TORSION
Préconisée par Amussat, la torsion se pratiquait avec deux pinces ordinaires, une pince à baguettes et une pince à torsion, c'est-à-dire une pince pourvue d'un mécanisme destiné à la maintenir fermée. Les branches de la pince à baguette se terminent par des tiges cylindriques très-lisses et assez longues. Voici comment Amussat procédait à cette opération.
Avec une pince ordinaire tenue de la main droite, il saisissait l'extrémité libre de l'artère, la dégageait des parties ambiantes avec l'autre pince et la faisait saillir à la surface de la plaie ; puis, avec la pince à torsion tenue de la main droite, il prenait transversalement le vaisseau à son extrémité. La pince à baguettes, placée dans la main gauche, pressait le vaisseau à angle droit au niveau de la plaie assez fortement, pour diviser les deux tuniques les plus internes.
On faisa t alors décrire un demi-cercle à la pince à torsion, on la ramenait dans l'axe de l'artère, et on lui imprimait sept à huit tours pendant que la pince à baguettes était maintenue immobile. Avec la pince à torsion, le chirurgien repoussait le bout de l'artère dans les chairs, à moins que le tourillon détaché par la pression ne demeurât entre les mors.
L'appareil instrumental a depuis été simplifié. On a construit des pinces qui sont à la fois à torsion et à baguettes, les mors étant surmontés de baguettes. Une faut que deux de ces pinces pour faire l'opération. Pour les petites artères, il suffit de les saisir et de les tirer avec une pince à torsion et de lui imprimer cinq ou six tours, sans les dénuder ni les maintenir avec une autre pince.
(PlanchefXIY.)
Ce moyen hémostatique a été inventé par Simpson (d'Edimbourg), qui, pour l'hémostase après les amputations, s'est arrêté aux procédés suivants, dans. lesquels il emploie des aiguilles en acier assez courtes, fines et garnies d'un fil métallique très-ténu. Pour plus de clarté, je vais supposer le cas où le chirurgien a pratiqué une amputation de la cuisse à lambeau antérieur et emploie l'acupressure pour arrêter l'hémorrhagie de l'artère fémorale contenue dans le lambeau. L'aiguille, tenue de la main droite avec une pince porte-aiguille, est enfoncée du côté de la surface saignante, à une certaine distance de l'artère, et perpendiculairement à sa direction (fig. 1). Elle ressort à quelques millimètres de l'artère, passe derrière et est ensuite réintroduite de l'autre côté du vaisseau, de sorte que sa pointe sort du côté de la surface saignante. L'aiguille est ainsi complètement cachée, et le fil sert à la retirer.
Dans un second procédé on enfonce l'aiguille dans les chairs à quelques lignes de distance de l'artère ouverte, soit à son niveau, soit au-dessous, et on la fait ressortir à une égale distance du côté opposé. On imprime alors à l'aiguille un mouvement de torsion d'un quart de cercle environ, et on en plonge la pointe profondément dans les tissus. Le calibre du vaisseau est obturé par le mouvement de torsion qu'il a subi.
Le troisième procédé (fig. 2) consiste à passer l'aiguille en avant de l'artère, toujours en la faisant entrer et sortir par la surface saignante. Une anse de fil métallique est jetée et tordue sur elle, comme le montre la figure, et comprime ainsi le vaisseau. L'aiguille est laissée en place de quatre à cinq jours.
LIGATURE
Le manuel opératoire de la ligature, après les amputations, ne nécessite que des pinces, un tenaculum et des fils. Le tenaculum est réservé pour les petites artères. Quant aux artères d'un certain calibre, on se sert pour les lier de pinces ordinaires ou de pinces à torsion. Le chirurgien, tenant une pince de chaque main, saisit le vaisseau et l'isole dans l'étendue d'un demi-centimètre, puis le main-
Planche XIV
Acupressure.