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CATARACTE PIERREUSE

centre de rotation de cet organe, tant sont restreintes les excursions que ces mouvements lui communiquent. Cette cataracte paraît être en rapport avec la persistance anomale de l'artère hyaloïde postérieure (de Ammon).

E. Cataracte pierreuse, osseuse (cataracta accreta).

Nous avons déjà signalé que des dépôts calcaires pouvaient se former au sein des masses cataraclées. Lorsque ces dépôts s'effectuent dans les éléments mêmes du cristallin, à des époques différentes de leur décomposition cataracteuse, ils offrent des caractères variables. Ainsi il arrive que, des libres complètement émulsionnées s'encroûtant de sels calcaires, la masse perde une quantité notable de l'eau qu'elle contient et se transforme en un magma crayeux, de consistance et d'épaisseur variables, et dans lequel il existe une certaine quantité de molécules graisseuses, de cristaux de cholestérine et de margarine, etc. Si, au contraire, le dépôt calcaire s'effectue dans un cristallin dont les fibres n'ont pas subi une altération aussi avancée, celles-ci peuvent conserver la presque intégrité de leur forme, quoique la totalité du cristallin se transforme en une masse pierreuse, résonnant au contact d'un instrument métallique. Il s'agit ici d'une véritable pétrification. En général, l'incrustation calcaire du cristallin occupe les couches corticales externes ramollies,

Fig. 264.

de préférence aux couches nucléaires et périnucléaires sclérosées, qui se trouvent parfois enveloppées d'une véritable coque calcaire.

Le diagnostic de cette cataracte est rarement difficile, attendu que la présence des produits calcaires s'y révèle par une éclatante coloration blanche ou faiblement jaunâtre. En outre, la grande profondeur de la chambre antérieure et le tremblotement de la périphérie de l'iris (cataracte tr émulante), démontrent qu'ici le cristallin a considérablement diminué de volume. A la suite de la réduction de ses diamètres, le cristallin se dégage assez souvent, en partie ou en totalité, de ses attaches, pour flotter en arrière de l'iris tremblotant, et parfois jusqu'au point de tomber dans la chambre antérieure. Dans d'autres cas, la cataracte, fixée à l'iris par plusieurs adhérences (cataracta accreta), se présente sous la forme d'un disque peu épais, quelquefois ombiliqué dans le point correspondant à la pupille. Lorsque l'incrustation calcaire s'est effectuée sur un cristallin primitivement luxé, la cataracte, déforme sphérique, n'est jamais ombiliquée.

Les cataractes calcaires s'observent à l'état congénital et chez les jeunes sujets, dont la cataracte, primitivement molle ou même liquide, s'est en grande partie

résorbée . En dehors de cela, ces cataractes résultent d'un trouble profond de nutrition, consécutivement à de graves altérations des membranes internes de l'œil, ayant particulièrement pour effet la formation de croûtes exsudatives isolant le cristallin des liquides nutritifs. Ce sont donc, principalement, les formes exsudatives et parenchymateuses chroniques d'irido-choroïdite qui sont les plus aptes à donner naissance à la variété de cataracte pierreuse. Aussi l'observe-t-on, presque toujours, sur des yeux où les fonctions de la rétine sont complètement abolies, qui sont le siège d'ectasies staphylomateuses, d'atrophie commençante, etc.

La cataracte osseuse, variété de la cataracte pierreuse, n'a pas encore été suffisamment confirmée par les études anatomo-pathologiques. D'ailleurs, si on regarde comme impossible la production, dans la cataracte capsulaire, d'un véritable tissu cellulaire dérivant de l'hypergenèse épithéliale, on sera bien forcé d'exclure l'idée d'nne ossification du cristallin.

Autrement se présentent, les choses lorsque la cristalloïde a été rompue, dans sa continuité, par un traumatisme : alors le tissu connectif peut pulluler du dehors dans le sac capsulaire, et ce tissu connectif, à son tour, peut devenir le siège d'une ossification. Ainsi le dessin (fig. 264) de M. Alt représente un pareil cas, dans lequel tout le sac capsulaire ratatiné et plissé, n'est rempli que par du tissu ossifié.

F. Cataracte traumatique, corps étrangers du cristallin.

On désigne, sous le nom de cataracte traumatique, un trouble de transparence du cristallin, consécutif soit à une lésion ou à une commotion violente, soit à une luxation plus ou moins complète de cet organe.

On comprend facilement, après la description donnée plus haut des différentes formes de cataracte, que les caractères et l'aspect des opacités, survenues consécutivement à une lésion de la cristalloïde, doivent nécessairement varier; 1° suivant l'étendue de la solution de continuité ; 2° suivant l'époque à laquelle elle a eu lieu ; 3° suivant les conditions d'âge du sujet, et 4° suivant le degré d'intégrité des autres parties de l'œil, avant et après la blessure.

L'étendue de la plaie capsulaire exerce la plus grande influence sur la nature de la cataracte produite. Ainsi, une simple piqûre, ou une étroite incision de la cristalloïde, donne lieu à un petit prolapsus de fibres cristalliniennes, qui se gonflent et se troublent rapidement, et qui, jusqu'au moment de leur dissolution, empêchent l'humeur aqueuse de pénétrer librement dans le reste du cristallin, où la présence de ce liquide aurait pour effet certain de déterminer la transformation cataracteuse. Celte évolution lente serait aussitôt troublée, dans le cas où l'instrument blessant aurait introduit, dans le sac capsulaire, des éléments infectieux qui y trouveraient un lieu de culture des plus favorables.

Si la dissolution des parties herniées du cristallin a exigé un temps suffisant pour que les lèvres de la plaie capsulaire aient pu se souder, par l'interposition d'une substance vitreuse et amorphe, la guérison se fait, en laissant simplement une opacité capsulaire circonscrite, susceptible même de disparaître chez de jeunes sujets. Mais si la plaie de la capsule persiste trop longtemps, ou si la résorption des fibres herniées se fait très promptement, comme on l'observe chez les enfants, il en résulte qu'à mesure que le flocon cristallinien se résorbe, l'humeur aqueuse arrive au contact des fibres cristalliniennes voisines de la plaie ; celles-ci se gonflent, font hernie et parfois donnent lieu à la rupture de la capsule, lorsque ce gonflement est très rapide et très étendu.

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