‹ Manuel d'histologie pathologiqueChapitre 89 sur 205 · SAIS G · texte numérisé non relu

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de neutraliser dans une certaine mesure les poisons formés dans l'organisme ou en dehors de lui.

Le sang est ainsi le véritable carrefour de toutes les fonctions de l'organisme. L'étude de ses lésions a donc une importance toute particulière en pathologie. Or, pour faire l'examen histologique du sang, il suffit d'une goutte de ce liquide, ce qui est une chose toujours facile à obtenir sur l'animal et sur l'homme pendant la vie. C'est donc une pièce anatomique recueillie sur le vivant, mais souvent plus précieuse encore que la salive, l'expectoration bronciiiqiie, les urines, les fèces, etc., parce qu'elle représente un tissu actif et vivant, et non des déchets.

Chez l'homme, à moins d'indications spéciales (1), on doit faire la piqûre au doigt, à la face dorsale de la dernière phalange (2). Si on reçoit la goutte de sang sur une lame, et si après l'avoir recouverte d'une lamelle on borde à la paraffine la préparation ainsi faite et l'examine au microscoiie, à un grossissement suffisant, on voit, suspendus dans un liquide incolore, le plasma sanguin, un très grand nombre de petits corpuscules qui sont les globules du sang. La plupart sont de couleur jaune et ont la forme de petits disques déprimés sur leurs deux faces ; ce sont les globules rouges; ils sont souvent accolés par leurs faces et forment ainsi des piles qui présentent à l'observateur le bord des globules; ces piles se réunissent par leurs extrémités sous des angles variés et limitent des espaces remplis de plasma. C'est dans ces espaces libres que se trouvent d'autres globules, beaucoup moins nombreux, incolores, sphériques, très réfringents, à surface grenue; ce sont les globules blancs ou leucocytes, cellules mobiles capables de pousser des pseudopodes et de se déplacer.

A côté de ces globules, on voit dans la goutte de sang un nombre variable de granulations beaucoup plus petites, incolores, ayant à peu près la même réfringence que les globules blancs et qui sont les gra-

(1) Chez les tout jeunes enfants par exemple, il vaut mieux faire la piqûre ù la face dorsale de la dernière phalange du gros orteil.

(2) Et non à la face palmaire. La piqiàre est beaucoup moins douloureuse, les terminaisons nerveuses étant surtout riches à la face palmaire. A la face dorsale, la piqûre est faite sur un plan résistant, on est donc plus maître; la petite plaie est moins exposée aux frottements, et comme c'est la pulpe du doigt surtout qui contient le sang, on peut, par pression de la pulpe, augmenter ou arrêter à son gré la petite hémorragie. Le doigt est nettoyé avec soin, passé à l'alcool et à l'éther et essuyé avec un linge propre et sec. La peau doit être absolument sèche lorsqu'on fait la piqûre; il ne faut pas malaxer le doigt pour faire sortir la goutte de sang; il faut se contenter d'une légère pression à la face palmaire.

nnlations libres. Si, recueillant une autre goutte de sang, on l'étalé sur une lame, la dessèche par agitation, et qu'on fixe et colore la préparation ainsi faite, on s'apercevra que les globules blancs contiennent un noyau, tandis que les globules rouges et les granulations libres n'en possèdent pas. Seuls, des éléments figurés du sang, les globules blancs ont donc la valeur de véritables cellules. Il n'en est plus de même chez les oiseaux, les reptiles, les batraciens et les poissons, chez lesquels les globules rouges sont elliptiques et possèdent un noyau.

Les altérations du sang peuvent porter sur les éléments figurés ou sur le plasma.

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