AMPUTATIONS DANS LA CONTINUITÉ DU MEMBRE INFÉRIEUR
On n'ampute pas dans la continuité les deux dernières phalanges des orteils; on les enlève en totalité, et même pour la première phalange des quatre derniers orteils, on pratique de préférence la désarticulation r Mais il n'en est pas de même pour le premier orteil. Ici la présence de la partie postérieure de la première phalange a une certaine importance au point de vue de la station, et il est bon, quand faire se peut, de la conserver.
Les procédés d'amputation sont identiques à ceux mis en usage pour la première phalange du pouce.
AMPUTATIONS DES MÉTATARSIENS.
Amputation d'un ou de plusieurs métatarsiens. — Il y a un assez grand intérêt à laisser en place, dans les cas où cela est possible, la partie postérieure d'un métatarsien que l'on veut amputer.
D'abord, on évite ainsi d'ouvrir la synoviale tarso-mêtatarsienne, et, en second lieu, l'opération est beaucoup moins difficile.
Ces amputations présentent trop de similitudes avec celles que l'on pratique sur les métacarpiens pour exiger une description spéciale.
Je dirai seulement un mot de celle du premier métatarsien.
On peut, pour l'amputer, employer la méthode à lambeau ou la méthode ovalaire, comme si l'on voulait désarticuler, mais en plaçant la base du lambeau ou la queue de la raquette au niveau du point où l'os doit être scié, section qu'il est bon de faire en biseau comme pour le premier métacarpien.
Velpeau a proposé le procédé suivant : il pratiquait le long du bord interne (par rapport à l'axe du corps) du premier métatarsien une incision commençant au niveau de l'articulation postérieure de cet os, et dépassant un peu en avant son articulation antérieure, incision qui permet de l'isoler des parties molles de la plante du pied. Il faisait ensuite une autre incision réunissant les deux extrémités de la précédente, en passant sur la face dorsale et au niveau de la première commissure interdigitale.
Ce procédé, qui dénude la portion de métatarsien que l'on conserve, vaut moins que la méthode ovalaire ou celle à lambeau.
Je n'insiste pas sur l'amputation du cinquième métatarsien ni sur celle des métatarsiens du milieu ; qu'on enlève seulement un de ces os, ou qu'on en ampute deux ou plusieurs à la fois, les procédés sont les mêmes qu'à la main. Seulement, en raison de l'étroitesse plus grande des espaces interosseux, il est bon de se servir pour la section des os de la scie à chaine.
AMPUTATION SIMULTANEE DES CINQ METATARSIENS.
Cette opération doit être pratiquée de préférence à la désarticulation tarso-métatarsienne malgré les objections de Lisfranc.
On peut la faire par la méthode circulaire ou bien tailler un lambeau dorsal, ou encore un lambeau dorsal et un plantaire.
Pezerat a môme formé trois lambeaux : un dorsal, un plantaire et un interne.
Les procédés qui donnent une cicatrice placée à la partie supérieure sont les meilleurs.
Pour la section de os, quand on a coupé avec un bistouri étroit les chairs contenues dans les espaces interosseux, on en protège la portion restante avec une compresse à six chefs. Il vaut mieux scier les os successivement que les scier simultanément.
L'amputation dans la continuité des os du tarse donne au point de vue de la sustentation et de la progression des résultats trop mauvais pour qu'on la conserve.