DE LA MORALE
Q. — Sur quoi se fonde la morale?
R. — Sur la distinction du bien d'avec le mal (3).
Q. — Qu'est-ce que la morale?
R. — La morale est le sentiment qui nous prescrit une sage conduite et nous fournit les moyens d'y conformer nos actions : c'est le rapport entre les actions humaines et les lois librement consenties par les hommes qui ne se trouvent pas avoir besoin d'être reformées pour être devenues mauvaises à l'expérience ou au temps.
(Ij Laromiguière, philosophe français, né en 1756, mort en 1837, professeur de philosophie à la Faculté des lettres.
(2' Épicure a dit qu'il y a toujours plus de bien que de mal pour les sages, parce qu'ils savent encore, en quelque état que ce soit, trouver du plaisir. — Épicure, né à Gargette, bourg d'Athènes, dans la lln«^ Olympiade, philosophe de Samos, presqu'uniquernent disciple de Démocrite, s'attacha surtout à délivrer le monde de la superstition et de la crainte He la mort.
(3) Edmond About a écrit quelque part : « La morale inéhranlahle est celle qui ne dépend que d'elle-même et découle directement de Tidéc du bien. »
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Q. — Est-ce la raison humaine qui a déterminé la morale?
R. — Oui; nous ne devons rien qu'aux hommes (1).
Q. — L'homme doit-il soumettre à la morale tout ce qui se rapporte à sa nature?
R. — Tout, sans exception ; la morale et la conscience ne font qu!un et elles embrassent l ensemble des pensées et des actions des /tonunes.
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Q. — Le sens moral existe-t-il seulement chez les hommes?
R. — Non. 11 est tellement dans la nature qu'on le retrouve chez tous les animaux vivants en société qui ont dû régler leur nature et régulariser leurs rapports,
(1) L'homme porte la loi de la morale en lui-même, a dit Kant; pour la pratiquer librement, il ne lui faut ni Tidée d'un être supérieur, ni aucun motif étranger.
ainsi que l'ont montré Darwin (1), Lubbock (2), Herbert Spencer, et d'autres encore.
(1) Darwin, naturaliste anglais contemporain, auteur du célèbre ouvraf^e De Vorigine des espèces par voie de sélection naturelle. Il se posa durant vinoft-deux années le problème de l'origine des espèces avant que do produire, en 1859, son livre fameux The origin of species. Supposez, pour vous rendre compte de sa théorie, des frères et des sœurs : ils ne sont point exactement semblables les uns aux autres ; en tout ou en partie, ils sont différents. Quels sont donc les changements intérieurs ou extérieurs qui font que les descendants de mêmes parents peuvent être classés en espèces différentes? Si une difformité existe chez un enfant, ne peut on faire accroître cette difformité on Tacco plant à un autre individu qui la possède aursi ? Cette dififormité sern-t-elle doublée dans le produit, moins les causes indépendantes qui peuvent produire la variété? Darwin a beaucoup expérimenté sur les pigeons, et il a démontré que si, par exemple, on avait obtenu des pigeons à jabot (pouter), c'était parce qu'on avait accouplé ceux qui, les premiers, avaient eu cette difformité qui s'était reproduite plus accentuée chez les descendants. La méthode dite in and in chez les Anglais, était aussi une justification de ce que Darwin a nommé sélection. Ma s si Thomme arrivait à des résultats déterminés par une suite de petits changements et d'additions, la nature, elle, pouvait-elle opérer la sélection? Oui, répond Darwin, car le nombre des êtres vivants dépasse de beaucoup ceux qui peuvent subsister. En conséquence, à une époque quelconque de leur vie, il doit y avoir lutte pour l'existence, et comme nous sommes en présence de variétés infinies présentant des conditions de force inégales, les variétés les plus compétentes à lutter^ avec les conditions extérieures sont celles qui ont pu résister et vivre. La fraction triomphante se livre à la reproduction, et elle transmet, quoique à des degrés différents, les qualités qui lui ont permis de se maintenir. La lutte recommence encore. Ce sont toujours les mieux doués qui triomphent, et l'addition des perfectionnements favorables à l'individu est de plus en plus rigoureusement effectuée, hdi sélection naturelle «a^it par conservation et accumulation de légères modifications obtenues par l'hérédité, et dont chacune est favorable à l'être préservé. »
(2) Lubbock, physicien anglais, né le 2Q mars 1834.
