SOIS-GENRE SAUMON. — SÀLMO
Tête; vomer à chevron pentagonal, plus long que large, portant chez les jeunes une rangée de dents transversale, à corps sans carène bien saillante, denté chez les jeunes ; les dents sont caduques, manquent parfois complètement, chez les adultes.
LE SAUMON COMMUN. — SALMO SALAR.
Poiss. France, t. III, p. o2o, fig. 206 jeune Saumon, et Suppl., p. 124.
N. vulg. : Soumon, Haute-Loire; le jeune Saumon est appelé : Renay en Lorraine; Taconnet dans le Morvan ; Tocan ou Tacon en Auvergne, etc. ; le mâle à mandibule crochue est le Bécard.
Long. : 0,50 à 1,00 et plus.
La hauteur du tronc est contenue quatre fois et trois quarts à six fois dans la longueur totale. — La tête est conique; chez les adultes, sa longueur présente à peu près les mêmes proportions que la hauteur du corps ; la bouche est largement ouverte : la mâchoire supérieure est ordinairement un peu plus avancée que la mandibule, armées Tune et l'autre de fortes
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dcnls coniques; les palatins ont une rangée de dents pointues; la langue est munie de chaque coté de trois ou quatre dents aiguës; le vomer est parfois complètement édenté, et sur le milieu du corps, il ne reste plus trace de carène; ordinairement il existe quelques dents sur le corps du vomer et sur le chevron, qui est pentagonal, ou plutôt sur la ligne qui Tunit au corps de Tos; chez les jeunes, il y a une rangée transversale de plusieurs dents sur le chevron et une ou deux rangées sur le corps. Le maxillaire supérieur, chez les Tacons, est plus long que Tespèce préorbi taire, mais chez les adultes les proportions changent, la longueur du maxillaire devient égale à celle de Tespace préorbitaire, puis elle arrive à être moins grande. Le
1 diamètre de l'œil, suivant la taille des animaux, est compris de quatre à neuf fois dans la longueur de la tète ; il est, excepté chez les très jeunes, plus petit que Tespace préorbitaire, qui
i est, en général, un peu moins grand que l'espace interorbi-
i taire. — L'opercule est marqué de stries, dirigées les unes vers son bord postérieur, les autres vers son bord inférieur ; il forme ' avec le sous-opercule une plaque à bord postérieur sensiblement demi-circulaire; Tangle postérieur et inférieur de l'opercule est généralement un peu plus rapproché de la commissure supérieure de la fente branchiale que de l'angle antérieur et inférieur du sous-opercule. La distance du bord postérieur de l'orbite au bord postérieur du préopercule est moindre que r l'espace préorbitaire. — La ligne latérale est un peu plus i rapprochée du dos que du ventre. Ec, 1. long. 120 à 130; 1. Iransv. 40 à 49. — La l'*' dorsale est trapézoïde ; la caudale est fort échancrée chez les jeunes.
Br. 11.— D. 14 à 17—0; A. 10 à 12; C. 20; P. 13 ou 14; V. 7 à 9.
j Le dos est bleu ardoisé, les tlancs sont d'un gris argenté; le ventre est argenté ; des taches noirâtres, plus ou moins arrondies, se montrent sur les pièces operculaires, d'autres en X, plus ou moins nombreuses, existent sur le corps, principalement au-dessus de la ligne latérale. La dorsale et la caudale sont d'un gris plus ou moins foncé; les nageoires paires ont les rayons externes noirâtres, les autres gris ou blanchâtres. Au moment du frai, des taches rougeâtres marquent le dos, les
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tlancs, les pièces operculaires. Chez les jeunes, la coloration est très variable; il y a sur les côtés des bandes verticales obscures, des taches noirâtres, rougeâtres.
Habitat. Le Saumon se trouve dans la plupart de nos rivières qui se jettent dans la Manche el. dans rOcéan. En 1882, j'ai reçu trois Saumoneaux, péchés dans la Méditerranée, entre Cette et Agde, du 14 au 18 mai.
