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EXOPHTHÀLMIE (DISLOCATION DU GLOBE OCULAIRE

L'exophthalmie, qui, dans les cas extrêmes, aboutit à une véritable luxation du globe oculaire, derrière lequel se resserrent les paupières, peut résulter d'une augmentation uniforme du volume du tissu orbitaire (d'une plus grande ampleur de ses rameaux sanguins ou lymphatiques), de même qu'elle est parfois la conséquence d'un accroissement de volume limité à une partie, seulement, du contenu orbitaire, consécutivement à un épanchement, à la production d'une néoplasie, ainsi qu'à l'introduction d'un corps étranger. Le déplacement du globe oculaire peut encore être provoqué pa*r une réduction du volume de la cavité orbilaire par rapprochement de ses parois, sans que celles-ci prennent directement part à cette réduction d'espace. Il en sera ainsi, lorsque les cavités voisines de l'orbite se

E\0PHTHALM1E.

distendent, par suite d'une accumulation inusitée des produits qu'elles renferment normalement, ou que ces cavités deviennent, elles, le point d'évolution d'une tumeur, ou encore qu'elles sont le siège d'un épanchement morbide.

Lorsque le contenu rétro-bulbaire augmente uniformément de volume, par exemple, à la suite d'une plus grande ampleur de volume des vaisseaux, le globe de l'œil est-il chassé directement en dehors, dans le sens de l'axe orbitaire? Pour qu'il en soit ainsi, il faudrait qu'il existât tout d'abord une répartition uniforme du tissu pcri-bulbaire ; or un coup d'oeil jeté sur la coupe de M. Otto Lange, passant à travers l'orbite et la région postérieure de l'œil (fig. 494.), montre que le globe

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Sel.

Fig. 494.

V.o., vcua oplith.; A.S., art. supraorbit; N.S., n. supraorbit.; U.l.p., musc, levât, patpeb. sup. ; M.r.s., musc. rect. sup.; G.I., glande lacrym.; Se. b., scier, bulb ; M.r.e., musc. rect. cxt. ; VL.O.i., musc, obliq. inf. ; N.O., n. oculo-mot. (ad. M. obliq. iuf.) ; M.r.i., musc. rect. inf.; k,0., art. ôphthalm. (naso-frontal.) ; N.re.c, nerf naso-ciliaris ; T.m.o.s., tendon du Mus. obi. sup. Cette figure est représentée à moitié grandeur de la figure IX de Lange.

oculaire ne se trouve pas exactement situé dans la direction de l'axe orbitaire, qu'il s'écarte surtout de la paroi orbitaire interne, et aussi quelque peu de la paroi inférieure, comparativement aux parois opposées. Une augmentation uniforme du tissu orbitaire aura donc pour effet, outre le déplacement d'avant en arrière imprimé au globe oculaire, de transporter légèrement celui-ci en dehors et en

haut. Toutefois, comme on l'observe dans le goitre exophthalmique, le parallélisme des lignes visuelles sera, dans l'intérêt de la vision binoculaire, maintenu, autant que possible, dans le regard au loin, mais l'écart anormal qu'ont subi les centres de rotation nous rendra compte, dans ce cas, de l'insuffisance des muscles droits internes, qui se manifeste pour la vision rapprochée. Si l'on parle ici d'un transport direct en dehors du globe oculaire, il ne peut être question que d'un à peu près, mais qui est pourtant assez bien observé, pour ce qui regarde l'exophthalmie vasculaire et les tumeurs qui se développent dans l'entonnoir des muscles droits inlernes et dans la gaine du nerf optique. Les luxations produites par l'introduction du pouce dans la cavité orbitaire, pendant des luttes sauvages, s'opéreraient aussi directement en dehors (Mackenzie).

ÉNOPHTHALMIE

Nous rencontrons particulièrement l'énophthalmie sur des malades qui succombent à des afïections émaciantes, chez les phlhisiques, les cancéreux; c'est le retrait du globe oculaire qui constitue, avec l'enfoncement de la paupière supérieure, un des traits les plus caractéristiques du faciès hippocratica. Une production brusque et très prononcée d'énophlhalmie s'observe surtout chez les cholériques. Nos connaissances sur la possibilité d'un enfoncement nerveux du globe de l'œil sont encore bien incomplètes, pourtant il paraît établi que, sous l'influence d'une excitation du grand sympathique, le rétracteur du bulbe, bien qu'il n'existe chez l'homme qu'à l'état ruilimentaire, serait capable de faire rentrer quelque peu le globe oculaire dans sa cavité; contrairement à ce que l'on observe pour la paralysie du sympathique, qui entraîneraitune énophthalmie vaso-motrice. Enfin, on a occasion de voir se développer une véritable énophthalmie cicatricielle, lorsqu'on a dû pratiquer des opérations derrière le globe de l'œil, enlever des tumeurs, ou évacuer un phlegmon rétro-bulbaire.

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