EMBOLIE DE L'ARTERE CENTRALE DE LA RETINE
point de voir le mouvement de la main ou même de pouvoir compter les doigts. On a constaté, chez nombre de personnes atteintes d'embolie, que la perte de la vision a été précédée d'une sorte tfaura, c'est-à-dire que la vision, sur l'œil atteint ultérieurement d'une cécité complète, a été passagèrement obscurcie pendant quelques instants.
Les figures 331 et 322 se rapportent à des cas examinés par I
Fig. 322.
Sichel fils et montrent Yembolus engagé dans l'artère centrale. Ainsi qu'il arrive le plus souvent, Yembolus se trouvait juxtaposé à la lame criblée. On a aussi vu parfois le caillot envoyer dans la bifurcation de l'artère un prolongement (Neltleship).
Le dessin du cercle de Haller (fig. 323 et 324), emprunté à E. de Jaeger, donne bien une idée des difficultés que doit rencontrer le rétablissement d'un courant latéral.
Le diagnostic se base surtout sur la soudaineté de la cécité, l'apparition à terme
Fig. 323.
Fig. 321.
fixe (vingt-quatre à quarante-huit heures) de l'œdème rétinien et la coïncidence des troubles circulatoires, qui facilitent la formation d'un embolus; ce sont les vices valvulaires avec hypertrophie cardiaque, les dilatations anévrysmales de Vaorte, et surtout, les diverses formes d'endocardite. La période puerpérale est aussi une condition favorable à lu production de cette affection, de même le rhumatisme articulaire aigu et les formes graves de néphrite.
Le pronostic reste sérieux pour ce qui concerne la santé générale du sujet, qu'il s'agisse d'ailleurs d'embolie ou d'apoplexies vaginales, et assez fréquemment on a vu les malades succomber à des phénomènes d'embolie ou d'apoplexie cérébrale.
Relativement au traitement de l'embolie de l'artère centrale, nous citerons les vains essais tentés dans le but d'affaiblir la pression intra-oculaire et de favoriser l'appel du sang dans l'œil (paracentèses, sclérotomie, iridectomie). On a aussi conseillé l'iodure de potassium comme propre à dissoudre le caillot obstructeur. Actuellement, renseigné sur l'inutilité de ces moyens, on se borne à appeler loule son attention sur le traitement des troubles circulatoires que pareils malades présenlenl, en les soumettant aux cures de lait, à l'emploi des eaux minérales diurétiques, à l'usage de la digitaline, etc.
R. Embolie d'une branche de l'artère centrale de la rétine.
Les différentes branches de l'artère centrale de la rétine peuvent isolément devenir le siège d'un embolus qui nous donne, comme phénomène fonctionnel, une abolition complète de la vision dans la section du champ visuel qui correspond à la partie rétinienne privée de l'afflux de sang artériel. C'est ainsi qu'on peut rencontrer une hémianopsie, supérieure ou inférieure, ou la perte d'un quart du champ visuel. Si les vaisseaux maculaires sont restés libres, la vision centrale sera intacte.
L'image ophthalmoscopique nous montre le trouble œdémateux localisé à la portion de la rétine privée de sang artériel, de même qu'à un secteur de la papille. Avec l'oblitération définitive de la branche atteinte de l'artère centrale, on constate alors aussi une atrophie partielle de la papille du nerf optique. La branche obstruée est en pareil cas transformée en un cordon blanc, au centre duquel se voit aussi parfois un mince filet sanguin.
C'est dans les cas d'embolie d'une des branches de l'artère centrale que se rencontre Y infarctus hémorrhagique. Une régurgitation s'opère en effet, vers les veines correspondantes à l'artère oblitérée, lorsque le sang veineux continue à circuler dans le restant de la rétine; vides et flasques, ces veines s'engorgent de plus en plus, et finissent par se distendre et se prêter à une diapédèse plus ou moins abondante. Ces bémorrhagies disparaissent avec l'œdème, sans laisser de traces, et les veines reprennent leur diamètre ordinaire.