I. — Tumeurs siégeant dans le tissu propre de l'orbite
Nous exposerons d'abord les tumeurs kystiques et nous passerons de la description des tumeurs de'nature bénigne, ayant envahi l'orbite, à celles de même nature qui y ont pris directement naissance, pour arriver à l'exposé des tumeurs malignes, aux véritables néoplasies.
A. Kystes de l'orbite.
1* Encéphalocèle.
L'encéphalocèle, ou hernie durale, peut se présenter comme simple hydroencéphalocèle, ou même comme véritable céphalocèle ; c'est-à-dire la hernie durale renferme simplement du liquide cérébro-spinal, montre alors des parois d'une épaisseur variable, acquérant parfois les qualités de véritables fibromes; ou la hernie se présente avec des parois, ne dépassant guère, comme épaisseur, celle de la dure-mère même et renferme une partie étranglée de la masse cérébrale, pouvant parfois être en communication avec les ventricules, comme cela s'observe pour d'autres encéphalocèles du crâne. La règle paraît être pour les encéphalocèles orbitaires qu'elles ne présentent que des hydro-encéphalocèles. L'abolition de la communication avec l'espace subdural amène la formation de certains kystes congénitaux de l'orbite.
La hernie durale se produit, ordinairement, par suite d'une occlusion défectueuse de la suture située entre l'os planum et le frontal; mais elle peut aussi résulter d'une malformation de l'os lacrymal, du prolongement nasal du maxillaire, ainsi que d'une absence complète ou d'un état rudimentaire de l'os planum. Cette origine détermine ainsi le siège le plus commun de l'encéphalocèle.
La peau recouvrant la hernie, qui, ovalaire et aplatie, ressemble beaucoup à une dilatation hydropique du sac lacrymal, et dont la grosseur varie entre celle d'un pois et celle d'un œuf de poule, est ordinairement absolument normale, lisse et mobile