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STRABISME LATENT

tension qu'ils localisent dans les yeux mêmes; puis les lettres, tout en restant distinctes individuellement (contrairement à ce que l'on observe dans l'asthénopie accommodative), se dissocient, les lignes s'écartent et finissent par paraître doubles. En même temps, les personnes intelligentes sentent très bien qu'un des yeux se dévie, et qu'il est besoin d'un efiort nouveau pour faire cesser la diplopie, en ramenant cet œil en fixation.

Le moyen le plus simple pour reconnaître Y insuffisance d'action musculaire, ou strabisme latent, consiste à placer, devant l'un des yeux, une plaque de verre dépoli, pendant que le sujet fixe attentivement un point rapproché. Dans les cas où la lixation nécessitait une tension excessive des muscles droits internes (yeux myopes), l'œil exclu se dévie, d'une certaine quantité, en dehors, pour reprendre ordinairement sa position dès que, en écartant le verre dépoli, on permet à la vision binoculaire de se rétablir. Si, au contraire, la tension des muscles droits internes, au moment où ils accomplissent un effort considérable d'adaptation (yeux hypermétropes), est disproportionnée avec la résistance que peuvent, sans se fatiguer, leur opposer leurs antagonistes, c'est-à-dire lorsqu'il y a insuffisance des muscles droits externes, l'œil placé sous le verre dépoli se dévie à un certain degré, en dedans, pour reprendre sa position, par un mouvement d'abduction, lorsqu'on écarte le verre.

Le mode d'exploration, indiqué par de Graefe, fournira des résultats plus précis. On place devant le malade, à la distance à laquelle il lit habituellement, un gros point, noir dessiné sur le trajet d'une ligne verticale déliée, puis on couvre un des yeux d'un prisme d'environ 12 ou 15 degrés, dont l'arête est tournée en haut. Dans les cas normaux, la suppression de la vision binoculaire, ainsi obtenue, ne change en rien la tension des muscles, et l'action déviatrice du prisme fait apparaître un second point, situé au-dessus du premier et sur la même ligne. Mais, lorsque le jeu des muscles était équilibré, pendant l'acte de la vision binoculaire, par une inégale répartition d'influx nerveux, on constate, après l'apposition du prisme, que le second point subit un déplacement latéral et n'est plus sur la ligne. Les images doubles seront croisées, dans le cas d'insuffisance des muscles droits internes (myopie), et homonymes, si l'insuffisance porte sur les droits externes (hypermétropie). Avec un second prisme, dont on tourne l'arête en dehors (lorsque les images sont croisées), ou en dedans (lorsqu'il s'agit d'images homonymes), on peut apprécier l'excès de tension rendu latent, par la vision binoculaire, et devenu manifeste par la suppression de cette dernière.

Pour celte seconde partie de l'examen, on pourra faire usage de l'instrument connu sous le nom de double prisme de Crétés, qui, par une rotation inverse de deux prismes, donne toute une série de verres prismatiques. Mais le simple prisme du professeur Berlin, en permettant, à la fois, de reconnaître, d'abord, et de mesurer, ensuite, l'insuffisance musculaire (dans le cas, le plus habituel, d'insuffisance des muscles droits internes) convient ici tout particulièrement. Par suite de l'inclinaison que l'on donne à volonté à ce prisme, on obtient une double action prismatique, dans le sens vertical et dans le sens horizontal, cette dernière étant mesurée par une échelle dont est muni l'instrument (1).

(1) On peut aussi exprimer le pouvoir de convergence des yeux en angles métriques, Y angle métrique (Nagel) représentant la convergence réclamée pour une adaptation binoculaire à 1 mètre de distance, de telle sorte que pour voir, binoculairement, un objet à 50 ou à 25 centimètres, il faut une convergence de deux ou quatre angles métriques; mais nous ferons remarquer qu'une mensuration rigoureuse du pouvoir de convergence n'a, en

Le traitement du strabisme latent a pour but de remédier aux symptômes d'asthénopie musculaire. Dans les cas de myopie, ce traitement est d'autant plus urgent, qu'il y aurait un inconvénient sérieux à laisser persister une tension anormale des muscles extrinsèques de l'œil, c'est-à-dire une condition favorable aux progrès de la myopie.

Pour ce qui regarde l'insuffisance des droits externes, chez les hypermétropes, la correction de l'hypermétropie atteindra d'ordinaire le but.

Dans les cas de myopie, où l'insuffisance des droits internes est si habituelle, nous disposons, pour combattre l'asthénopie musculaire, de quatre moyens différents, qui sont : 1° l'usage de verres concaves qui, en reculant le punctum remotiim, suppriment la nécessité d'une forte convergence; 2° l'action prismatique des verres concaves à centres écartés; 3° l'emploi de prismes à arête externe, employés seuls ou combinés avec des verres concaves (verres concaves prismatiques); 4° la ténotomie ou l'avancement capsulaire.

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