L'histoire du Saumon ne nous est pas complètement connue; il serait donc prudent de ne pas y mêler le paradoxe pour la rendre encore plus obscure qu'elle Test déjà. — Certains auteurs prétendent que les Saumons n'entrent pas dans les fleuves pour y frayer. Dans quel but alors? Les sujets frappés de stérilité restent à la mer (cette stérilité est peut-être la cause du séjour très prolongé que font certains SmoUs dans les eaux saumàtres), mais ils sont anadromes dès qu'ils deviennent aptes à se reproduire; chez la plupart d'entre eux la stérilité paraît temporaire. — A moins d'obstacles qu'ils ne peuvent franchir, les Poissons, pour frayer, remontent très haut dans les rivières. L'eau douce n'exerce sur eux aucuue action débilitante, ainsi qu'on l'affirme; si quelque temps après leur entrée dans les fleuves, ils subissent de notables changements dans leur système de coloration, s'ils éprouvent un amaigrissement sensible, ces modifications dans leur état général ne sont pas causées par l'influence de l'eau douce, mais proviennent des conditions physiologiques dans lesquelles ils se trouvent; plus approche l'époque du frai, plus sont marqués les symptômes de dépérissement; après avoir accompli l'acte de la reproduction, les mâles ont perdu jusqu'à moitié de leur poids et les femelles plus d'un tiers, suivant M. l'ingénieur Caméré (Dépouillement des renseignements fournis par les différents services des Ponts et Chaussées dressé par M. l'ingénieur R. Denys, Épinal, 1889, p. 54). — Ces individus épuisés peuvent, on l'a nettement constaté, réparer en partie leurs forces, avant de regagner la mer.
L'eau de source encore est si loin d'avoir une action toxique sur les adultes et d'être nuisible au développement des jeunes que les reproducteurs choisissent souvent pour établir leurs frayères, les endroits du lit des fleuves où viennent sourdre les eaux fraîches; ainsi dans l'arrondissement de Blois au pont de Muides, les Saumons fraient sur des bancs de gravier où l'eau est courante; il y a des sources d'eau calcaire fraîche venant des coteaux. C'est la seule frayère signalée entre l'embouchure (de la Loire) etDigoin [loc. cit., p. 23). — M. l'ingénieur en chef Caméré {loc. cit., p. 52) nous
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apprend que dans le déparlement de l'Eure et de la Seine-Inférieure, les points où fraient les Saumons, sont situés dans les parties du lit où émergent des eaux artésiennes qu'accompagnent toujours des dépôts calcaires, assez friables, connus sous le nom de falaises.
Les Saumons, l'expérience en a été faite, peuvent à la rigueur, sans aller à la mer, vivre en eau douce et même s'y reproduire. — En avril 1857, écrit le D'^ Jules Cloquet, plusieurs milliers de Saumons furent mis, par M. Coste, dans l'étang de Saint-Gucufa. Ces Poissons, péchés en 1850, âgés de vingt-deux mois, pèsent en moyenne 120 grammes et ont une longueur de 25 à 30 centimètres. Ce n'est pas sans surprise que M. Coste a constaté que tous ces Poissons sont en pleine reproduction. Les femelles avaient leurs œufs à maturité, et des fécondations artificielles ont été faites avec succès. La reproduction du Saumon dans les eaux privées et closes est donc un fait acquis à la science (D'' J. Cloquet : JSote sur la reproduction du Saumon dans un étang, dans Bull. Soc. Acclimat.^ Paris, 1859, t. VI, p. 255). — Dans le lac Pavin, plusieurs Saumons, provenant de fécondations artificielles, ont été péchés au bout de trois ans, ayant un poids de 500 à 700 grammes ; un autre, capturé au bout de quatre ans au plus, pesait 1100 grammes, était long de o6 centimètres (Gillet de Grandmont, loc. cit., 1863, t. X, p. 260). — En Norvège, on a cherché à élever et à acclimater le Saumon dans (les lacs d'eau douce, d'où il lui est impossible de gagner la mer; dans plusieurs lacs, et en peu d'années, on a péché des Poissons de 6 et même de 8 kilogrammes. Ces Saumons ont une chair un peu moins rose que celle de ceux qui vont à la mer, malgré cela, elle est d'aussi bonne qualité. Il manque la sanction du temps, fait observer M. Hetting, le superintendant de la pisciculture en Norvège, pour savoir si le Saumon des lacs conservera ou perdra, après plusieurs générations, ses qualités primitives. Ces expériences réfutent les erreurs des Anglais qui nient que les Saumons puissent vivre plus de deux ans et quelques mois exclusivement en eau douce (L. Soubeiran, Exposition, Produits et Engins de Pèche de Bergen, 1865, loc. cit., 1866, t. II, p. 189).
