LES FABRICANTS
Condamnés à demeurer presque toute la journée avec leurs ouvriers, à surveiller leurs travaux, les fabricants ou chefs de fabrique partagent les maladies des personnes qu’ils ont sous leur direction.
Ainsi, les fabricants de drap , les filaleurs de coton, sont affligés d’ophthalmies chroniques, de l’étiolement des tissus, de violents maux de tête, et d’odontalgies qui entraînent parfois la chute des dents.
Les papetiers contractent, dans les lieux bas et humides où, le plus souvent, sont situées leurs fabriques, des fluxions, des tumeurs scrofuleuses qui engendrent des nécroses dans la région buccale.
Les chefs de fabrique où on fond , où on élabore les métaux, sont continuellement exposés aux coups d’air qu’on doit généralement assigner pour cause première aux nombreuses variétés d’odontalgies.
Aux premiers , qui vivent dans des lieux étroits et confinés , je conseille d’aérer l’endroit qu’ils habitent, de faire usage de composés chimiques absorbants, désinfectants, surtout dans les cas où les émanations animales auraient lieu. Je leur conseille aussi, tant dans leur intérêt que celui de leurs ouvriers d’agrandir leurs ateliers , de telle sorte que 24 mètres cubes d’air soient répartis entre chaque personne.
Aux seconds , qui vivent dans une atmosphère chaude et brûlante, je conseille des ventilateurs qui fassent circuler, en quantité suffisante, un air frais et pur.
Des boissons rafraîchissantes alternées avec des boissons alcooliques.
On compte encore quelques autres catégories de fabricants qui ont à diriger des ateliers infectés de corps pulvérulents , de corpuscules fins et déliés, de nature végétale, animale ou minérale; de vapeurs mercurielles, saturnines ou cuivreuses. Je leur conseille, lorsqu’ils entrent dans leurs fabriques de se couvrir de tissus légers , â mailles très rapprochées, devant la bouche , le nez, les yeux et les oreilles ;
D’établir des courants d’air convenablement disposés ;
D’entretenir, avec les plus grands soins, la propreté du corps, des mains , et du visage surtout.
Ces précautions observées régulièrement, leur épargneront de violents maux de dents; une triste expérience doit leur avoir appris combien
les vapeui’s mercurielles et cuivreuses sont funestes aux organes dentaires. Qu’ils se précautionnent donc contre ce poison subtil, et que leur exemple, suivi par les ouvriers , lès préserve aussi des déplorables affections qui résistent le plus souvent aux remèdes les plus efficaces, et à tous les moyens inventés par la médecine et la chirurgie dentaires.