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DÉGÉNÉRESCENCE GRISE, ATROPHIE TABÉTIQUE DU NERF OPTIQUE

La coïncidence d'une amaurose avec l'état morbide qu'on désignait, avant les travaux de Duchenne (de Boulogne), sous le nom générique de tabès (Romberg), était connue depuis longtemps; mais, jusqu'aux travaux cliniques de Charcot, on était tenté de croire que le nerf optique se trouvait envahi consécutivement à l'affection des centres nerveux. Actuellement, il a été reconnu que le tabès est surtout une affection du système nerveux périphérique, que le nom de névrite médullaire n'était guère justifié et que la désignation, sous le nom de dégénérescence grise, d'une altération qui se révèle par la persistance de la moelle dégénérée du nerf, par opposition à une dégénérescence avec disparition plus ou moins complète des fibres nerveuses, l'atrophie blanche des nerfs optiques, se trouvait cliniquement établie. Un second point capital acquis dans l'étude de la dégénérescence grise, c'est l'absolue indépendance de l'altération trophique des nerfs optiques avec ce qui se passe dans les centres nerveux, de préférence, dans les cordons postérieurs de la moelle. Actuellement, il est avéré que la dégénérescence grise peut exister isolément dans les nerfs optiques, ou même dans un seul, et rester, pendant de longues années, l'unique symptôme dégénératif des nerfs périphériques sensitifs.

Le signe pathognomonique, que présente, au point de vue de l'anatomie pathologique, la dégénérescence grise, est une dissociation de la fibre nerveuse et sa transformation en une masse grumeleuse. Simultanément avec ce ramollissement de la fibre, les septa de la neuroglie enserrent davantage le tissu nerveux dégénéré et moins résistant; la neuroglie se tasse, et les noyaux, qui remplissent les mailles, semblent ainsi avoir augmenté de nombre, de même, les vaisseaux, en se dilatant dans ce tissu moins consistant, présentent un volume plus notable et se trouvent gorgés de sang, sur les coupes des préparations microscopiques. Les divers procédés de coloration démontrent que, dans le nerf optique, comme dans les cordons postérieurs de la moelle, la dégénérescence se développe par plaques isolées. Même dans les régions les plus dégénérées, le nerf optique conserve sa structure particulière, sauf que les mailles sont sensiblement réduites et que les septa ont subi, par un effet purement passif, un tassement, celui-ci amenant; à peine, la disparition partielle de quelques ramifications très fines du treillis des septa. La persistance du tissu dégénéré est un trait caractéristique de la dégénérescence grise; ce tissu s'affaisse, revient sur lui-même, et ce retrait est même, ainsi que le démontre la figure 438, empruntée à M. Uhlhoff, assez notable; mais la réduction de volume du

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