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RÉTINITE DIFFUSE, RÉTINITE INTERSTITIELLE, RÉTINITE SÉREUSE

Jusqu'à présent, nous avons exposé les diverses formes de.rétinites dont l'existence

l'iG. 334. — Petites excroissances variqueuses de la rétine, proéminant vers le corps vitre et résultant de l'épanouissement des fibres de Millier. Le côté des excroissances, dirigé vers le corps vitré, est en partie recouvert par l'hyaloïde, nettement visible en ce point.

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Flfi. 335.— Rétinite avec prolifération des fibres radiées et formation de tissu cellulaire réticulé à la surface interne de la rétine.

m, /', libres de Millier (d'après Haase).

réunîtes diffuse, INTERSTITIELLE ET SÉREUSE. 595

est, cliniquement, plus ou moins nettement démontrée ; les rétinites diffuse, interstitielle et séreuse n'existent qu'anatomiquemcnt. C'est une manifestation qu'on rencontre occasionnellement (dans la rétinite syphilitique et comme altération sénile), mais qui ne constitue aucune image clinique propre et nettement définie.

1° D'après Leber, la rétinite diffuse (syphilitique) éclaterait tout d'abord dans les couches internes de la rétine, tandis que l'envahissement des autres couches ne s'opérerait qu'ultérieurement et à un degré moi nôtre. Cette affection donne lieu à une augmentation notable des fibres radiées de support et de leur pédicule, ainsi qu'à la production de nombreuses fibrilles de tissu cellulaire, courant parallèlement aux fibres nerveuses, et à un épaississement sensible de la membrane adventice des vaisseaux. Cette rétinite interstitielle, qui a pour résultat une augmentation notable

Fig. 336. — Papillite avec prolifération très accentuée de l'extrémité intra-oculaire du nerf optique. Hypertrophie des couches des grains et décollement rétinien péripapillaire, sur un œil plithisique (d'après Leber).

des tissus de support, entraîne, là où elle se produit, un étouffement et une atrophie des éléments nerveux, en affectant les allures de la cirrhose rétinienne.

Dans certains cas, les extrémités pédales des fibres radiées en voie de prolifération font saillie vers la margo limitans et produisent ainsi, du côté du corps vitré, une série de petites excroissances variqueuses (fig. 334), ou donnent lieu à la formation d'arcades (Leber, fig. 335). Ces proéminences se rencontreraient aussi sur des yeux considérés comme sains, mais ne siégeraient alors que dans les parties les plus excentriques de la rétine.

Dans la rétinite interstitielle, on voit à la longue la trame du tissu cellulaire ressortir de plus en plus, et, après la disparition des éléments nerveux des couches conductrices et du ganglion rétinien, on peut aussi observer une destruction des cellules visuelles, après que celles-ci ont tout d'abord passé par un œdème déformateur. Finalement ce n'est que la trame cellulaire de support qui persiste, ainsi que l'accumulation marquée du tissu connectif hyperplasié à l'entour des vaisseaux. Ces altérations dégénératrices de la rétine ont surtout été étudiées sur des yeux énucléés, ayant passé par des degrés d'atrophie plus ou moins avancée; on rencontre alors des cas où cette rétinite dégénératrice et pernicieuse s'est exceptionnellement accentuée à l'entour de la papille, en déterminant un gonflement qui rappelle celui de la

papillite et en se combinant de décollements circonscrits au voisinage de la papille (voy. fig. 336).

2° La rétinite séreuse, l'œdème rétinien (dégénérescence cystoïde de la rétine)

Fig. 337. — Œdème rétinien, d'après Iwanoff.

fi, cavités dans la couche granuleuse externe (couche fibreuse externe); b, cavités dans la couche granuleuse interne; a', cavité commune résultant de la rupture de la paroi interposée; zw, couche in tergranuleuse (cloison entre les cavités); ss, faisceaux de fibres radiées allongées. (Gross. Syst. 7, Ocul. 3.)

constitue une altération sénile, ou concomitante avec d'autres affections morbides. œ3ép siège de préférence vers la région équatoriale et, contrairement à ce qu'on observe pour la forme précédente, elle se localise dans les couches externes de la

RETINITE SUPPURATIVE.

rétine (couches granuleuses). La maladie qui nous occupe présente si peu les caractères anatomiques d'une inflammation, que IwanoiF, qui l'a principalement étudiée et fait connaître, la désignait sous le nom d'œdème rétinien.

