‹ Manuel d'ophthalmologieChapitre 138 sur 316 · CATARACTE SECONDAIRE · texte numérisé non relu

CATARACTE SECONDAIRE

Becker, sur ce t'ait que le pouvoir élastique de la cristalloïde se borne à un simple retrait, qui a pour eflet de plisser les parties qui avoisinent de la cristalloïde la plaie et d'agrandir celle-ci. Les trois instruments, dont on se sert pour attaquer la capsule antérieure, sont : des aiguilles (droites ou falciformes), une petite lancette implantée perpendiculairement à son support, et qu'on désigne sous le nom de kystitome, et les pinces-kystitomes.

La plaie qu'on fait, par un simple trait d'une aiguille, donne lieu à une fente qui s'élargit par le retrait de la capsule et s'agrandit par le passage du cristallin. Lorsqu'on a exécuté cette incision sur une grande étendue, dans une pupille fortement dilatée, il est fort difficile, en faisant agir de nouveau l'aiguille, ou la faux, de changer la forme de cette boutonnière, attendu que la cristalloïde plissée se trouve dépourvue de résistance, par suite de la plaie qui y a été pratiquée, et se déprime sous l'instrument. Des manœuvres de dilacération répétées n'ont d'autre effet que d'agrandir la boutonnière.

Les choses se passent d'une manière analogue avec le kystitome. Lorsqu'on a implanté, sur une pupille dilatée, la petite lancette de l'instrument dans la cristalloïde, et qu'on la ramène jusqu'au bord opposé delà pupille, ou jusque vers l'équateur du cristallin (en faisant un procédé combiné) , on forme une ouverture triangulaire à angle aigu, triangle d'autant plus ouvert que l'excursion du kystitome a été plus grande et a permis au lambeau triangulaire, que ramène le kystitome, de se plisser davantage, de même que les parties dont s'est détaché ce triangle. Les nouvelles manœuvres, avec le kystitome réintroduit, n'ont, aussi, pas d'autre action que d'agrandir cette plaie triangulaire, soit en refoulant davantage le lambeau, soit en élargissant les plaies latérales; mais on ne réussit pas à entamer de nouveau la cristalloïde sur les parties latérales.

La méthode la plus rationnelle, pour prévenir la formation de cataractes secondaires, consiste évidemment à enlever la cristalloïde antérieure, au moyen de la pince-kystitome, ainsi que de Wecker l'a indiqué il y a dix-huit ans. Avec ces pinces, dont les kystitomes s'engrènent latéralement, on exerce une légère pression sur la cristalloïde, après avoir écarté les branches, et on réussit ainsi à enlever, suivant le degré de cet écartement (que la largeur de la pupille détermine), un lambeau quadrangulaire de la cristalloïde plus ou moins étendu, 11 est inutile d'insister sur les avantages de cette ablation, s'étendant parfois à la presque totalité de la capsule munie d'épithélium, et qui remplace en quelque sorte l'extraction du cristallin dans sa capsule.

La sortie du cristallin aura certainement une influence sur l'agrandissement de la plaie en boutonnière, en triangle, ou quadrangulaire (avec la pince-kystitome), faite à la cristalloïde antérieure, et sur la façon dont se comportera ultérieurement la plaie. A-t-on pratiqué une fente verticale, celle-ci s'élargira, par le passage d'un noyau quelque peu volumineux, jusqu'au voisinage de l'équateur et se rétractera latéralement. La plaie court-elle le long de l'équateur, alors les lèvres de cette plaie, agrandie par la sortie du noyau, ne s'écarteront que légèrement, attendu que les deux feuillets exécuteront un mouvement de retrait dans le même sens. Dans ce second cas, la pénétration de l'humeur aqueuse dans le sac capsulaire se fait moins aisément, par suite la résorption est moins active et la formation de cataractes secondaires plus fréquente.

