QUELQUES FORMES RARES DE RÉTINITE
a. Rétinite oœalurique. — b. Rétinite leucémique. — c. Rétinite de V anémie pernicieuse. — d. Rétinite ictérique.
a. La rétinite oxalurique se rencontre si exceptionnellement qu'on aurait bien tort de ne pas la considérer comme une simple rétinite apoplectiforme, coïncidant avec l'oxaluric et, probablement, avec des troubles circulatoires dépendant de vices cardiaques.
C'est Bouchardat qui, en réunissant tous les troubles qui se rencontrent dans les diverses maladies, avec altérations manifestes de la sécrétion urinaire, parla, le premier, d'une coïncidence de troubles de la vision chez les oxaluriques. Plus lard, des observations de rétinite, attribuée à l'oxalurie, furent publiées par Mackenzie et Leber. Dans ces cas, il s'agissait de rélinites apopleetilbrmes avec invasion dans le corps vitré, organisation des caillots et formation de nouveaux vaisseaux (apoplexies vaginales faisant irruption dans le corps vitré et qu'on désigne, à tort, sous le nom de rétinite proliférante).
b. Rétinite leucémique. — On rencontre, conjointement avec la maladie, si peu fréquente, désignée sous le nom de leucémie, une sorte d'oedème rétinien avec exlravasations sanguines, affection à laquelle M. Liebreich , qui l'a le premier observée, a donné le nom de rétinite leucémique.
Les deux yeux sont constamment atteints. L'œdème de la rétine, plus ou moins généralisé, laisse parfois apparaître la macula comme dans un cas d'embolie de l'artère centrale. Quant aux hémorrhagies, elles longent particulièrement les vaisseaux, en formant des amas d'une épaisseur sensible, et elles montrent peut-être plus de tendance à se localiser autour de la macula et vers la périphérie, que cela ne s'observe pour la simple rétinite apoplectiforme. Les foyers hémorrhagiques sont d'une coloration blanchâtre et entourés d'un liséré rouge. Les vaisseaux présentent une tortuosité très marquée, et les artères prennent, chez des sujets fortement leucémiques, une teinte orange, les veines tirant sur le rouge clair ou rose. Il doit forcément en être ainsi de la coloration des vaisseaux, si Ton considère qu'il y a des leucémiques chez lesquels les corpuscules blancs égalent ou même dépassent le nombre des rouges. D'ailleurs, tout le fond de l'œil, lorsque le pigment choroïdien n'est pas trop accusé, offre une teinte jaunâtre dans les cas extrêmes.
Des examens microscopiques ont permis de constater (pie tous les vaisseaux présentent une augmentation de calibre et que, par places, leur membrane adventice se
FORMES RARES L)E RÉUNÎTES.
trouve infiltrée de leucocytes superposés en plusieurs couches. Les foyers hémorrhagiques se composent d'un entassement de corpuscules lymphoïdes, à peine entremêlés de corpuscules rouges, qui, eux, ne se rencontrent en plus grand nombre que vers le bord de la tache. Cet entassement, occupant parfois toute l'épaisseur de la rétine et proéminant du côté du corps vitré, résulte de la lenteur extrême avec laquelle s'opère la diapédèse.
c. Rétinite de V anémie pernicieuse. — Conjointement avec l'anémie pernicieuse, on a rencontré une forme particulière de rétinite hémorrhagique, qui se différencierait de la précédente en ce que les foyers arrondis seraient enrubannés par un liséré rouge bien plus large que dans la rétinite leucémique. Ces foyers, surtout composés de globules blancs en voie de décomposition, siègent, lorsqu'ils sont peu étendus, dans les couches internes, et résultent de la rupture des capillaires dilatés en diverticules (Manz). Il existe, en outre, de vastes foyers sanguins au voisinage de veines distendues et tortueuses (HornerV L'œdème rétinien est peu accusé et ne
Fig. 333.
Formation de tissu cellulaire dans la rétine à la suite (Fhémorrliagies. Emmétr. V = \ 'œil gauche, image renversée).
masque que légèrement les contours de la papille, d'une pâleur frappante. Comme dans la forme de rétinite précédente, il y a absence, dans uu certain nombre de cas, de troubles visuels.
d. Rétinite icterique. — La chromatopsie dans les cas d'ictère et de maladies du foie, ainsi que les troubles visuels, chez des sujets atteints de cirrhose, sont connus depuis longtemps, mais des examens irréfutables de complications rétiniennes, chez ces malades, font presque complètement défaut.
DE WECKER ET Ma- I
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RETIN1TE SYPHILITIQUE
Bien que, dans l'infection syphilitique, il s'agisse communément d'une chorio-rétinite, comme le démontre la participation du corps vitré, il existe cependant des cas où les hémorrhagies rétiniennes et celles des gaines du nerf optique jouent le rôle prépondérant et donnent lieu à un tissu cicatriciel, que l'on a désigné improprement sous le nom de rétinite proliférante. Dans le premier cas, l'altération occupe de préférence la région de la macula; dans le second, elle avoisine la papille qui peut se trouver plus ou moins complètement masquée. Cette prétendue rétinite proliférante se présente sous l'aspect de masses enchevêtrées d'un gris verdâtre (voy. fig. 333).
Nous devons admettre, en nous appuyant seulement sur le rapport de quelques cliniciens (de Graefe, Alexandre, Dehenne), l'existence d'une forme de rétinite centrale à récidive, caractérisée par un fort trouble grisâtre, ou gris jaunâtre, autour de la macula, se laissant parfois dissocier en petits points, ou groupes de points, et qui, très fugace, se dissipe complètement ou ne laisse, après plusieurs réapparitions, que quelques plaques pigmentaires diffuses et irrégulières ; mais notre vaste matériel d'observation ne nous en a jusqu'ici fourni aucun exemple.
ARTICLE XIII