A l'époque du frai, les mâles presque toujours, très rarement les femelles, éprouvent une hypertrophie de l'extrémité antérieure de la mandibule, qui se recourbe en un crochet plus ou moins saillant; après le temps de la reproduction, le crochet diminue et peut disparaître, mais parfois il persiste surtout chez les mâles d'une certaine taille qui sont appelés bécards, et même, en général, le nom de bécard s'applique exclusivement au , mâle. — Le principe posé par M. Kûnstler : les bécards sont aussi bien femelle que
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mâle, prêts à pondre ou ayant pondu [Notice sur le Saiimoyi de la Dordogne, Imprimerie INationale, Paris i890, p. 6), est absolument faux ; la preuve s'en trouve dans le tableau dressé, par M. l'ingénieur Gaméré, d'après les documents qui lui ont été fournis par M. Geneste, fermier de la pêcherie ae Bergerac, ou précisément M. Kûnstler a fait ses études; voici, chez les reproducteurs, les proportions des bécards : mâles, 92, 8 p. 100; femelles 12 p. 100.
Arrivés à l'endroit où ils doivent frayer, et le fait avait été déjà signalé par Gesner, il y a plus de trois siècles, les Saumons, les femelles surtout, creusent des sillons, des fosses, des nids, où les œufs sont pondus et aussitôt fécondés. — M. Kûnstler n'a pas grande confiance dans l'exactitude des observations des naturalistes qui ont parlé de la ponte des Saumons sur les frayères; pour ce qui est de la Dordogne, jamais, écrit-il [loc. cit., p. [8), à notre connaissance, un pécheur n'a vu de Saumon autre part que dans ses filets. — Aux vagues renseignements, recueillis par M. Kûnstler, il m'est facile d'en opposer d'autres plus précis, venant de témoins oculaires que je connais; l'année dernière, à propos des barrages de Bergerac et de Mauzac, qui empêchent le Saumon et d'autres Poissons migrateurs de remonter le cours de la Dordogne, M. Vachal, conseiller général de la Corrèze, m'écrivait : Lorsque les eaux sont devenues limpides et demi-basses, on voit (ou plutôt on voyait), et j'ai moimême vu du haut du pont d'Argentat, à une quinzaine de mètres au-dessus du niveau de la rivière, les femelles écarter, avec leurs queues, les pierres des graviers léchés par un courant d'environ 50 centimètres de hauteur, et y creuser une fosse ovale à grand axe parallèle au courant. — Cette description de frayère est fort nette, absolument concordante avec celle des naturalistes qui ont vu pondre les Saumons dans les conditions naturelles, et nullement « dans des circonstances remarquables », ainsi que M. Kûnstler se plait à le dire avec ironie [C. rend. S. Congr. intern. ZooL, Paris,
1889, p. 87); de plus, les ingénieurs citent un très grand nombre de frayères dans la Dordogne, on les rencontre dans toute la longueur de la rivière {Dépoiiil. Ponts., p. 13). — Dans la Gauche enfin, et c'est un témoignage que personne ne récusera, le 23 décembre
1890, M. le D"" Sauvage et M. l'ingénieur Pierret ont vu des Saumons pondre sur la frayère de Brimeux, à quelques kilomètres à l'amont de Montreuil (Pas-de-Calais).
