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METHODE A LAMBEAUX

La méthode à lambeaux comprend deux divisions selon que le chirurgien fait un seul lambeau ou qu'il en fait deux.

Ces lambeaux peuvent être taillés de diverses façons : par transfixion, c'est-à-dire en enfonçant la pointe du couteau à la base du lambeau, la faisant ressortir sur un point plus ou moins éloigné, et coupant ensuite les parties en attirant le couteau à soi, ou bien de dehors en dedans. La taille des lambeaux de dehors en dedans peut se faire de deux manières :

1° En dessinant d'abord avec la pointe du couteau, puis en disséquant le lambeau ;

2' En le taillant de prime abord avec le tranchant du couteau, comme le recommande Langenbeck.

Entre ces deux modes détailler les lambeaux de dedans en dehors ou de dehors en dedans, il en est un mixte qui consiste à délimiter d'abord avec la pointe du couteau la circonférence du lambeau pour ne pas s'égarer, puis à procéder par transfixion, en ayant soin de ne pas s'écarter de la ligne préalablement tracée. Si l'on ne fait qu'un lambeau, on coupe les parties molles du côté opposé par une section demi-circulaire dont le plan est perpendiculaire à celui de la base du lambeau.

Pour faire deux lambeaux, Ravaton employait un procédé qui est en quelque sorte une transition entre la méthode circulaire et la méthode à lambeaux. Il coupait circulairement les chairs, puis faisait tomber à angle droit sur cette section deux incisions latérales, ce qui donnait deux lambeaux quadrilatères d'égale dimension.

Je n'ai pas l'intention de m'occuper ici du régime auquel l'opéré doit être soumis avant et après l'opération. Je rappellerai seulement que toutes les fois que l'on aura recours à l'anesthésie, il devra s'abstenir, cinq ou six heures avant l'opération, de prendre des aliments solides ou même une quantité considérable de boisson, en raison des vomissements à peu près certains qui surviendraient en pareil cas.

La pièce où l'on opère doit être bien éclairée et suffisamment aérée. Quant au lit sur lequel le malade est placé pour l'opération, il

doit être d'une hauteur convenable, peu large, pour que les aides puissent agir sur le malade en se plaçant du côté opposé au chirurgien, et en outre suffisamment dur. Dans les hôpitaux, on se sert d'une table sur laquelle on applique un matelas que Ton recouvre d'une toile cirée et d'un drap. Un vase, un panier avec du son, des alèses, du sable, sont disposés pour recevoir le sang et préserver le pavé.

Pour pratiquer une amputation importante, il est nécessaire d'avoir au moins quatre aides. Des deux plus exercés, l'un sera chargé de l'anesthésie, l'autre de la compression de l'artère. Le troisième tient le membre au-dessus du point sur lequel on va opérer, le quatrième le tient au-dessous. S'il s'agit d'une désarticulation, l'appareil instrumental se compose d'un couteau dont les dimensions sont en rapport avec le volume de la partie, de pinces à dissection et à ligature, d'un tenaculum, de ciseaux, de fils, de pièces de pansement, d'un flacon de perchlorure de fer. Pour une amputation dans la continuité, il faut de plus une scie avec une lame de rechange, et si l'on agit sur un segment de membre à deux os, un couteau interosseux ou un petit couteau ordinaire, une pince à pansements ou un porte-aiguille pour passer la compresse à trois chefs, destinée à protéger les chairs.

Tous ces instruments doivent être rangés sur une table à la portée du chirurgien et suivant Tordre dans lequel ils seront employés. S'ils ne sont pas placés de façon à ce qu'il puisse les prendre lui-même sans se déranger, il faut qu'un cinquième aide soit affecté à ce service.

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