INFLAMMATION DU CORPS VITRÉ (HYALITIS
De même que nous nous servons du terme de kératite, en niant, avec Cohnheim, toute participation directe du tissu cornéen à la pyogenèse qui suit une irritation traumatique, et que nous admettons que toutes les altérations, que le tissu cornéen subit pendant la suppuration, ne sont que des phénomènes passifs de décomposition; de même, nous sommes autorisés à maintenir en ophthalmologie la désignation de hyalitis. Les cellules que renferme le corps vitré n'étant que des éléments immigrés (Schwalbe), l'effet d'une irritation inflammatoire se traduira donc par une accentuation dans l'appel de ces éléments et par des altérations passives du tissu même du corps vitré, sous l'influence de cette immigration plus active. Mais, tandis que, dans la cornée, les produits dus à la décomposition d'un ciment résistant se mêlent à ceux que l'irritation inflammatoire a amenés du dehors, la décomposition, dans le corps vitré, ne se manifestera que par une simple liquéfaction et par une substitution des éléments immigrés aux parties liquéfiées ou résorbées. Il y a donc ici une simple substitution, tellement sera minime le résidu des fibrilles décomposées du corps vitré.
On a voulu, d'après les expériences de Pagenstecher, qui démontrent clairement qu'après la pénétration d'un corps étranger, d'une cautérisation locale du corps vitré, le pus chemine du point de pénétration vers l'endroit vulnéré, conclure que le corps vitré n'est pas, dans le sens d'autres organes, susceplible de s'enflammer, c'est-à-dire que l'inflammation lui serait toujours transmise des membranes enveoppantes. Pourtant qu'y a-t-il de plus naturel que, dans une pareille expérience,