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AMPUTATION DE LA JAMBE

Le squelette de la jambe, constitué par le tibia et le péroné, est entouré d'une couche musculaire très-épaisse en arrière , mais qui fait complètement défaut au niveau de la partie interne du tibia, de sorte que dans cette région-là l'os est placé immédiatement sous l'aponévrose qui se confond avec le périoste.

Le volume de ce segment du membre abdominal va en s'effilant assez rapidement de haut en bas, à partir du milieu de sa longueur.

A la partie supérieure, nous ne trouvons qu'une artère, la partie inférieure de la poplitée, qui se bifurque pour donner naissance à la tibiale antérieure, laquelle se place immédiatement en avant du ligament interosseux, et au tronc tibio-péronier qui ne tarde pas à se diviser à son tour en tibiale postérieure et en péronière.

Je signalerai ici ce fait constaté par Lenoirque, sur quarante cadavres, la synoviale de l'articulation péronéo-tibiale supérieure communique quatre fois avec celle du genou, et que vingt fois cette dernière se prolonge sur la tête du péroné.

On comprendra toute l'importance de cette observation à propos de l'opération de Larrey.

L'amputation de la jambe peut se faire à diverses hauteurs.

Le lieu d'élection a pendant longtemps été la partie supérieure, à quelques centimètres au-dessous de la tubérosité antérieure du tibia. En opérant à ce niveau, on a en effet un moignon disposé

de façon à pouvoir s'adapter à l'appareil le plus simple, au pilon. Il est assez court pour ne pas dépasser en arrière cet appareil dans la flexion où on le place, et en outre la peau épaisse de la partie antérieure du genou fournit un point d'appui très-convenable.

L'amputation dans le tiers inférieur, ou amputation sus-malléolaire, a pendant longtemps été repoussée à cause de la difficulté de l'adaption d'un appareil simple, solide et peu coûteux à ce niveau. Mais, d'autre part, l'innocuité bien plus grande des amputations faites à la partie inférieure de la jambe est une considération de la plus haute importance, et aujourd'hui, en outre, les fabricants ont à peu près comblé les desiderata que présentaient les appareils employés après l'amputation sus-malléolaire ; cette dernière est, en somme, passée dans la pratique chirurgicale et doit, toutes les fois qu'elle est possible, être faite de préférence à l'amputation pratiquée au lieu dit d'élection.

Si la lésion pour laquelle on opère, assez éloignée delà partie supérieure de la jambe, remonte cependant assez haut pour que l'on ne puisse pas amputer au-dessus des malléoles, faut-il opérer au lieu d'élection? Il est, je crois, préférable d'amputer toujours le plus bas possible. C'est, en effet, une loi établie que, toutes choses égales d'ailleurs, les amputations sont d'autant plus dangereuses qu'on se rapproche davantage de la racine des membres, et en outre des appareils semblables à ceux mis en usage pour les amputations sus-malléolaires peuvent très-bien s'adapter à celles faites un peu plus haut.

Enfin, Larrey a amputé au-dessus du lieu d'élection dans l'épaisseur des condyles du tibia.

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