules musculaires individualisées, ou à l'état d'amas plasmodiaux, de bandes à noyaux multiples, etc., etc. (voirfig. 7). — Dans la dégénérescence cireuse avancée et au cours de la régénération de la fibre, la dégénérescence de quelques-uns de ces éléments est presque constante et sans inconvénients vu le nombre des cellules néoformées. Mais généralisée à toutes ces cellules, elle entrave définitivement toute néoformation ultérieure. Les éléments atteints se remplissent de

granulations irrégulières que colore en noir l'acide osmique, puis s'atrophient progressivement et disparaissent. — Dans un cas d'atrophie musculaire myélopathique chez un enfant, nous avons pu observer un retour très net du sarcoplasma à l'état cellulaire précédant la dégénérescence graisseuse qui n'intéressait plus que de longues cellules fusiformes à gros noyau, accolées les unes aux autres et remplissant la gaine du sarcolemme.

La dégénérescence graisseuse est, avec la tuméfaction trouble, l'altération qui s'observe le plus fréquemment. On la rencontre dans les maladies infectieuses et dans les intoxications, particulièrement celles par le phosphore et l'arsenic, dans les fibres qui occupent le fond des plaies intéressant un muscle, dans le voisinage des tumeurs et dans tous les points où le muscle subit une compression quelconque. Elle est très prononcée dans les myosites infectieuses. Par contre, M. Cornil ne l'a pas observée dans un cas d'infarctus blanc consécutif à l'oblitération artérielle par une embolie. Enfin, elle constitue une des altérations fréquemment signalées dans les amyotrophies, myélopathiques et myopathiques, ainsi que nous le verrons plus loin. Cependant, comme elle n'apparaît pas à la suite de lésions nerveuses, il est à présumer qu'elle représente bien moins une lésion propre au seul processus amyotrophique que le résultat de l'état cachectique ou de la maladie infectieuse à laquelle a succombé le malade. Le processus amyotrophique, en effet, donne bien plutôt naissance à la transformation adipeuse qu'à la dégénérescence graisseuse, et son altération primordiale est, avant tout, la tuméfaction trouble et l'atrophie simple.

D'après quelques auteurs, la dégénérescence graisseuse serait moins rapide lorsqu'elle frappe une fibre en voie d'atrophie simple, que lorsqu'elle apparaît d'emblée dans un élément normal. La résorption plus lente permettrait à l'élément de réagir et Ton observerait généralement une prolifération plus intense des noyaux rendant possible une régénération ultérieure s'ils ne subissent pas également la même dégénérescence. Cette multiplication des noyaux nous paraît dépendre, dans ce cas, non pas de la dégénérescence graisseuse, mais de l'atrophie simple qui précédait la dégénérescence.

La dégénérescence graisseuse existe également dans les fibres musculaires lisses. On la constate, en particulier, au cours de l'atrophie et de la régression utérine. Elle joue un grand rôle dans l'athérome, les anévrysmes, etc., etc. (Cornil). On trouvera aux articles Utérus, Vaisseaux, Intestin, etc., etc., tous les détails concernant ce sujet.

DÉGÉiNÉKESCKiSCK VITHEUSE OU ClUEUSK 13

Nous parlerons plus loin, à propos de la Régression cellulaire el des Amyotrophies (\o\v p. 104 et 199), d'une transformation adipeuse de la fibre musculaire, qu'il faut distinguer de la dégénérescence. Dans ce cas, le myoplasma disparaît par suite d'un autre processus. Le sarcoplasma se subdivise en un certain nombre de cellules musculaires qui, conservant chacune leur noyau intact, se chargent d'une grosse gouttelette de graisse et prennent ainsi l'apparence de véritables cellules adipeuses, échelonnées en plus ou moins grand nombre dans l'espace qu'occupait antérieurement la fibre primitive. Dans cette transformation adipeuse, la graisse reste à l'état fixe à l'intérieur de ces éléments modifiés mais demeurés vivants. Dans la dégénérescence graisseuse, au contraire, la cellule musculaire altérée meurt et finit par être résorbée avec tous ses produits de désintégration.

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