BLESSURES, RUPTURES. COMMOTION, ÉBLOUISSEMENT DE LA RÉTINE
La rétine peut, à la suite de plaies directes des membranes enveloppantes de l'œil, ou par suite d'une lésion directe, par un corps qui pénètre dans la chambre postérieure (fragment de verre ou de métal), être incisée ou déchirée. La réaction, s'il ne s'agit pas de l'entraînement simultané de matières infectieuses au moment du traumatisme, est nulle. Un œdème et un état variqueux ayant successivement envahi les fibres nerveuses, il se forme, après pullulation du tissu de support de la rétine, une cicatrice pigmentée, rétractée et adhérente à la choroïde. Dans les cas d'implantation d'un corps étranger, on est parfois surpris, à l'examen ophthalmoscopique, de l'éclat particulier que l'enkystement lui donne et qu'on ne saurait mieux comparer qu'à la présence d'une parcelle d'argent fraîchement fondu.
Rien plus fréquentes que les lésions directes de la rétine, visibles à l'ophthalmoscope, sont les ruptures de la rétine, produites à la suite d'un choc et par contrecoup, et dont il faut séparer les déchirures que l'on observe dans le décollement. Les ruptures de la rétine se comportent généralement à l'inverse des déchirures de cette membrane. Tandis que la déchirure, qui précède la formation des décollements rétiniens, intéresse toutes les couches, sauf le tapetum, la rupture (outre la choroïde) n'atteint ordinairement que le tapetum et les couches les plus externes, en respectant l'appareil conducteur et vasculaire de la membrane nerveuse, comme le démontre le passage des vaisseaux rétiniens intacts au-devant des altérations. Dans ce cas, où la lésion siège presque constamment vers le pôle postérieur de l'œil, on voit, après un relèvement de l'acuité visuelle, concordant avec la résorption de l'épanchement sanguin, la vision retomber de nouveau et, cette fois, définitivement, sous l'influence de la rétraction cicatricielle qui dévie et étrangle les cellules visuelles de la rétine.
Toutefois, dans les déchirures par contre-coup, particulièrement à la suite du passage d'une balle à travers l'orbite ou les sinus avoisinants, il peut se présenter que la rétine soit séparée dans toute son épaisseur , le tapetum y compris, et que des traînées cicatricielles proéminentes fassent légèrement relief près des vaisseaux déchirés, ceux-ci ayant déversé une partie de leur contenu dans le corps vitré. Parfois, on voit ces cicatrices rétiniennes recouvrir, en traînées rectilignes et grisâtres, les vaisseaux de la rétine.
La commotion que subit la rétine soit par un ébranlement direct du globe oculaire, soit indirectement, avec la tête et le corps, se révèle-t-elle à l'examen ophtbalmoscopique? Suivant quelques auteurs (Berlin, Leber), il se produirait un halo blanchâtre ou grisâtre très fugace, qui envahirait de préférence les régions où se rencontrent aussi les ruptures, c'est-à-dire le pôle postérieur et le pourtour de la papille. Le trouble visuel, consécutif à la commotion, peut être tout à fait transitoire et même rétrograder déjà, alors que l'œdème rétinien s'accentue encore. D'un autre côté, il n'est pas moins vrai que, à la suite d'une commotion directe de l'œil, ou à travers la paupière supérieure, sans que le nerf optique soit lui-même intéressé, il peut se développer une atrophie de la rétine et de son nerf conducteur, qui n'est précédée d'aucune altération appréciable à l'ophthalmoscope.
Véblouissement de la rétine, autrement dit une exténuation des éléments tactiles,