La durée de l'incubation est plus ou moins longue, elle varie, suivant F. Day, de trente-cinq à cent quarante-huit jours. — Le jeune Saumon est le Parr des Anglais ; il peut rester une, deux et même trois années avant de se transformer en Smolt et de faire son
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premier voyage à la mer, où il prend un développement extraordinaire, acquiert un poids de trois à six livres, et, en fçénéral, au bout de peu de temps, de quelques mois le plus souvent, sous le nom de Grilse, revient à rendroit où il est né. — Après avoir frayé et avoir séjourné en eau douce quelques mois, il fait, étant Grilse- Kelt, une seconde descente à la mer. 11 reste en eau saumàtre de trente-huit jours à plusieurs mois, et, devenu Saumon parfait, il opère sa seconde montée pour frayer de nouveau. — Quelle singulière manie ! Emprunter des noms anglais pour indiquer les diverses phases de l'évolution des Saumons, quand il existe déjà des termes qui expriment les mêmes idées, et qui se trouvent dans l'ouvrage de Duhamel : i° Digitales, ce sont les Parrs; 2° Salares, les SinoUs; les Digitales et les Salares sont confondus généralement sous les noms de Tacons ou Torans; 3"" Suriones ou Grilses; 4° enfin les désignalions Saumons ou Salmoîics sont de même origine. — En Angleterre, le nom de Kelt s'applique uniquement au sujet venant de frayer et nullement au Saumon après le stade Grilse, comme l'écrit M. Kûnstler {Notice, p. H) ; car dans ce pays la pèche du Kelt est absolument interdite. — Une multitude de Kelts meurent chaque année, épuisés par l'acte de la reproduction (Seeley, Fresh-Water Fish. Europe, London, 1886, p. 278). — Le temps de frai n'est pas limité aux mois d'octobre et de novembre, il peut se prolonger jusqu'en janvier et février.
Pendant longtemps on a douté que le Tacon fût réellement le jeune du Saumon, cependant Gesner avait donné la figure, très reconnaissable, d'un petit Saumon, qu'en France on appelle Tacon. Plus tard Duhamel en fournit une preuve bien nette; il fait observer que sur la Nive, les nasses du moulin de SaintJean-Pied-de-Port sont assez élevées pour empêcher les Saumons, qui viennent frayer, de les franchir, aussi ne voit-on pas de ïocans au-dessus de ces nasses, tandis qu'il y en a beaucoup en dessous jusqu'cà Gambo.
Les expériences de John Shaw sur la précocité sexuelle des jeunes mâles ont confirmé des faits connus depuis nombre d'années, signalés par Gesner écrivant : Les jeunes mâles fécondent les œufs de grandes femelles, les jeunes femelles n'ont pas d'œufs. — Les pêcheurs de la Sémoi, rapporte Duhamel, avaient observé que les jeunes Tacons mâles ont de la laite, les femelles n'ont pas d'œufs.
On attribue aussi aux Anglais l'idée d'avoir, les premiers, vers 1830, attaché des marques aux Saumons, pour les reconnaître à leur retour en eau douce. Mais au milieu du siècle dernier, Deslandes, commissaire de la marine, dit : J'avais chargé des pécheurs de Chàteauliii de retenir une douzaine de Saumons parmi ceux qui
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descendent la rivière, et après leur avoir attaché à chacun un petit cercle de cuivre vers la queue, de les remettre dans Feau, ce qu'ils ont exécuté avec beaucoup d'adresse, et en trois années différentes. J'ai ensuite su d'eux-mêmes qu'ils avaient repris quelques-uns de ces Saumons, une année cinq, une autre année trois, une autre enfm deux (Valmont de Bomare, S«i<moîi, p. 127).
