LADIES DE TOUS LES ARTISANS
En4540,i! parut un livreintitul êlaMédecine,la Chirurgie et la Pharmacie des pauvres. On trouvé dans le second volume de cet ouvragé des détails assez étendus et qui comprennent environ cent quarante pages sur les maladies des artisans.
Le Dictionnaire de santé , par deux médecins, livré au public en 4760, offre dans le second volume, à l’article maladies des artisans, environ cinquante pages sur cet objet : les artisans y sont rangés par ordre alphabétique.
Le docteur Nicolas Skragge soutint à Upsal en 1764, une thèse surles maladies des artisans; on la trouve dans le septième volume de amcenitates academicœ.
Le docteur Bucbau parle aussi des maladies des artisans dans son traité de médecine domestique ; il s’occupe aussi des soldats et des gens de mer.
Cardan Droet, Avicenne, Craton, Citois, Gardoue ont beaucoup écrit sur les maladies des peintres, des potiers, des ouvriers en plomb.
Enfin, l’ouvrage le plus spécial et le plus complet, est sans contredit l’essai sur les maladies des artisans, par Ramanzini, qui fut traduit en 1768 par M. deFourcroy.
Le témoignage de Ramanzini, un des plus célèbres médecins de son temps, l’immense succès de son livre qui fut traduit en peu de temps dans toutes les langues de l’Europe, prouvent, d’une manière incontestable, l’importance que l’on doit attacher à l’étude des maladies des ouvriers.
Le docteur italien eut de nombreux imitateurs; à la longue liste des auteurs que je viens de donner, il faut ajouter le nom de l’immortel Tissot, auteur des Conseils au peuple-, et de nos jours, ne compte-t-on pas des médecins très renommés qui descendent humblement des hautes régions de la science pour étudier les spécialités ? Je déclare que j’ai traité avec quelque prédilection cette partie de l’hygiène dentaire. Je regrette que le cadre de mon ouvrage ne me permette pas de m’étendre davantage. Il m’eût été facile de faire de grandes divisions et puis des subdivisions ; mais j’ai mieux aimé suivre l’ordre de mes recherches et de mes études. Si mon Manuel eût été spécialement consacré aux artisans, voici comment j’aurais procédé.
Sous le titre des maladies causées par les vapeurs ou molécules minérales, j’aurais pu comprendre les mineurs , les doreurs, les potiers de terre.
Sous celui des maladies causées par des vapeurs ou des molécules végétales, j’aurais rangé les parfumeurs , les ouvriers en tabac, les cabaretiers, et tous les ouvriers s’exposant aux vapeurs du charbon.
Dans le troisième, qui traiterait des maladies causées par des vapeurs ou des molécules animales , seraient placés les corroyeurs, les bouchers, les cuisiniers, etc.
Le quatrième ordre, ou maladies causées par des vapeurs ou molécules des trois règnes , mêlées ensemble, renfermerait les chimistes, et tous ceux en général qui emploient des substances des trois règnes dans leurs travaux, et qui sont exposés aux vapeurs malfaisantes qui s’en élèvent.
Le cinquième ordre, exposerait les maladies de tous les ouvriers que leur travail force d’être le plus souvent assis, et d’exercer en même temps d’autres parties. Tels sont lès écrivains, les tailleurs, les ouvriers à l’aiguille, etc.
Dans le sixième ordre, ou maladies causées par la station trop longtemps prolongée, vieil-
draient naturellement les croeheteurs, les menuisiers, etc.
Dans le septième ordre, on traiterait des maladies causées par la trop grande application des yeux; on s’occuperait des horlogers, des joailliers, et en général de tous les ouvriers en petits objets.
Dans le huitième ordre, on parlerait des maladies produites par un trop violent et trop long exercice de la voix ; on serait conduit à traiter de celles des chanteurs, des crieurs publics, des joueurs d’instruments à vent.
On comprendrait, dans le neuvième ordre, tous les artisans que leur profession oblige à respirer des vapeurs ou des molécules nuisibles, et qui sont par conséquent exposés aux mêmes maladies que tous ceux des classes précédentes, comme les boulangers, les amidonniers, les blanchisseuses, les pêcheurs, les soldats, les matelots.
En suivant ces divisions, il. y aurait très peu d’artisans qui ne pussent être rangés dans une place convenable. Mais j’ai écrit mon Manuel pour toutes les classes de la société et non pas seulement pour les ouvriers. Le plan et les divisions que je viens d’exposer, m’entraîneraient hors des bornes que je me suis prescrites. D’ail-
leurs, j’ai enrore à éludier l’hygiène dentaire appliquée à tous les âges de la vie; l’hygiène dentaire, à l’usage des daines ; l’influence qu'exerce, le plus souvent, l’éducation morale sur tous les organes, et l’urgence qu’il y a de recourir à un mode sûr de remplacer les dents artificiellement, lorsqu’elles sont gâtées et hors d’usage.