TUBERCULES
des méninges, était une rare exception. Celui qui, le premier, a utilisé la déduction que lui révéla la présence de tubercules de la choroïde est M. Fraenkel, qui, en poursuivant l'évolution de la choroïdite avec l'ophlhalmoscope, posa le diagnostic de méningite tuberculeuse, et permit à ses successeurs d'établir la fréquence de pareille coïncidence (I).
Généralement, la tuberculose choroïdieime se développe sur les deux yeux, et son point de localisation est l'entourage de l'enlréc du nerf optique. Parfois il ne naît que quelques boutons isolés; d'autre fois on peut en compter jusqu'à quarante et cinquante. La grandeur qu'acquièrent ces boulons est très variable : parfois ils ne s'élèvent pas suffisamment pour écarter et déplacer les cellules épithéliales de la rétine, tandis que, dans des cas exceptionnels, on en a vu acquérir la grosseur d'une lentille.
Suivant les recherches de M. Poncet, à la formation de tubercules en boutons peut s'adjoindre l'infiltration tuberculeuse (fig. 216) plus ou moins généralisée,
Fie. 216.
i, prolifération, éléments bien conservés; 2, éléments irréguliers; 3, prolifération à l'entour des vaisseaux; 4, vrai tubercule; 5, vaisseau; 6, tissu cellulaire pigmenté en voie de prolifération.
ayant alors le caractère d'une choroïdite tuberculeuse, avec épaississement de la choroïde, mais sans bosselures. Sur cette infiltration tuberculeuse, peuvent alors s'élever des agglomérations de masses tuberculeuses qui présentent absolument, ainsi que le montre la figure 217, les caractères du tubercule miliaire, avec ses trois zones bien connues, le détritus cellulaire du centre et l'absence complète de vaisseaux. Mais, pour que ces agglomérations se révèlent à Pophthalmoscope, il faut encore qu'elles aient une certaine élévation et aient disjoint les éléments de l'épithélium rétinien.
(1) D'après les intéressantes expériences de M. Valude (Compte rendu du Congrès de Heidelberg, p. 06, 1887), on doit envisager la tuberculose de l'intérieur de l'œil comme résultant constamment d'une infection endogène, car même les blessures et piqûres conjonctivales contaminées avec le bacille du tubercule ne se prêtent pas à l'inoculation, si on ne les garantit pas du contact des larmes. Les bacilles de ce liquide et ceux du cul-de-sac conjonctival restent vainqueurs, d'après Valude, des bacilles introduits, ce qui expliquerait la rareté de la tuberculose externe de l'œil et de la conjonctive.
On peut ainsi se rendre compte que la tuberculose choroïdienne doit se présenter sous deux formes tout à fait différentes : l'une, caractérisée par la production de nodules isolés, l'autre, par une infiltration plus ou moins généralisée, pouvant présenter des nodosités saillantes. Ce sont surtout les tubercules isolés qui donneront à l'oplilhalmoscope une image nettement tranchée; toutefois, s'ils siègent tout près de la papille, ils devront, à cause de l'épaisseur de la rétine en ce point,
toBtoew.
Fie. 217.
1, épithélium polygonal de la rétine, quelques cellules en voie de dégénérescence colloïde; 2, éléments déformés du tubercule; 3, parties du tubercule imprégnées de pigment et formées de cellules qui sont en voie de prolifération (4-6); 5, vaisseaux perméables 7, sclérotique.
acquérir un certain développement avant de déplacer le pigment rétinien. Plus le développement du tubercule s'effectue près de la lamina fusca, plus aussi il prendra de temps, ainsi que le démontrent les coupes (fîg. 218), pour produire la procidence sphérique de la rétine, qui le distingue d'un foyer de simple choroïdite. La coloration particulière du tubercule, qui est d'un jaune pâle ou jaune rose, sans la moindre teinte de bleu ou de vert, et sans la teinte rouge foncé, à contour indécis, de l'éruption de la choroïdite disséminée, présente, de son côté, un caractère distinctif, bien que le tubercule n'offre pas non plus une délimitation précise. Dans un seul cas, M. Colmheim a signalé une démarcation du tubercule par un liséré de pigment, tel que le montre le dessin (fig. 219), qui représente en grandeur naturelle un tubercule choroïdien.
La saillie sphérique, la teinte, ainsi que la dégradation de celte teinte, sont les principaux caractères distinctifs du tubercule. Celte dégradation de teinte résulte de la consomption du pigment des cellules du slroma et de l'épilhélium, qui va en s'accentuant à mesure qu'on s'approche du nodule tuberculeux (fig. 220). La loca-