‹ Manuel d'instruction laique [microform]Chapitre 31 sur 47 · Que pense de la femme Isocrate Nicoclès · texte numérisé non relu

Que pense de la femme Isocrate Nicoclès

r! Isocrate Nicoclès (1) qui, ainsi que son maître

(1) Isocrate Nicoclès. élève de Gorgias. de Prodicus et de So-

crïïe, ué en 406 av. notre ère, mort en 338. Il en«e,gna 1 élo-

Socrate, a considéré la femme comme mère et ménagère, dit que « il n'est rien de plus cher aux hommes que leurs femmes et leurs enfants, et que les outrages faits à ces objets de leur amour sont ceux qu'ils pardonnent le moins. »

Q. — La philosophie antique s'est-elle beaucoup occupée de la femme et du mariage?

R. — Oui, beaucoup; et elle a toujours considéré l'un et l'autre comme des choses saintes et sacrées.

Q. — Qu'en pense Euripide?

R. — Euripide (1) dit : « qu'il n'est point pour l'homme dans la maladie et l'affliction de trésor plus précieux qu'une épouse qui gouverne bien sa famille et qu'il n'est rien de plus doux pour la femme que de partager sa tristesse et ses joies. »

Q. — Qu'écrit Xénophon?

R. — Xénophon (2) établit l'égalité entre les mérites de l'homme et ceux de la femme. Il les déclare tous deux capables de prévoyance, de mémoire, de tempé- .rance, de vertu. Il compare les fonctions de l'homme à celles de la femme et dit quils se complètent mutuellement; à l'homme les travaux du dehors et le soin de

quence et la rhétorique. Après la bataille de Chéronée qui livrait la Grèce à Philippe, il se laissa mourir de faim pour ne pas survivre à rindépendance de sa patrie.

(1) Euripide, né dans la LXXV* olympiade (480 ans av. notre ère) à Salamine, où ses parents s'étaient réfugiés, ainsi que les autres Athéniens pour échapper à Xercès. Il se distingua aux exercices du corps et fut couronné aux jeux olympiques. Il étudia l'éloquence sous Prodicus de Chio. Dans ses tragédies, il a su s'élever souvent aux hauteurs de la philosophie.

(2) Xénophon, dont le style est si élégant qu'on le surnommait l'abeille de l'Attique. 11 fut à la fois historien, philosophe et général des Grecs. Né vers 445 av. notre ère, il mourut vers 355. Il était disciple de Socrate. •

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veiller à la sûreté extérieure de la famille, à la femme le travail du dedans, la vie intérieure, la garde des provisions, la nourriture, Véducation et Vinnocence des enfants. Associée à l'homme, sa compagne et son égale, elle est reine dans la maison; les soins domestiques sont pour elle de véritables plaisirs, car elle voit croître avec eux la prospérité de la famille et l\iffection de tout ce qui lentoure. Écoutez le mari que fait parler Xénophon : « Mais le charme le plus doux, ce sera lorsque devenue plus parfaite que moi, tu m'auras rendu ton serviteur, quand, loin de craindre que Tàge ne te fasse perdre de la considération dans ton ménage, tu auras l'assurance qu'en vieillissant tu deviendras pour moi une compagne meilleure encore, et pour ta maison une maîtresse plus honorée; car la beauté et la bonté ne dépendent point de la jeunesse, mais des vertus qui les font croître dans la vie aux yeux des hommes. »

Le mariage.

Q. — Que pensent de la femme et^de l'amour Antipather et Plutarque?

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R. — Antipather (1) et Plutarque s'appliquent à prouver que le mariage est la plus antique, la plus nécessaire et la plus sainte des unions. Ils rejettent comme impie la prétention de certains hommes d'être affranchis du lien conjugal. « Le mariage » dit Plutarque « est l'union la plus digne et la plus sainte. // a trôné de tout temps au sein de la famille antique et la pudeur et la chasteté y ont toujours été en honneur, » Aucun homme n'est exempt des obligations naturelles du mariage. N'est-ce pas un devoir que de laisser à l'État des citoyens qui le soutiennent, au genre humain des êtres qui constituent son éternité, au monde des créatures raisonnables qui en étudient les merveilles! Le but suprême du mariage^ c'est pour r homme et pour la femme la communauté de la vie et des enfants. Tout doit être commun entre époux, le corps, les idées, les biens, les enfants. Ils se doivent, en toutes circonstances, aide, affection, assistance, dans la maladie comme dans la santé, dans l'infortune comme dans le bonheur.

Q. — Que nous apprend Valère-Maxime?

R. — Valère-Maxime (2) nous dit que, de tout temps, « il a suffi d'être homme pour connaître toutes les tendresses, toutes les délicatesses, tout le dévouement et l'idéal du véritable amour, sentiments d'autant plus foris qu'ils sont plus honnêtes et plus purs » Et il nous apprend que : « le divorce fut inconnu à Rome pendant cinq cent vingt ans! Sp. Garvilius, le premier, répudia sa femme pour cause de stérilité; quelque plausible que parut ce motif, on ne laissa pas de l'en blâmer, car on ne croyait pas que le désir d'avoir

(1) Antipather de Tarse, philosophe stoïcien, disciple de Diogène le Babylonien, dont quelques fragments nous ont été conservés par Sénèque.

(2) Valerius-Maximus, historien latin de l'époque de Tibère,

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des enfants dût prévaloir sur la foi conjugale; » et il ajoute : « alors la fidélité conjugale n'avait à craindre aucun regard suborneur, on voyait les autres, on était vu soi-même, avec un respect religieux; une mutuelle pudeur protégeait les deux sexes. »

Q. — Ainsi l'antiquité se fit la plus haute idée de la femme, de l'amour, du mariage?

R. — Oui, la philosophie antique éleva tout ce qui concerne les relations et les caractères de l'homme et de la femme à son plus haut terme (1), et, au temps de l'Empire Romain, lorsque le concubinat était devenu un état légal, la philosophie n'en continua pas moins à tenir le môme langage. « Il ne faut pas dire que les païens aient ignoré les droits ni la vraie dignité de la femme, car jamais on ne s'en fit une plus haute idée et l'on ne sentit mieux le prix de sa chasteté qu^au plus fort de la corruption de l'Empire. Il faut rendre cette justice aux anciens qu'ils ne savaient pas plaisanter sur les vertus de la femme, et que, même aux plus mauvaises époques , on trouverait ditticilement dans les écrivains les plus légers et les plus licencieux, rien qui autorise ou justifie l'adultère. Il n'y a pas dans le cœur un seul sentiment naturel et profond, dans l'imagination une seule pensée délicate, que les anciens n'aient clairement connus et vivement exprimés. »

(1) Stobée nous rapporte ces paroles de Musonius le Stoïcien : « Quiconque désire ne pas être un voluptueux et un efféminé, ne iloit regarder comme des amours permises que celles du mariage. » Stobée est un compilateur grec auquel nous devons de connaître beaucoup des préceptes des philosophes grecs.

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