PREMIÈRE SÉRIE
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1ÆB PHILOSOPHES.
Par leur genre d’études abstraites et contemplatives, les philosophes tiennent dans un exercice continuel les organes de l’intelligence. Toujours préoccupés du but da leurs recherches, peu soigneux de leur corps , de leur santé, et, à plus forte raison, négligeant près que toutes les mesures de propreté, ils sont sujets à perdre leurs dents, soit par incurie, soit par suite de surexcitation nerveuse. On m’objectera que Platon, le roi des philosophes.
était beau comme Apollon et fort comme un athlète ; mais je puis répondre que l’école cynique et même celle de Pythagore s’occupaient peu de conserver la santé et la beauté du corps. Cette négligence a été contagieuse; elle semble s’être perpétuée par tradition, car les philosophes du xvm e siècle, sauf quelques exceptions, et mêmes les philosophes de nos jours, se préoccupent rarement des soins corporels. On sait cependant que la propreté est le premier agent conservateur des dents ; que ces organes exigent des soins particuliers, quotidiens, incessants j si on veut les maintenir dans leur beauté primitive. En outre, les occupations intellectuelles des philosophes absorbent tellement les forces physiques du cerveau , qu’il y a presque toujours irritation dans cette partie de leur être. Aussi je conseille aux successeurs de Platon et de Socrate de modérer leurs études, de tâcher de mettre quelques intervalles entre les heures consacrées à leurs travaux; je leur prescris, avant tout, la propreté de la bouche, s’ils tiennent à ne pas être édentés dans la force dé l’âge; il ne convient pas que des hommes qui s’occupent principalement de l’étude de la Divinité,
du monde, de leurs semblables, se montrent insouciants pour la conservation des dents, indispensables à la beauté du visage : il ne suffît pas d’embellir l’esprit par des connaissances acquises, d’enrichir l’âme par la pratique de la vertu, il faut encore maintenir les dons physiques qui nous o nt été accordés par la Providence dans le plus bel état de conservation possible.
Repos, surtout propreté, lotions quotidiennes à la bouche, régime doux , voilà où se borne l’hygiène dentaire pour les philosophes.