Après avoir frayé, les Saumons descendent à la mer et y séjournent pendant tout l'hiver et tout l'été suivant, et ne remontent au plus tôt qu'en automne, d'après M. Kïinstler, qui ajoute [loc. cit., p. 8) : La reproduction du Saumon paraît donc être au minimum biennale. Cette opinion appuyée sur des observations précises se trouve corroborée par des études postérieures de Giard sur les parasites du Saumon, travail qui établit pleinement que le séjour de ces poissons dans la mer est relativement long. — La note, que M. Giard a publiée dans les Comptes rendus de V Académie des Sciences (Paris, o août 1S89), ayant pour titre : Sur quelques particularités éthologiques de la Truite de mer, ne corrobore en rien l'opinion de M. Kûnst- 1er, elle explique simplement la cause du long séjour en mer des Truites parasitées, qui, devenues stériles, ont perdu, avec la faculté de se reproduire, leur instinct migrateur (Giard). De même, d'après Benecke, les Saumons stériles ne remontent pas les rivières et se prennent en grand nombre sur les côtes de la Baltique (Seeley, loc. cit., p. 275). — La stérilité n'est pas rare chez les Saumons, généralement elle ne semble pas être permanente, elle est plutôt temporaire; que tant qu'elle persiste, les Poissons restent à la mer, on le conçoit facilement; mais que dans les conditions normales, ils y séjournent toute une année, comme l'affirme M. Kïinstler, rien ne le fait supposer.
Quelles sont donc les observations précises sur lesquelles M. Kïinstler appuie son opinion? Il en parle, mais ne les cite pas. Sont-elles aussi précises que celles qui lui ont servi à établir son principe du. hécardisme : Les hécdirds sont aussi bien femelle que mâle, prêts à pondre, etc.? — Aux observations inédites de M. Kiinstler,j'en opposerai d'autres qui ont un caractère d'authencité indiscutable, relatées par divers auteurs, relevées sur des Saumons marqués à leur descente à la mer, sur des Saumons témoins, comme on pourrait les appeler. Mieux que la théorie, l'expérimentation fournit des données exactes sur le temps qui s'écoule entre le moment de la descente des Saumons à la mer et celui de leur reprise en eau douce :
1° Grilse-Kell de 2 livres, marqué à sa descente à la mer, repris à son retour, quatre mois plus tard, pesant 8 livres (Seeley, p. 270). — Marqué le 31 mars 1858, repris le 2 août de la même année, Day,
SALMONlDliS. oT.
British Fishes, t. U, p, *9j. —- Suivant M. Blancliard, les Grilses, après la ponte, demeurent encore quelque temps dans les eaux douces, puis se rendent à la mer, où ils ne séjournent souvent pas plus de deux mois, ils reviennent, ayant atteint un poids de 3 à 6 kilogrammes. Pour le Saumon qui en est à son second ou à son troisième voyage, l'accroissement n'est pas moins prodigieux pendant un très court séjour à la mer (Blanchard, Poiss. Eaux douces de France, 1866, p.4o7).'
2^ Saumon. — a. Pennant rapporte qu'un sujet marqué 7 livres 3/4, le 7 février, pesait 17 livres 1/2, quand il fut repris le 17 mars suivant (Seeley, p. 270). — b. Un Saumon de la Tay, pris après la ponte et marqué d'une étiquette par le duc d'AthoU au mois de mars 1845, pesant 10 livres, repêché, muni de son étiquette, cinq semaines et trois jours plus tard, par conséquent après une bien courte excursion à la mer pesait 21 livres 1/4 (Blanch., p. 4o8). — c. En 18o9, le duc d'Atholl a capturé, au moment de leur descente à la mer, trois Saumons, pesant, chacun d'eux, 10 livres, 11 livres 1/2, 12 livres 1/2, six mois après, à leur retour en eau douce, ils furent repêchés, ayant acquis un poids respectif de 17, 18 et 19 livres.
Ces diverses citations, et j'aurais pu en indiquer de plus nombreuses, démontrent deux faits importants : que le séjour en mer des Saumons, à moins d'anomalie, de stérilité, n'est pas de si longue durée que raffirme M. Kûnstler; que leur reproduction est annuelle, au moins pendant une certaine période de leur existence.