Lorsque le passage d'un noyau volumineux a élargi la plaie triangulaire d'une cristalloïde entr'ou verte avec le kystitome, alors les extrémités des sections vont atteindre les parties équatoriales de la capsule. Le lambeau triangulaire se renverse,

idi MALADIES DU CRISTALLIN.

riuinoiueul où la cataracte franchit la plaie, et se maintient souvent pincé dans celle-ci,

si on a pratiqué un procédé combiné; mais, ici, l'humeur aqueuse reste plus longtemps un contact avec lesaccapsulaire que lorsqu'on a ouvert la cristalloïde en fente.

La plaie quadrangulaire que donnent les pinces-kystitomes l'emporte évidemment sur les deux genres précédents de plaies, tant comme facilité de sortie du noyau, que comme pénétration prolongée de l'humeur aqueuse dans le sac capsulaire et, aussi, comme garantie de tout pincement capsulaire dans la plaie.

2° Quelle position occupent les feuillets capsulaires, tant que, après la sortie du cristallin, la chambre antérieure ne s'est pas formée? — L'iris et la capsule postérieure étant mis en contact avec la cornée, on comprend que les lèvres delà plaie de la cristalloïde antérieure viennent toucher la cristalloïde postérieure et, cela, quelque genre de plaie que l'on ait pratiqué ; en outre, les parties lésées de la cristalloïde s'adossent directement à l'iris, contre lequel elles sont poussées par le corps vitré, qui fait bomber la capsule postérieure en avant. Deux effets se produisent invariablement par un retard prolongé dans le rétablissement de la chambre antérieure : une agglutination et une fermeture rapides du sac capsulaire, à moins que la cristalloïde antérieure n'ait été amplement arrachée avec la pince-kystitome, et la formation de synéchies. Un prompt rétablissement de la chambre antérieure reste donc, pour ces raisons, un des desiderata d'une méthode opératoire, à part la plus grande facilité d'élimination de germes introduits dans l'œil, que permet le rélablissement du courant excréteur normal.

o° La chambre antérieure formée, quelle place occupe la cristalloïde ? - A mesure que l'humeur aqueuse s'accumule, la cristalloïde postérieure est repoussée en arrière, ainsi que les lambeaux de la capsule antérieure, qui étaient adossés à l'iris. Le tout, avec les masses cristalliniennes, sera refoulé, de façon à se trouver dans un plan perpendiculaire à l'axe antéro-postérieur de l'œil et situé, lorsque aucune adhérence ne s'est produite, à une certaine distance de l'iris, qui présentera, dans toute son étendue, un tremblotement très accusé. Pendant cette période, s'opère généralement la cicatrisation des lèvres de la cristalloïde antérieure avec la postérieure, en emprisonnant alors définitivement ce qui, du cristallin, ne s'est pas échappé de l'œil et n'a pu subir l'action dissolvante de l'humeur aqueuse. Cette agglutination s'opère, à la fois, par la pullulation de masses vitreuses, ainsi que par l'organisation des cellules épithéliales restées intactes sur les parties respectées de la capsule antérieure. En général, un bourrelet circulaire plus ou moins épais reste ainsi dans l'œil.

Mais, même lorsque les lambeaux rétractés de la cristalloïde antérieure ne se sont agglutinés que vers les parties équatoriales, la cristalloïde postérieure ne devient pas moins, dans un certain nombre de cas, le siège d'altérations qui peuvent retirer une quolité assez sensible du chiffre de l'acuité visuelle, ohtenu par une extraction parfaite. D'abord la cristalloïde postérieure, échangeant sa concavité contre une position plane, tend â se plisser et à se rétracter. En outre la transparence de cette membrane peut souffrir à un degré variable. En l'examinant avec le grossissement d'une forte loupe, à un éclairage intense, ou la trouve souvent saupoudrée de fins cristaux et, non seulement plissée, mais ondulée par suite, probablement, d'un épaississement vei ruqueux.

La cataracte secondaire compliquée se développe, surtout, lorsque des symptômes inflammatoires se sont, au cours de la guérison, déclarés dans la partie antérieure du traclus uvéal, et qu'il y a eu réunion des lambeaux capsulaires avec l'iris et pénétration de produits inflammatoires dans le sac capsulaire, incomplètement ouvert

Page 1