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FRÉQUENCE DE LA CATARACTE

3'1 II a déjà été question des déplacements congénitaux (p. 4(30) du cristallin, qu'on a si improprement rangés comme ectopies. Cette anomalie doit aussi se rattacher, comme le coloboma cristallinien, à un arrêt dans le développement de la zonule, et se rencontrer dans les cas où le cercle choroïdien montre un manque congénital. Il est de fait que presque toujours 1 eclopie cristallinienne, siégeant habituellement en haut et latéralement, coïncide avec un déplacement congénital de la pupille, une corectopie. Jusqu'à présent, on n'a pas rencontré de luxation congénitale du cristallin dans le corps vitré, ni une aphakîe congénitale, à part celle qui concorde avec un certain degré de buphthahnie, et qui résulte d'une destruction intra-utérine île In cornée avec sortie du cristallin.

FRÉQUENCE DE LA CATARACTE EN GÉNÉRAL ET DES INFLUENCES PROFESSIONNELLES QUI PRÉDISPOSENT A LA PRODUCTION DE LA CATARACTE

Nous avons longuement insisté, dans l'article qui a pour objet l'étiologie de la cataracte, sur la diversité des causes générales et locales sous l'influence desquelles peut se développer un trouble de transparence du cristallin. Il nous reste pourtant à examiner s'il n'existe pas des conditions professionnelles, hygiéniques et climatériques qui constituent des causes prédisposantes de cette altération cristallinienne.

On a autrefois admis que, parmi les personnes atteintes de cataracte, on comptait beaucoup plus d'hommes que de femmes. Nos statistiques prouvent que le nombre des femmes cataractées est plus considérable, à part la cataracte traumatique, à laquelle les professions qu'ils exercent exposent beaucoup plus les hommes. Certaines professions viriles, et les conditions défavorables où sont placés ceux qui les remplissent, doivent excercer quelque influence sur la production de la cataracte. A ce sujet, nous dirons, comme l'a fait Wenzel, que « les personnes qui sont exposées à un feu vif, comme les forgerons, les serruriers, les verriers et autres ouvriers de ce genre », sont plus particulièrement sujettes à la cataracte. Ce qui nous parait favoriser, dans ces circonstances, le développement de la cataracte, ce sont surtout les abondantes déperditions d'eau qui se font par la peau, sous l'influence prolongée d'une haute température et d'un violent exercice musculaire. C'est ainsi que la cataracte s'observe si souvent dans les régions tropicales, chez les personnes surmenées, au milieu même de la saison la plus chaude. A l'appui de celte opinion, nous citerons la fréquence relative de la cataracte chez les habitants de la campagne, où cette particularité ne paraît pas se rattacher uniquement à l'insuffisance de l'alimentation. D'ailleurs, parmi ces derniers, les vignerons, que le travail au soleil et sur un sol échauffé expose à des transpirations prolongées, sont peut-être ceux qui sont le plus souvent atteints. 11 est à regretter que nous ne trouvions actuellement aucune indication statistique sur cette matière, dans la littérature médicale des pays équatoriaux, et que nous soyons réduits à nous en tenir à des indications aussi peu précises.

Parmi les professions dans lesquelles la cataracte s'observe avec une certaine fréquence, de manière à confirmer l'influence que nous attribuons à une diminution de la proportion d'eau contenue dans les sucs parenchymateux, nous signalerons encore les mineurs employés à l'exploitation du sel gemme (Pologne). On est tout

naturellement porté à admettre, relativement à ces faits, l'action spéciale du chlorure de sodium ; car les ouvriers, attachés aux autres mines et soumis à des conditions hygiéniques presque identiques, ne présentent pas la même particularité.

Nous voudrions appeler l'attention sur un dernier point, non encore mis à l'étude, à savoir si certains états de réfringence de l'œil n'auraient pas une influence sur le développement de la cataracte, comme, par exemple, des degrés accusés d'hypermétropie, états dans lesquels une tension prolongée de l'accommodation, accompagnée d'une réduction de l'afflux du sang dans les parties antérieures du tractus uvéal et d'un rétrécissement de l'espace périlenticulaire, est nécessairement mise en jeu, lorsque les sujets, dont il est question, exercent un état qui les force à s'adapter constamment pour des objets très rapprochés. Des statistiques viendront peut-être plus tard jeter quelque jour sur cette obscure question de l'étiologie de la cataracte, et nous éclairer, en même temps, sur la prédisposition que l'hérédité détermine manifestement, dans un certain nombre de cas.

Pour ce qui regarde la fréquence des diverses variétés de cataracte et leur répartition suivant le sexe, nous renvoyons au tableau ci-contre, dressé par M.Esmerian, et portant sur un chiffre de quarante mille malades observés à la clinique de la rue du Cherche-Midi.

DIAGNOSTIC DES DIFFÉRENTES VARIÉTÉS DE CATARACTE, DE LEUR NATURE,. DE LEUR MARCHE, DES TROUBLES FONCTIONNELS QU'ELLES ENTRAÎNENT ET DE LEURS COM- PLICATIONS.

Un point important du diagnostic de la cataracte sénile consiste à reconnaître quelles sont les opacités des parties équatoriales qui menacent d'envahir la totalité du cristallin, et à quelle époque probable cette évolution pathologique sera complète. Pas un praticien, fréquemment consulté sur la marche présumable d'une cataracte, n'ignore que le pronostic est, en pareil cas, hérissé de difficultés, et qu'il s'expose souvent, en répondant avec trop de précision, à des erreurs grossières. Toutefois, nous possédons quelques signes qui nous permettent d'annoncer qu'une opacité de nature sénile, et située vers l'équateur du cristallin, doit, ou non, se propager au reste de cet organe pour constituer une cataracte complète. Il faut, en premier lieu, examiner si cette opacité équatoriale envoie, vers les pôles du cristallin, des stries rayonnantes qui s'avancent fortement dans celte direction ; en second lieu, voir si ces stries présentent, ou non, une certaine largeur ; enfin, rechercher s'il existe dans les masses corticales, et en discontinuité avec le bourrelet équatorial opaque (qui est presque toujours un anneau complet), de petites plaques opaques irrégulières, au voisinage des parties centrales de la lentille.

Lorsque l'examen àl'ophthalmoscope (avec le miroir plan), ou à l'éclairage latéral, révèle simultanément la présence de ces trois caractères, tout porte à croire que le sujet est atteint d'une cataracte progressive, qui se complétera d'autant plus rapidement que les stries rayonnantes sont plus larges, plus épaisses, et partant plus voisines de la cristalloïde. En général, le pronostic, relatif au laps de temps dans lequel une cataracte doit atteindre sa maturité, est assez difficile à préciser, et il est prudent de ne se prononcer sur ce point qu'en termes assez vagues. Toutefois, il

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