‹ Manuel d'ophthalmologieChapitre 172 sur 316 · EMBOLIE LIE L'ARTÈRE CENTRALE L)K LA RÉTINE · texte numérisé non relu

EMBOLIE LIE L'ARTÈRE CENTRALE L)K LA RÉTINE

Déjà, en 1854, Virchow avait annoncé la possibilité de voir, au moyen de l'ophthalmoscope, des embolies sur le vivant; mais c'est en 1859 que de Graefe publia la première observation d'embolie de l'artère centrale. Enfin M. Schweigger eut la bonne fortune de recueillir une pièce anatomique et de démontrer, le premier, l'arrêt de l'embolus dans l'artère centrale même, dont il obturait complètement le passage.

Dans la description, nous devons séparer l'embolie de l'artère centrale de celle de ses branches.

A. Embolie de l'arlère centrale.

L'examen ophthalmoscopique, dans cette affection que caractérise l'instantanéité de l'abolition de la vision, fournit des résultats qui varient suivant l'époque à laquelle on observe l'œil malade : peu de temps après l'accident, les artères semblent vides de sang dans une grande partie ou dans la totalité de leur trajet, et apparaissent alors avec l'aspect de filets blanchâtres. On peut aussi voir au centre du cordon blanc que forme le vaisseau un mince filet sanguin. Les veines sont elles-mêmes rétrécies, surtout au niveau de la papille. La section du nerf optique présente une pâleur évidente et sa coloration est grisâtre. Il y a absence de toute pulsation veineuse, et la pulsation artérielle ne peut plus être provoquée parla compression avec le doigt,

Ces phénomènes d'interruption de la circulation artérielle sont rapidement suivis de troubles trophiques de la rétine. Au bout de vingt-quatre ou quarante-hui heures, un oedème se loi alise de préférence autour de la macula et du nerf optique.

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On voit la tache jaune s'entourer d'une opacité grisâtre et simuler un foyer d'apoplexie rétinienne, tant sa coloration, due à sa transparence, contraste avec les parties voisines. La conformation régulière, que lui assigne la structure anatomique de la fossette centrale, la différencie des petites hémorrliagies qu'on rencontre parfois dans cette région. Le trouble rétinien diminue insensiblement, mais laisse persister sur la tache jauue d'innombrables points ou de petites plaques d'un gris clair ou rougeàtre.

Pendant les différentes phases de l'altération de nutrition que subit ainsi la rétine, on observe ordinairement des phénomènes circulatoires extrêmement curieux dans les veines. Ainsi, on peut voir la colonne sanguine se précipiter, par un jet rythmique et par saccades, de la périphérie du vaisseau vers son point d'immergence, m emplissant irrégulièrement les différentes parties de la veine. Nous avons d'ailleurs vu, dans un cas, ce même phénomène se produire dans les artères au voisinage de la papille.

Nous regardons, comme un signe différentiel entre Y embolie et Yapoplexie du nerf, la concordance du trouble péripapillaire avec la disparition de la vision et l'apparition de petites apoplexies parlant du bord papillaire (entre celui-ci et la macula). En outre dans la véritable embolie, la circulation ne se relève que fort peu, même dans les veines, les artères restant affaissées et ne se laissant poursuivre sous forme de minces lilets sanguins, garnis de lignes blanchâtres, qu'à une assez courte distance de la papille.

Les troubles visuels, dans l'embolie de l'artère centrale, sont instantanés, entrai-

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Fig. 321.

nant sans signes de compression des libres nerveuses (éblouissements, phosphènes) une cécité qui marche, lorsque les malades se sont bien observés, de la périphérie vers le centre. Toutefois, chez certains malades, une partie du champ visuel, située le plus souvent en haut et en dehors, est conservée, et la vision peut persister au

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