ARTERE CAROTIDE PRIMITIVE
(Planche VII, 1, et planche VIII, 2.)
Elle naît à droite du tronc brachio-céphalique, à gauche de la crosse de l'aorte.
Son projet cervical, et cette portion seule nous intéresse, est indiqué par une ligne qui, partant du milieu de l'espace qui sépare l'angle de la mâchoire de l'apophyse mastoïde, viendrait aboutir entre les deux faisceaux du muscle sterno-cleïdo-mastoïdien.
Le sterno-cleïdo-mastoïdien la recouvre dans toute son étendue : mais tandis qu'elle est située en bas entre ses deux faisceaux, en haut elle est beaucoup plus rapprochée de son bord antérieur. Le muscle omoplat-hyoïdien la croise, le sterno-hyoïdien la recouvre aussi ; elle est naturellement sous-jacente encore au peaucier.
La branche descendante de l'hypoglosse passe au-devant d'elle. C'est tantôt sur l'artère, tantôt sur la veine que se fait l'anastomose entre la branche descendante de l'hypoglosse et la branche descendante interne du plexus cervical. En arrière, elle repose sur la colonne vertébrale, et là se trouve, au niveau de la partie antérieure du sommet de l'apophyse transverse de la sixième vertèbre cervicale, un tubercule, tubercule carotidien, très-important pour la ligature qui nous occupe, vu qu'il sert de point de repère. L'artère est en avant et un peu en dedans.
A sa partie interne, elle est en rapport avec la trachée et le larynx, l'œsophage et le pharynx.
En dehors, la veine jugulaire interne se trouve placée sur un plan un peu antérieur, ou plutôt son volume plus considérable la fait paraître plus antérieure. Elles sont toutes deux contenues dans la même gaîne, et entre elles se trouve le nerf pneumo-gastrique.
11 faut lier cette artère au-dessus ou au-dessous de l'omoplathyoïdien, c'est-à-dire à la partie supérieure ou à la partie inférieure du cou, mais non à la partie moyenne.
A la partie supérieure, la tête étant étendue et tournée du côté sain, on fait une incision de sept centimètres suivant la direction indiquée, et Ton arrive sur le sterno-cleïdo-mastoïdien. Il faut alors inciser le second feuillet aponévrotique ou la gaîne des vaisseaux, ce
LIGATURE DES ARTERES. 29
qui doit être fait sur la sonde cannelée; sur le vivant, le gonflement de la jugulaire gêne notablement. Puis cela fait, il faut séparer ces deux vaisseaux et passer la sonde cannelée de dehors en dedans et éviter avec le plus grand soin de comprendre le nerf pneumo-gastrique dans la ligature.
Pour lier l'artère au-dessous de l'omoplat-hyoïdien, c'est-à-dire à la partie inférieure du cou, on fait une incision courbe qui, partant du bord antérieur du sterno-mastoïdien à la réunion de son quart inférieur avec les trois quarts supérieurs, vienne se terminer sur la clavicule dans l'interstice des faisceaux sternal et claviculaire. On incise l'aponévrose dans la même étendue et l'on sectionne le faisceau sternal du muscle. Si le muscle sterno ou cleïdo-hyoïdien gêne trop, on le sectionne, sinon on le porte en dedans. On ouvre la gaine des vaisseaux, et on lie comme ci-dessus.
Je ne cite que pour mémoire le procédé de Sédillot, qui consiste à saisir l'artère dans l'intervalle des, faisceaux sternal et claviculaire, sans en couper aucun. Il est très-incommode à cause du peu d'espace qu'a l'opérateur pour manœuvrer.