‹ Manuel d'ophthalmologieChapitre 171 sur 316 · ANÉYRYSME DE L'ARTÈRE CENTRALE DE LA RÉTINE · texte numérisé non relu

ANÉYRYSME DE L'ARTÈRE CENTRALE DE LA RÉTINE

La dilatation anévrysmale des capillaires de la rétine a été signalée par Liouville, simultanément avec des altérations vasculaires du cerveau, expliquant jusqu'à un certain point la fréquence des attaques apoplecliformes précédées d'hémorrhagies rétiniennes. Ces anévrysmes miliaires, que révèle la nécropsie, se rencontrent fréquemment avec une artério-sclérose, activée par l'alcoolisme ou engendrée par une endartérite de cause spécifique. Bien entendu, ces dilatations ne se révèlent à l'ophthahnoscope que lorsqu'elles ont donné lieu à une rupture. Dans certaines formes de rétinites apoplectiformes suivies de glaucome (glaucome hémorrhagique), on a aussi rencontré des dilatations anévrysmales des capillaires (Poncet, Pagenstecher).

Quant à la dilatation sacciforme de l'artère centrale de la rétine, les exemples en sont très rares. La première observation ophthalmoscopique d'anévrysme de l'artère centrale a été recueillie par M. Sous, de Bordeaux, sur une femme. La tumeur anévrysmale, qui exécutait des mouvements alternatifs de contraction et de dilatation, occupait les deux tiers inférieurs du disque papillaire (image renversée) et déhordait même la papille. Elle présentait sa grosse lubérosité en haut et se rétrécissait en bas, pour se continuer avec une artère de la rétine.

ANÉMIE ET ISCHÉMIE DE LA UÉTINE

l* Grâce à la tension régulatrice de la circulation hitra-oculaire, les anémies générales, se produisant lentement à la suite de maladies débilitantes et émaciantes, ne retentissent que faiblement sur la quantité de sang amenée dans l'œil. C'est ce que démontre d'ailleurs l'intégrité de la fonction rétinienne; mais celle-ci se trouve instantanément abolie dès qu'une véritable ischémie de la rétine se produit,

EiMBOLIE DE L'ARTERE CENTRALE DE LA KÉTINE. 577

et cela n'a lieu que lorsque l'afflux du sang s'opère sous une pression telle, qu'il ne peut plus vaincre la résistance qu'oppose à l'entrée du sang artériel la tension intra-oculairc, ou lorsqu'une pression directement exercée sur l'artère centrale de la rétine, ou un obstacle dans le calibre de ce vaisseau, empêchent le sang artériel de se rendre à la rétine.

La vue s'obscurcit ainsi instantanément lorsqu'un sujet tombe en défaillance, et la tension cardiaque produit par son affaissement à la fois l'affaissement de la circulation cérébrale et rétinienne. Il en est de même lorsque, dans l'agonie, la circulation se ralentit progressivement, le mourant se voit plongé dans les ténèbres souvent avant d'avoir perdu conscience. C'est encore la nuit, se répandant brusquement autour d'un malheureux épileptique , qui lui annonce l'attaque. Le cholérique, dont le cœur et les vaisseaux deviennent impuissants pour charrier un sang trop épaissi, est souvent frappé de cécité au cours de la période asphyxique de son affection, et pourtant, dans celte maladie, on peut voir une cyanose déjà excessivement accusée coïncider encore avec une circulation continue de la rétine. Les personnes qui périssent par hémorrhagies voient jusqu'au moment où elles perdent connaissance. Dans ces divers états, c'est au moment où l'intermittence dans la circulation est signalée que la fonction rétinienne cesse.

Quant à l'ischémie rétinienne qui se produit dans les cas de thrombose et d'embolie des vaisseaux de la rétine, il en sera question dans l'article suivant.

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