LES CHARBONNIERS ET LES RAMONEURS
On croit généralement que le charbon et la suie sont très propres â nettoyer les dents, parce que les incisives des charbonniers et des ramoneurs paraissent d’une éclatante blancheur. On ne remarque pas que cet éclat apparent n’est que l’effet produit par la noirceur du visage, et le contraste. Cependant on ne peut nier que le charbon ne purifie les gencives ; mais on ne doit pas conclure de cette vertu du charbon , que ses émanations soient propices aux dénis. En effet, cés émanations sont sulfureuses, et tout le monde sait que rien plus que le soufre n’âltère l’émail des dents.
La suie est une des substances les plus acides, les plus corrosives que nous connaissions. Il ne
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faut pas donc se fier à la blancheur des dentg des ramoneurs; si on les examine de plus près, on verra le plus souvent qu’elles sont rongées par la carie ou envahies par des couches de tartre rougeâtre.
L’hygiène dentaire se borne à prescrire aux charbonniers et aux ramoneurs des frictions quotidiennes avec des dentifrices à l’état solide ou liquide ; c’est le plus sûr moyen d’enlever les molécules de substances délétères qui s’infiltrent dans les interstices des dents et y engendrent toutes les variétés de carie.
J’aurais encore à parler de quelques autres catégories d’artisans; à dire, par exemple que les chapeliers, les boyaudiers , les fondeurs de suif, les fabricants de chandelles , sont sujets à des toux sèches , persistantes ; aux odontalgies nerveuses, â la carie humide. Mais je crains que mes lecteurs ne trouvent cette énumération trop longue, et avec d’autant plus de raison, que les affections dentaires se ressemblent beaucoup , à quelques légères modifications près. J’ai voulu
pourtant que chaque artisan trouvât dans mon Manuel des conseils et des remèdes appropriés à la profession qu’il exerce , et pour cela je suis entré dans de nombreux détails. Si quelqu’un me blâmait d’avoir consacré tant de pages aux maladies dentaires des ouvriers. je leur répondrais que, de tout temps , on s’est beaucoup occupé de l’hygiène générale des artisans : il fallait que 1 art du dentiste payât aussi sa dette à cette classe si nombreuse et si intéressante de la société!...
Au reste, voici comment le célèbre Ramanzini s’exprime dans la préface de son livre.