‹ Manuel d'hygiène dentaire à l'usage de toutes les classes et de toutes les professionsChapitre 40 sur 118 · AUTEURS DRAMATIQUES · texte numérisé non relu

AUTEURS DRAMATIQUES

Les auteurs dramatiques composent leurs pièces de théâtre en vers ou en prose :

Ceux qui écrivent en vers, appartiennent sans contredit à la catégorie des poètes : ceux qui s’en tiennent à l’humble prose doivent être classés parmi les littérateurs. Cependant les auteurs qui font parler à l’antique Melpopomène le beau langage de la tragédie, ou qui font hurler le mélodrame sur les boulevards, sont sujets à des affections dentaires qui leur sont particulières, qui ont pour cause, pour

principe , le genre de vie qu’ils adoptent ordinairement.

Les auteurs dramatiques, poètes et prosateurs , je n’établis aucune distinction , font de la nuit le jour , c’est-à-dire qu’ils veillent lorsque le commun des mortels se livre aux douceurs du sommeil, et dorment lorsque nous nons livrons à nos occupations habituelles. Ils vont tous les soirs au théâtre pour voir jouer leurs pièces ou celles de leurs confrères : or , tout le monde sait que les théâtres ne se ferment guère qu’à minuit -, que les acteurs vont alors dîner à la lueur des flambeaux. Les auteurs dramatiques prennent par besoin ou par inclination les habitudes des comédiens -, certes, il n’est pas difficile de prévoir qu’avec un genre de vie si contraire au maintien de l’équilibre des forces vitales, les auteurs dramatiques doivent être sujets à mille affections diverses. Chez eux la bouche est ordinairement très échauffée : j’ai eu occasion de donner mes soins à quelques-unes des célébrités de la scène française, dont les dents étaient dans 1e plus triste état. Les aphtes , les fluxions, l’ébranlement des organes dentaires, le tartre, la carie.

tels sont les symptômes effrayants que j’ai remarqués chez les auteurs dramatiques qui ont eu recours à mes soins. Je les ai promptement soulagés en leur prescrivant un régime sévère; en leur imposant le devoir de ne pas trop prolonger leurs veilles, de s’abstenir des substances qui excitent les nerfs et mettent le sang en révolution. Je leur conseille aussi les lotions souvent réitérées plusieurs fois le jour, en s’aidant d’une brosse légèrement saupoudrée de dentifrices dont ils auront préalablement reconnu les effets salutaires. Quelques-uns d’entr’eux se sont fort bien trouvés de l’usage constant de mon eau Rogers. Quelquefois les atteintes sont si profondes, si invétérées, que ni la brosse, ni les lotions , ni les dentifrices ne pourraient arrêter lés lésions dans leurs progrès; il faut alors se hâter de recourir à l’art du dentiste , et faire netfoyer son râtelier plusieurs fois l’an, jusqu’à ce que les moindres traces du principe délétère aient disparu.

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