Duhamel rapporte une observation que lui a communiquée le régisseur de la pêcherie du Pont-du-Chàteau : quand les Saumons arrivent à la digue qui barre l'Allier, les œufs sont si petits que tous ensemble ne font pas un volume plus gros qu'un pouce ; au lieu que quand ils sont restés quelques mois en rivière, cette masse d'œufs augmente tellement qu'elle pèse quelquefois plus de 2 livres. — Il y a une concordance très grande entre cette observation et le résultat des recherches auxquelles s'est livré M. Jousset de Bellesme sur l'évolution des œufs de divers Salmonidés, le développement des œufs serait excessivement rapide vers les derniers temps qui précèdent la ponte. — A propos de la pêcherie du Pont-du-Chàteau, Duhamel ajoute : les Saumons sont gras en arrivant de la mer; mais ils maigrissent dans la rivière, de sorte qu'un Saumon, qui en décembre pesait 20 livres, n'en pèse plus que 12 quand il est resté dans la rivière jusqu'en mai..., les Saumons se déchargent de leurs œufs dans la rivière, et je crois que c'est la maladie du frai qui est la cause de leur maigreur.
M. Kûnstler prétend que la chair du Saumon reproducteurn'étant MoREAU. — Ichthyoloofie. 37
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pas comestible, la reproduction naturelle se protège par elle-même en dehors de toute action législative (V. Compt. rend. Séances, Congrès Zoolog., Paris, 1889, p. 90). — Il faut bien mal connaître les habitudes des braconniers pour exprimer une semblable opinion.
— En tout cas, il ne s'agit pas de savoir si la chair du Saumon, à l'époque du frai, est de telle ou telle qualité, mais de voir si Fardeur que mettent les braconniers à ravager les frayères n'est pas abominable et ne doit pas être réprimée avec la plus extrême sévérité. — Que d'artifices mis en usage pour cette œuvre de destruction ! Ainsi Gesner indique ce procédé employé de son temps : une femelle est prise, attachée à une corde et amenée petit à petit vers la rive, oii un pêcheur, caché derrière des feuillages, frappe de son trident le mâle qui s'approche pour frayer. — La persistance avec laquelle les reproducteurs reviennent à leurs frayères augmente encore la facilité de leur capture. On en trouve un exemple curieux rapporté par Seeley(/oc. cii.,p. 277) : Une paire de Saumons, mâle et femelle, étant vus en train de préparer leur frayère, le mâle est harponné et tiré de Teau. La femelle immédiatement gagne le fond de la rivière, et après un certain temps revient avec un autre mâle. Celui-ci ayant subi le sort du premier, la femelle se jette encore dans le fond et ramène un troisième mâle. Un autre coup de harpon frappait le nouvel arrivant, jusqu'à ce que la veuve, ne trouvant plus de mâle de son espèce, revint accompagnée d'une grande Truite de rivière qui l'aida à préparer sa fosse à frayer. — Suivant Duhamel [l. c, p. 265), les pêcheurs basques, vers les sources des petites rivières, tendent sur le fond des trappes en fer, dans les endroits où ils jugent que les Saumons vont déposer leurs œufs et oij ils aperçoivent les sillons préparés pour les recevoir : ils prennent souvent sous ces trappes deux Saumons, un mâle et une femelle. — Il paraît que les habitudes de braconnage se continuent dans le bassin de l'Adour; afm d'y mettre obstacle, MM. les Ingénieurs proposent une excellente mesure, c'est de protéger les frayères au moyen de pieux armés de clous qui rendent impossible l'emploi du filet (Rapport, dépouil., etc., p. 7). Ce mode de protection devrait bien être appliqué dans la Canche; d'après M. Giard, vers le mois d'octobre et de novembre, c'est par centaines qu'on voit, dans cette rivière, des bécards sur le gravier de Marenla, où tous deviennent la proie des braconniers. Pendant les époques où la pêche est fermée, le poisson, transporté clandestinement, est consommé dans le pays.
— D'après ce qui précède, on peut juger combien la reproduction naturelle se protège par elle-même en dehors de toute action législative,
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2, SOUS-GENRE TRUITE. — TRUTTA, Duhani.
Tête; maxillaire supérieur plus lon^jj que Tespace préorbilaire; vomerplus ou moins denté.
Ce sous-genre est formé de trois espèces.
a. RayoDs branchiostèges au nombre de neuf 3. de Bâillon.
— — — de dix à douze. 6.
b. Espace postorbitaire faisant à peine la moitié de la
longueur de la tête 2 . commune.
Espace postorbitaire faisant plus de la moitié de la lontrueur de la tète i . de mer.