‹ Manuel d'ophthalmologieChapitre 158 sur 316 · ARTICLE XV APPENDICE · texte numérisé non relu

ARTICLE XV APPENDICE

La pensée de chasser du champ pupillaire une cataracte dure, en l'immergeant dans un tissu tel que le corps vitré, où, loin de se dissoudre, elle peut agir à la manière des corps étrangers, est démontrée actuellement si peu rationnelle, que nous hésiterions à décrire cette méthode de traitement, si, en dépit des fâcheux résultats qu'elle a si souvent donnés, elle n'avait cependant rendu la vue, dans un certain nombre de cas. Voici pourquoi nous donnons ici un court aperçu de ceite méthode :

Les instruments nécessaires à l'exécution de l'abaissement sont : 1° une pince à fixation; 2° une aiguille faiblement courbée sur le plat, de 1 millimètre de largeur, et mesurant, entre la pointe et le collet, de 3 à 4 millimètres.

Le malade, ayant la pupille dilatée, s'assied devant l'opérateur, qui, après avoir fait écarter les paupières, saisit avec des pinces un pli de la conjonctive, près du bord interne de la cornée. 11 enfonce ensuite l'aiguille, tournée en haut par sa convexité, dans la sclérotique, à 4 millimètres du bord cornéen et à 2 millimètres au-dessous du diamètre horizontal de l'œil. Au moment où l'instrument pénètre, il doit occuper une direction perpendiculaire au plan tangent à la sclérotique par le point de ponction, et ses bords tranchants doivent regarder directement vers les pôles antérieur et postérieur de l'œil. De cette manière, l'aiguille entre, dans la direction des nerfs et des vaisseaux, assez loin de la cornée pour ne pas blesser la portion la plus épaisse du corps ciliaire et pourtant, assez près du limbe cornéen, pour tomber facilement entre l'iris et la cristalloide, au voisinage de son bord. Dès que l'aiguille a traversé la sclérotique jusqu'à son collet, on dirige en avant sa l'ace convexe, et, faisant basculer son manche du côté de l'oreille autant qu'il est nécessaire, on dirige sa pointe entre le bord pupillaire et la capsule, de manière à raser l'iris avec le plat de l'instrument.

On pousse la pointe de l'aiguille, mise à plat sur la capsule antérieure, vers la partie médiane de cette dernière; puis, l'ayant portée à 1 millimètre du bord interne de la pupille dilatée, on s'en sert comme d'un levier, soit, d'après Willburg, pour renverser purement et simplement la cataracte, soit, suivant Scarpa, pour la renverser et l'abaisser en dedans et en bas.

Une fois le cristallin déplacé du champ pupillaire, on maintient quelques instants l'instrument dans la position qu'on lui a donnée; puis ou ramène le manche de l'aiguille dans la direction de l'oreille, pour qu'elle se porte par sa convexité vers les procès ciliaires, et l'on se tient prêt à la ramener, une seconde fois, dans la pupille, pour le cas où l'on verrait

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