Q. — Est-ce la raison humaine qui a déterminera morale?
R. — Oui; nous ne devons rien qu'aux hommes (1).
Q. — L'homme doit-il soumettre à la morale tout ce qui se rapporte à sa nature?
R. — Tout, sans exception ; la morale et la conscience ne font qu'un et elles embrassent V ensemble des pensées et des actions des hommes.
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Q. — Le sens moral existe-t-il seulement chez les hommes?
R. — Non. 11 est tellement dans la nature qu'on le retrouve chez tous les animaux vivants en société qui ont dû régler leur nature et régulariser leurs rapports,
(1) L'homme porte la loi de la morale en lui-même, a dit ' Kant; pour la pratiquer librement, il ne lui faut ni Tidée d'un être supérieur, ni aucun motif étranger.
ainsi que l'ont montré Darwin (l), Lubbock (2), Herbert Spencer, et d'autres encore.
(1) Darwin, naturaliste anglais contemporain, auteur du célèbre ouvra f?e De V origine des espèces par voie de sélection naturelle. Il se posa durant vin^ft-deux années le problème de l'origine des espèces avant que do produire, en 1859, son livre fameux The or i gin of species. Supposez, pour vous rendre compte de sa théorie, des frères et des sœurs : ils ne sont point exactement semblables les uns aux autres ; en tout ou en partie, ils sont différents. Quels sont donc les changements intérieurs ou extérieurs qui font que les descendants de mêmes parents peuvent être classés en espèces différentes? Si une difformité existe chez un enfant, ne peut on faire accroître cette difformité on l'accouplant à un autre individu qui la possède aufsi? Cette difformité sern-t-elle doublée dans le produit, moins les causes indépendantes qui peuvent produire la variété? Darwin a beaucoup expérimenté sur les pigeons, et il a démontré que si, par exemple, on avait obtenu des pigeons à jabot (pouter), c'était parce qu'on avait accouplé ceux qui, les premiers, avaient eu cette difformité qui s'était reproduite plus accentuée chez les descendants. La méthode dite in and in chez les Anglais, était aussi une justification de ce que Darwin a nommé sélection. Ma s si l'homme arrivait à des résultats déterminés par une suite de petits changenients et d'additions, la nature, elle, pouvait-elle opérer la sélection? Oui, répond Darwin, car le nombre des êtres vivants dépasse de beaucoup ceux qui peuvent subsister. En conséquence, à une époque quelconque de leur vie, il doit y avoir lutte pour l'existence, et comme nous sommes en présence de variétés infinies présentant des conditions de force inégalr»s, les variétés les plus compétentes à lutter avec les conditions extérieures sont celles qui ont pu résister et vivre. La fraction triomphante se livre à la reproduction, et elle transmet, quoique à des degrés différents, les qualités qui lui ont permis de se maintenir. La lutte recommence encore. Ce sont toujours les mieux doués qui triomphent, et l'addition des perfectionnements favorables à l'individu est de plus en plus rigoureusement effectuée, hdi sélection naturelle «a^it par conservation et accumulation de légères modifications obtenues par l'hérédité, et dont chacune est favorable à l'être préservé. »
(2) Lvibbock, physicien anglais, né le 2Q mars 1834.
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MANUEL d'iNSTHUCTION LAÏQUE
Q. Y a-t-il une loi morale?
R, (( Il n'y a qu'une seule loi morale » a dit Marc-Aurèle (1) « qui est la raison commune à tous les êtres intelligents. »