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STRABISME INTERMITTENT OU PÉRIODIQUE

STRARIS.ME CONCOMITANT; — STRABISME MONOLATÉRAL. — STRABISME ALTERNANT.

Parmi les variétés de strabisme, la forme concomitante est celle qu'on observe le plus souvent. Le strabisme concomitant est l'opposé du strabisme paralytique. Dans cette espèce de strabisme, la motilité n'a pas souffert, et les rapports d'action qui existent entre les deux muscles n'ont été, en quelque sorte, troublés que d'une manière physiologique. Le muscle, qui détermine la déviation, a subi une rétraction et s'est raccourci d'une quantité absolument égale à celle, dont s'est accrue la longueur de l'antagoniste. Il en résulte que l'arc excursif, que parcourt le centre de la cornée, s'est simplement déplacé vers le muscle raccourci, et que ce qu'il a gagné du côté de ce muscle, il l'a perdu du côté de l'antagoniste. Contrairement à ce que l'on observe dans le strabisme paralytique, il n'existe donc pas, dans le strabisme concomitant, de rédaction dans l'étendue du champ de regard.

Le sujet fixant un objet situé au loin, la déviation que présente l'œil strabique est appelée primitive, par opposition à la déviation secondaire, qui s'accuse sur l'œil sain, par suite de la conservation des mouvements associés, lorsqu'on oblige le patient à fixer l'objet avec l'œil primitivement dévié. Cette déviation secondaire est, dans le strabisme concomitant, absolument identique à la déviation primitive. On peut déjà se rendre compte de cette équivalence, à l'aide d'un verre dépoli que l'on interpose au-devant de l'œil sain, pendant que le strabique dirige son regard sur un objet situé à quelques mètres; mais l'emploi de notre strabomètre (fig. 490), qui ne laisse entrer en jeu que l'œil devant lequel est placé le petit miroir, permettra surtout de vérifier cette loi, à condition, bien entendu, que l'amblyopie de l'œil strabique ne soit pas trop élevée et que la fixation centrale ait été conservée.

Le strabisme est dit monolatéral, lorsqu'un œil est exclu de la fixation d'une manière permanente. De cette exclusion, résulte constamment un affaiblissement visuel sur l'œil qui ne fixe pas, et l'amblyopie est d'autant plus accusée que le strabisme est apparu plus tôt. Dans la forme de strabisme appelée alternant, le sujet fixe indifféremment avec un œil ou avec l'autre, et, dans ce cas, la vision se montre sensiblement égale sur les deux yeux.

STRABISME INTERMITTENT OU PÉRIODIQUE. — STRABISME PERMANENT OU CONSTANT

Nous venons de voir ce qu'il faut entendre par strabisme, et comment le strabisme peut être concomitant, monolatéral ou alternant. Il nous reste à exposer les conditions dans lesquelles ce symptôme, c'est-à-dire l'interruption de la vision binoculaire, peut se produire, soit d'une manière intermittente, soit d'une manière permanente.

Dans un premier ordre de faits (a), le strabisme peut, être interrompu par un effort, ou une série d'efforts, réussissant à accomplir l'acte delà vision binoculaire, dont lesujet était privé ; au contraire, dans une seconde série de cas (b), l'apparition

du strabisme résulte de l'impuissance du sujet à maintenir la vision binoculaire. Hàtons-nous d'ajouter que le strabisme intermittent tend, en général, à devenir permanent.

a. Le strabisme périodique, ou intermittent, peut se présenter à la suite d'anciennes paralysies musculaires, lorsque la mobilité s'est complètement rétablie dans le muscle atteint, tandis que l'antagoniste s'est raccourci à un degré variable. Grâce à un effort, la vision binoculaire pourra être maintenue, mais le strabisme se produira dès que l'effort se ralentira et que le regard deviendra vague.

Certains myopes, présentant un angle 7 négatif, se trouvent dans la nécessité de converger pour regarder des objets éloignés. Cette convergence permanente, exécutée par de» muscles droits internes relativement faibles (comme le montre le rétrécissement du champ de regard, dans les hauts degrés de myopie), finit par devenir impossible à ces personnes : aussi arrive-t-il, à la longue, qu'un de leurs yeux diverge, quand elles regardent de loin ou vaguement. Si, cependant, elles viennent à fixer un objet, une tendance instinctive à la vision binoculaire et, souvent aussi, la nécessité de prévenir une diplopie capable de mettre obstacle à l'observation, engagent ces personnes à un effort tel qu'elles entre-croisent leurs lignes visuelles sur l'objet fixé, ce qui fait cesser passagèrement leur strabisme.

b. Supposons un sujet hypermétrope : il ne peut accommoder fortement, sans que ses yeux tendent à converger, car plus on converge, et mieux on réussit à tendre son accommodation. Mais une convergence aussi prononcée que celle, dont l'œil hypermétrope a besoin pour s'adapter (surtout à de courtes distances), peut trouver un obstacle dans la position des lignes visuelles (angle 7 positif très accusé). C'est dans de telles circonstances que certains sujets sont conduits à augmenter encore la convergence de l'un de leurs yeux, afin de recevoir une image nette sur la tache jaune de l'autre; ils dissocient alors leurs lignes visuelles, interrompent, pour fixer les objets, l'acte de la vision binoculaire et deviennent, au moins au début, périodiquement strabiques.

Dans un autre ordre de faits, on cesse de pouvoir accomplir ce même acte, faute d'une force musculaire suffisante pour l'entretenir plus longtemps. C'est ce qui arrive aux personnes atteintes de myopie. La convergence nécessaire pour la vision rapprochée ne peut être maintenue, et il se produit un strabisme divergent toutes les fois que le sujet tend à voir distinctement.

Si l'on remarque que la diplopie est d'autant plus incommode que l'image reçue par la rétine de l'œil dévié est plus intense, c'est-à-dire est projetée sur une partie plus voisine de la tache jaune, on conçoit que le sujet doit s'efforcer, instinctivement, de dévier, le plus qu'il peut, l'œil exclu de l'acte de la vision binoculaire, de rendre ainsi sa diplopie de moins en moins pénible, enfin, de s'en défaire complètement, en négligeant tout à fait une image rétinienne. C'est dans cette déviation, en quelque sorte active, et dans le raccourcissement musculaire qui en résulte, qu'il faut chercher les causes de la transformation insensible du strabisme intermittent en strabisme permanent.

Il ne faudrait pas croire qu'un strabisme périodique, qu'il soit hypermétropique ou myopique, doit forcément devenir permanent ; principalement chez des hypermétropes, l'apparition d'un strabisme périodique peut concorder avec un affaiblissement général et sa disparition, avec une amélioration dans l'état de santé du sujet.

STRABISME AVEC Oï) SANS DIPLOPIE. 763

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