11 se forme, au début de la maladie, par l'écart des fibres de support et des grains, dans la couche granuleuse externe, de petites cavités (voy. fig. 337). Par suite de

Fig. 33b'. — Kyste rétinien, d'après Haase. /, ;', membrane limitante externe (hyaloïde); v, vaisseau rétinien.

la dissociation et du refoulement des grains, ces petites cavités finissent par n être entourées que par des fibres radiées, réunies et entassées en faisceaux. Lorsque de semblables kystes se développent dans la couche des grains internes, il en résulte deux séries de cavités, superposées à la façon des arcades d'un viaduc. Les cloisons de ces cavités s'amincissent de plus en plus à mesure qu'elles s'agrandissent, et, finalement, les grains et la couche intergranuleuse disparaissent sur divers points (voy. fig. 339, p. 598). Les parois latérales de deux kystes voisins peuvent même disparaître pour amener la production d'un kyste plus volumineux (fig. 338). A mesure que se forme cette usure des couches granulaires, on voit les couches conductrices, ainsi que les cellules visuelles, qui avaient longtemps conservé leur intégrité parfaite, souffrir à leur tour de la compression et subir une destruction progressive.

On peut encore rencontrer la production de kystes sur des rétines atteintes de décollement, ainsi que le montre la figure 340 (p. 598) de Leber. Le contenu de ces kystes serait identique au liquide siégeant sous la rétine.

RETINITE SUPPURATIVE

La rétinite suppurative n'est le plus souvent qu'un symptôme concomitant de la choroïdite suppurative, qu'une manifestation de la panophthalmie en général ; pourtant, dans certaines formes infectieuses (Virchow), métastatiques (Knapp) et même traumaliques (Berlin), la rétinite peut précéder la choroïdite et même, jusqu'à un certain point, conserver son indépendance. Ce sont ces cas qui ont permis d'étudier comment s'établit la suppuration dans la rétine.

Le pus provenant, en pareils cas, de la diapédèse, on conçoit que la suppuration

de la rétine doit s'effectuer dans les couches occupées par les vaisseaux, et surtout là où ceux-ci sont volumineux et ramassés, c'est-à-dire vers la papille, tandis qu'une zone voisine de Voraserrata, se montre d'abord indemne de l'infiltration suppura tive. La suppuration s'étendant progressivement, une couche purulente plus ou moins épaisse adhère, du côté du corps vitré, à la rétine, le long des troncs vascu-

FiG. 340. — Deux kystes situés dans la rétine décollée, avec cataracte traumatique.

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Fig. 339. — Œdème considérable développé dans la partie antérieure de la rétine, et dont les cavités sont situées dans la couche granuleuse interne.

Iip, point de réunion des couches granuleuses externes avec la choroïde, résidus de pigment; at-, couche granuleuse externe et couche intergranuleuse; ing, toutes les couches rétiniennes internes à partir de la couche inlergranuleuse ; b, cavités dans la couche granuleuse interne; s, faisceaux de lihres radiées roulement hypertrophiés. (GrosB. Sy>t. 4, Ocul.3, d'après Iwnnoff.)

DEGENERESCENCE PIGMENTAIRE. 599

laires. Lorsque la suppuration gagne la choroïde, on peut rencontrer des décollements purulents de la rétine.

Dans les traumatismes, l'infection de la plaie déterminant, seule, la suppuration, rien d'étonnant que la rétine puisse se trouver de prime abord le siège des masses infectieuses et que les micrococci charriés par les vaisseaux rétiniens (Heiberg, Roth), provoquent des embolies infectieuses. On comprend aussi que, dans les fièvres puerpérales et putrides, les germes transportés par la circulation doivent s'entasser dans les branches terminales de la rétine et y établir des foyers infectieux, d'où rayonne l'irritation qui entraîne une diapédèse généralisée des vaisseaux de l'œil, c'est-à-dire la panophthalmie (Heiberg). De même la rétine peut encore suppurer par infiltration de pus et infection provenant de la choroïde ; mais, dans ce cas, la rétine oppose parfois une certaine résistance à la suppuration, bien que l'accumulation du pus, le long du stratum épithélial, suffise déjà pour déterminer une destruction des éléments tactiles de la rétine.

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