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BLESSURES DES PARTIES MOLLES DE L'ORBITE

et, aussi, suivant le genre d'altération qu'a subi le nerf optique. Dans des cas de cécité absolue, du côté blessé, on a constaté l'absence de tout signe ophthalmoscopique, précédant une atrophie complète, qui survient ultérieurement, comme après une déchirure ou une coupure du nerf. On a aussi noté les symptômes d'une stase papillaire. Dans d'autres cas, des épancbements de sang dans la rétine et le corps vitré ont été rencontrés.

La cécité instantanée, irrémédiable, sans changement ophthalmoscopique au début, s'explique le mieux, abstraction faite d'une lésion directe du nerf ou de son épanouissement central, par une commotion du nerf, à son point d'attache dans le canal optique, ou par une déchirure intervaginale, ou du moins une interception définitive de conductibilité. Les hémorrhagies dans les gaines ne peuvent que plus difficilement expliquer la cécité instantanée, à moins qu'il n'y ait eu une compression notable dans le canal osseux inextensible, s'exerçant aussi sur l'artère ophthalmique ; par contre, ces hémorrhagies nous rendent bien compte des amblyopies temporaires et des rétrécissements concentriques du champ visuel qu'on a parfois constatés, ainsi que des phénomènes d'ischémie de la papille qu'ont signalés quelques auteurs.

Enfin, il se peut que le sang épanché en abondance, et semblant plutôt, alors, tirer son origine d'hémorrhagies basilaires, vienne s'accumuler près de l'anneau sclérolical, pour distendre l'espace intervaginal à un très haut degré, entraver sa fdtration postérieure, augmenter la pression intra-oculaire et être la cause de vastes hémorrhagies dans la rétine et le corps vitré. La dilatation en ampoule de l'espace intervaginal finit par simuler les signes de l'embolie rétinienne, ou du moins ceux d'une stase partielle de la papille; et, dans ces cas, la cécité étant également complète, l'atrophie consécutive se compliquera encore d'une pigmentation de la papille.

Le traitement des fractures directes de l'orbite se bornera à des pansements aseptiques des plus minutieux, à l'enlèvement d'esquilles absolument détachées, ou mieux à leur reposition, si cela est possible. L'antisepsie la plus rigoureuse est surtout commandée lorsque des parties du cerveau ont été dénudées. Dans ces cas, l'attention doit encore être particulièrement dirigée sur ce point, que l'écoulement de toute sécrétion puisse s'opérer librement, et, ici, le fait est indéniable que les fractures qui intéressent, à la fois, voûte et rebord orbitaire sont infiniment moins dangereuses que les fractures directes de la paroi supérieure de l'orbite, ne donnant pas cette facilité, à la plaie, de se déterger et, au sang, de s'écouler librement. Lorsque des phénomènes cérébraux se présentent quelque temps après le traumatisme, on sera en droit de transformer une plaie cachée, à trajet sinueux, en une plaie largement ouverte, disposée pour des irrigations antiseptiques fréquentes, et nous pensons, comme Berlin l'admet aussi, qu'on pourra, au besoin, détacher la paupière supérieure du rebord orbitaire et, si la vie se trouve en danger, sacrifier même l'œil.

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