IV. — NÉVRITE DIABÉTIQUE
Le diabète peut donner lieu à des affections diverses du nerf optique et de son expansion intra-oculaire; mais il est avéré que, par suite de la présence du sucre dans le sang, on rencontre, dans un certain nombre de cas, une véritable névrite présentant absolument les mêmes symptômes cliniques que les névrites consécutives à d'autres intoxications. S'agit-il d'un cas peu prononcé de névrite diabétique, l'amblyopie centrale ne se révélera que par la présence d'un scotome relatif, qu'on a même assez de peine à bien démontrer. Si l'amblyopie centrale date depuis un certain temps, alors un scotome absolu peut aisément être reconnu; celui-ci se transformant en un scotome relatif, lorsqu'une amélioration ou même une guérison de l'amblyopie centrale survient. Une certaine ténacité du mal s'explique facilement par la nature de l'intoxication, à laquelle on ne peut aisément soustraire les malades ; aussi voit-on, à la longue, apparaître les signes d'une atrophie partielle du nerf.
Lorsque, chez un diabétique, il survient, avec un degré élevé d'amblyopie, un rétrécissement marqué du champ visuel ou même des phénomènes d'hémianopsie (Leber), il ne peut plus être question de névrite axile intra-canaliculaire, et il faut chercher ailleurs la cause de ces états graves. La fréquence des hémorrhagies intraoculaires chez les diabétiques est connue, cette même tendance se présente pour les
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gaines du nerf et même les centres nerveux ; c'est elle qui explique ces abolitions partielles ou totales de la vision, avec atrophie prononcée du nerf, que l'on rencontre parfois.
Un point qui doit intéresser particulièrement le praticien, c'est qu'une amblyopie légère, portant tout d'abord sur le sens des couleurs et débutant avec un scotome relatif, peut être un des symptômes initiaux du diabète, capable de mettre sur la voie du diagnostic de cette affection. En outre, on notera que les cas de diabète faible, amendable, comme la forme arthritique, sont plutôt ceux qui engendrent la véritable amblyopie centrale, suite de névrite ; tandis que des altérations nutritives, portant sur la totalité du nerf et surtout sur son expansion centrale, sont l'apanage des diabètes graves, à complications cérébrales.